Contes de Benjamin Péret

Benjamin Péret
Contes, suivis de
Histoire naturelle

Lire aujourd’hui Benjamin Péret, c’est découvrir ou redécouvrir, avec un irrésistible sourire, la formule du jeu de l’imagination et de la totale émancipation du langage. Dans les contes ici réunis, publiés entre 1922 et 1958, Benjamin Péret, écrivain surréaliste par excellence, indéfectiblement fidèle à l’écriture automatique, libère les mots, les expose à de folles combinaisons produisant d’imprévisibles histoires, aussi surprenantes qu’étourdissantes…

C’est aussi faire l’expérience du vertige et de la joie du poète, rieur et provocateur, « tirant la langue » à la littérature. « Entrer en Pérétie par la porte du conte, écrit Gaëlle Quemener, auteure de la présentation de ce recueil, c’est accepter de laisser derrière soi ses exigences rationnelles et ses habitudes littéraires. C’est encore renouer avec l’esprit d’enfance qui sommeille en chacun pour se rendre disponible, tel Alice en son terrier, au surgissement de la merveille… » Une fois entré dans cet univers, il ne sert à rien, pour retrouver l’équilibre, ou pour simplement protester, de « lever les bras au ciel » puisque « le ciel s’est noyé sans rime ni raison ».

Benjamin Péret, né à Rezé, près de Nantes, en 1899, fut avec André Breton l’un des principaux animateurs du mouvement surréaliste. Il est l’auteur du Grand Jeu, du Déshonneur des poètes ou encore de Feu central.

ISBN : 978-2-37125-040-6
Mars 2020, 19.5 x 13 cm, 200 pages, 15 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)

Histoires nocives, de Joyce Mansour

Joyce Mansour, Histoires nocives

Extrait : « Il plut pendant des mois. Les rivières s’en allaient gorgées de villages et de terre vers la plaine, laissant des mers d’eau douce et des lamentations ponctuées derrière elles par des poteaux télégraphiques. Au début, le maire du village disait : “C’est bon pour les canards”, en se frottant les mains avec jovialité ; ensuite il disait : “Ça s’arrêtera à Pâques.” Après, il ne disait plus rien, tout le monde avait pris l’habitude. Mais Jules César savait que c’était la fin du monde. »

Présentation : Maquillées de terreur et de poésie macabre, les Histoires nocives de Joyce Mansour frappent d’emblée par la radicalité de leur écriture. Dans Jules César, version hallucinée du déluge, les membres d’une famille habitant un chalet de montagne peu à peu gagné par les eaux — deux jumeaux, leurs parents et leur nourrice noire —se laissent aller à leurs instincts, ivres d’ennui et d’amertume, le temps d’une sinistre eucharistie.
Îles flottantes se déroule dans un hôpital genevois, où les malades et le personnel médical se confondent dans l’érotisme obscène d’un jeu de désir morbide. L’humour ravageur de Mansour y transfigure le « désespoir ordinaire » de l’hôpital, rendu plus aigü par la présence de la mort, qui fait revivre ceux qu sont déjà passés de l’autre côté du miroir. Deux récits « acides de vérité ».

Notice biographique par Pierrick Hamelin.

L’auteur : Née à Bowben, en Angleterre, en 1928, Joyce Mansour a vécu la plus grande partie de sa vie à Paris, où elle a longtemps côtoyé les écrivains surréalistes. Elle est l’auteur de nombreux recueils poétiques parmi lesquels Cris, Déchirures ou Les Gisants satisfaits.

Septembre 2005, 18,5 x 12 cm, 136 pages, 14 €

La Brebis galante, de Benjamin Péret

Benjamin Péret, La Brebis galante

Extrait : « Tes plus chers désirs tomberont sous tes sens : la femme charmante, avec laquelle tu souhaites passer toutes tes futures nuits, sera devant toi comme une grande pêche. Tu la caresseras longtemps jusqu’à ce qu’apparaissent ses seins au galbe parfait : au crépuscule ses hanches commenceront à s’agiter, tu passeras lentement tes doigts sur son ventre rond, sans oublier de plonger le plus petit dans le nombril et les cuisses rondes et fermes attendront les tiennes pour les emprisonner avant que le jour se lève. Alors je ne te donne plus de conseils, tu sauras toi-même faire apparaître les jambes et les pieds. »

La Brebis galante est de ces textes, longtemps restés dans l’ombre, dont la lecture inépuisable mérite qu’on les redécouvre aujourd’hui. Sensuel, débridé, contestataire, ce récit unique en son genre restitue à merveille la magie et la folie furieuse qui caractérisent l’œuvre de Benjamin Péret tout entière. Le texte est ici précédé d’une chronologie signée Pierrick Hamelin qui retrace en parallèle toute l’histoire du mouvement surréaliste.

L’auteur : Benjamin Péret est né à Rezé en 1899. Il a apporté une contribution essentielle à la cause surréaliste et révolutionnaire. Il est l’auteur, entre autres, du Grand Jeu et du Déshonneur des poètes.

Janvier 2005, 18 x 12 cm, 84 pages, 12 €