La Révolte du Papier Timbré

Arthur de la Borderie
La Révolte du Papier timbré advenue en Bretagne en 1675

« Le faix des charges publiques et des vexations fiscales, toujours croissant depuis dix ans, avait mis dans la province une pauvreté que les nouveaux impôts allaient sous peu réduire en misère ; les peuples ne pouvaient envisager cet avenir sans effroi ; ne sachant où trouver de secours ni de garantie quelconque sous ce régime implacable de centralisation ou plutôt d’usurpation administrative, ils passaient nécessairement de l’effroi au désespoir, et du désespoir à la révolte. Telle était la première, la véritable cause des troubles de la Bretagne […]. Ce n’était plus seulement les pays de Châteaulin, de Carhaix, et les alentours de Landerneau ; c’était la Cornouaille entière et les deux tiers du Léon ; dans l’évêché de Tréguier, les pays de Morlaix, de Lannion, de Guingamp ; dans le diocèse de Vannes, ceux d’Auray, d’Hennebont, de Pontivy, presque tout le duché de Rohan : toute la Basse-Bretagne était en feu. »

ISBN : 978-2-37125-029-1
Août 2019, 19,5 x 13 cm, 180 pages, 13 € (+ 2de participation aux frais de port)

La fondation des premières républiques hispaniques : Colombie et Venezuela (1780-1820)

Couverture Libérer

Clément Thibaud
Libérer le nouveau monde
La fondation des premières républiques hispaniques
Colombie et Venezuela (1780-1820)

Pourquoi les premières républiques du monde hispanique sont-elles nées, au Nord de l’Amérique du Sud, entre Caracas, Carthagène-des-Indes et Bogotá ? Comment, à l’aube du XIXe siècle, expliquer le surgissement précoce du régime de l’égalité civile au sein de sociétés organisées par les hiérarchies du statut et de la race ? Que doivent ces nouvelles républiques aux révoltes et aux révolutions de la Caraïbe française ou néerlandaise ? Comment « régénérer » un « peuple esclave » en une nation émancipée, et transformer Indiens, métis et libres de couleur en citoyens ?
Les révolutions de Terre-Ferme forment un pan oublié de l’histoire du républicanisme moderne. Elles voulurent faire d’une société coloniale un peuple d’égaux devant la loi, détruire le principe de la « pureté de sang », abolir la noblesse, sans guère toucher à l’esclavage. Ces guerres d’indépendance furent le fer de lance politique et militaire de l’émancipation de l’Amérique du Sud. Leurs cohortes combattirent jusqu’à Potosí et Bolívar convoqua un congrès à Panamá dans le but de fédérer les jeunes nations américaines. L’idée républicaine s’est aussi construite loin de Philadelphie et de Paris, avec le soutien des « gens de couleur ». Ces premiers États sans roi de l’Amérique latine s’inscrivent, de plein droit, dans la séquence des révolutions atlantiques, contribuant ainsi à redessiner la carte politique du monde contemporain.

Clément Thibaud est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Nantes. Il a publié plusieurs livres sur les indépendances hispano-américaines et coordonné des ouvrages collectifs dans le domaine de l’histoire atlantique.

ISBN : 978-2-37125-021-5
Juin 2017, 23 x 15 cm, 545 pages, 29,90 € (+ 4 € de participation aux frais de port)

La révolution à Saint-Domingue : récits de rescapés (1789-1804)

VisuelSDLa Révolution à Saint-Domingue. Récits de rescapés (1789-1804) :
Jean-Marie Bonjour, Michel-Etienne Descourtilz, Jean Decout.
Textes présentés par Vincent Cousseau et Michel C. Kiener

Voici trois récits haletants – deux manuscrits inédits jusqu’ici anonymes et un texte jamais réédité depuis 1809 – sur les derniers moments de la présence coloniale française à Saint-Domingue, lorsque la grande île sucrière libérée de l’esclavage devient Haïti. Jean-Marie Bonjour la tête brûlée, Michel Etienne Descourtilz le naturaliste, Jean Decout le médecin : trois itinéraires qui nous mènent des côtes de France aux Petites Antilles, de Saint-Domingue aux Etats-Unis. Ils font partie des quelques rescapés chanceux des violences qui ont accompagné la Révolution en Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Domingue. Expéditions punitives, massacre programmé des Blancs, naufrages, ils ont tout vécu et ils racontent.

« Ces trois témoignages, inoubliables sur la fin sanguinaire de la colonie française de Saint-Domingue, ajoutent des détails importants à nos connaissances sur la guerre d’indépendance d’Haïti. Ces nouvelles sources obligent à affronter des questions pénibles, comme le rôle de la violence dans les combats pour la liberté. » (Jeremy D. Popkin, University of Kentucky)

« Des témoignages particulièrement frappants sur la formation tragique de la Nation Haïtienne. L’omniprésence d’une ‘politique du massacre’ autorise des rapprochements avec les événements dramatiques du XXe siècle. L’intérêt des documents exhumés vient aussi de l’originalité des protagonistes, ceux-ci, voyageur de commerce et huissier de justice, naturaliste, et médecin, ne sont pas des colons au sens strict. » (Bernard Gainot, Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

Vincent Cousseau, agrégé d’histoire et docteur de l’université des Antilles-Guyane, est enseignant-chercheur à l’université de Limoges. Il a reçu pour son ouvrage Prendre nom aux Antilles, les prix du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques et de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer.

Michel C. Kiener, agrégé d’histoire, est un familier des textes des XVIIIe et premier XIXe siècle. Il vient de publier Mon cher fils aux Presses universitaires de Limoges, lettres du subdélégué du Turgot à son fils garde du corps à Versailles.

ISBN : 978-2-37125-015-1
Février 2016, 23 x 15 cm, 270 pages, 24 € (+ 2 € de participation aux frais de port)

Le Polyptyque d’Irminon : terre et commerce dans le monde franc

Visuel TerreHironori Miyamatsu,
Le Polyptyque d’Irminon
Terre et commerce dans le monde franc

Ce livre est composé de deux sections, l’une portant sur le régime agraire et l’autre sur l’économie d’échange dans le monde franc. Notre position fondamentale sera de saisir le premier Moyen Âge comme le « temps de la terre » et le second comme le « temps de l’argent ». D’une part, durant la première période, la terre se trouvait toujours aux mains de la noblesse, et n’apparaissait donc pas sur les marchés. C’est l’un des principaux facteurs ayant eu pour effet d’entraver le développement de l’économie d’échange. D’autre part, les historiens qui défendent la thèse de l’essor économique ont tendance à voir dans le polyptyque un ordre royal visant à répandre le régime domanial classique et dans l’abbé Irminon un officier compétent ayant pour tâche de l’exécuter fidèlement. Vivant de dons, cet homme égocentrique n’hésitait pas à faire part de ses motifs de mécontentement à son entourage, dès que ses désirs n’étaient pas satisfaits. Après avoir échoué dans la lutte pour l’obtention des dons royaux, il tente de s’en procurer par d’autres moyens, notamment celui-ci : présenter au Palais un polyptyque bien conforme aux instructions royales et manifester en cela sa fidélité envers le roi. Enfin, Irminon était un homme tributaire de dons importants. Ainsi le polyptyque ne laisse entrevoir que des retouches pratiquées par ses soins sur les domaines de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et dans sa gestion domaniale on ne peut que constater l’absence de plan préétabli, de cohérence voire même de rationalité.

L’auteur : Hironori Miyamatsu est professeur d’histoire de l’Occident médiéval à l’Université de Kurumé, au Japon. Il a fait ses études et soutenu sa thèse à la faculté d’histoire de l’université Rennes 2.

ISBN : 978-2-37125-013-0

Novembre 2015, 23 x 15 cm, 408 pages, 25 €

La Royauté carolingienne et son administration régionale

 

9782371250024

Hironori Miyamatsu,
La Royauté carolingienne et son administration régionale

Cet ouvrage constitue une étude minutieuse et approfondie de l’administration régionale de l’empire carolingien. Il est généralement admis que la division moyenne des circonscriptions est la vicaria à l’ouest de l’Empire, et la centena à l’est. Pourtant, non seulement on retrouve cette dernière aussi en partie à l’ouest, mais on compte au total plus de douze divisions moyennes qui vont exister jusqu’au Moyen Âge central. L’auteur se propose de retracer l’évolution de ces institutions au Haut Moyen Âge ainsi qu’au Moyen Âge central, en s’intéressant en premier lieu à la région du Poitou, puis à l’ouest de la France et enfin à l’empire carolingien dans sa totalité. Comment s’opérait la formation des circonscriptions ? Quels étaient leur hiérarchie, les domaines de compétence. C’est sur ces questions et beaucoup d’autres que cette nouvelle étude de M. Miyamatsu, traduite du japonais, s’efforce de faire le point.

L’auteur : Hironori Miyamatsu est professeur d’histoire de l’Occident médiéval à l’Université de Kurumé, au Japon. Il a fait ses études et soutenu sa thèse à la faculté d’histoire de l’université Rennes 2.

ISBN : 978-2-37125-002-4

Juin 2014, 23 x 15 cm, 310 pages, 25 €

Les Corsaires insurgés de l’Amérique espagnole

VisuelCorsaires

Nicolas Terrien
« Des patriotes sans patrie »
Histoire des corsaires insurgés de l’Amérique espagnole
(1810-1825)

« Il avait été émerveillé en constatant que, parmi tous ceux qui se déclaraient être des insurgés mexicains, carthaginois, margaritains et porteños, à peine se trouvaient quelques Espagnols. La plupart des corsaires étaient français, italiens, nord‑américains et quelques autres anglais ; ces patriotes, sans patrie, n’avaient jamais été au Mexique, à Carthagène, à Margarita, et encore moins à Buenos Aires » (Rapport du consul d’Espagne en Louisiane sur les déclarations d’un ancien prisonnier des corsaires insurgés, 1817).

Question d’histoire atlantique, située dans une période de bouleversements propices à la redéfinition des hiérarchies sociales et des identités individuelles ou collectives, la course insurgée était internationale et composite, liée aux circulations intra‑américaines et transatlantiques d’une multitude d’acteurs de toutes nationalités, aux statuts variés et instables : riches créoles et fonctionnaires espagnols, esclaves soulevés, indiens captifs et marins endettés, aventuriers opportunistes et révolutionnaires dévoués. Les insurgés surent mobiliser dans ce monde souvent interlope les ressources nécessaires pour fomenter la course insurgée, et porter ainsi sur les mers leur lutte contre l’Espagne, de Cadix à Lima, en passant par Buenos Aires et, surtout, la Caraïbe et le golfe du Mexique. L’expédition de lettres de marque devint alors pour l’insurrection un instrument de première importance pour affirmer sa souveraineté puis garantir les indépendances et leurs reconnaissances.

Doctorant en Histoire à l’Université de Nantes (CRHIA), Nicolas Terrien est allocataire de recherche du LabEx EHNE et membre du projet STARACO. Ses recherches portent sur la souveraineté et la construction des nouveaux États indépendants dans la Caraïbe et le golfe du Mexique lors des révolutions atlantiques, au travers plus particulièrement de l’étude des différents acteurs de la course et de la piraterie. Il prépare une thèse, sous la direction de M. Clément Thibaud, intitulée Prédation maritime et révolutions atlantiques : une histoire sociale entre Europe et Amérique (1793-1823).

ISBN : 978-2-37125-011-6
Mai 2015, 23 x 15 cm, 384 pages, 26 € (+ 4 € de participation aux frais de port)

Ci-dessous une recension de Gilbert Buti parue dans la revue « Le mouvement social » :

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Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon : Toussaint Louverture et la guerre d’indépendance haïtienne

Philippe R. Girard,
Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon. Toussaint Louverture et la guerre d’indépendance haïtienne  (1801-1804)

Cet ouvrage nous plonge au cœur du drame fondateur qui s’est noué sur la scène coloniale caribéenne au moment même où la France accomplissait sa propre révolution. Un drame en trois actes. Un : soulèvement des esclaves de Saint-Domingue — surnommée la « perle des Antilles » et la plus riche des colonies françaises — en 1791, suivi trois ans après de l’abolition de l’esclavage par la nouvelle Assemblée nationale française. Deux : envoi sur l’île par Napoléon Bonaparte d’un corps expéditionnaire dirigé par le général Leclerc, beau-frère de l’empereur, en vue de renverser le chef des rebelles, Toussaint Louverture, et de rétablir l’esclavage. Trois : victoire des insurgés et création, en 1804, de la première république noire de l’histoire : Haïti. C’est cette expédition coloniale désastreuse, qui fit des milliers de morts des deux côtés et restera comme l’une des plus cuisantes défaites de l’empire français, tenu en échec par d’anciens esclaves, que raconte l’historien Philippe Girard dans ces pages. Pour comprendre les enjeux et le déroulement de l’opération, il a mené des recherches de part et d’autre de l’Atlantique et puisé aux sources les plus variées, qu’elles soient militaires, diplomatiques ou commerciales. À travers le prisme de l’expédition Leclerc, qui en fut le paroxysme, c’est toute la Révolution haïtienne, cet événement majeur de l’histoire atlantique, qu’il fait revivre.

http://lesperseides.fr/le-monde-des-livres/

L’auteur : Né en Guadeloupe, ancien étudiant à Sciences Po Paris puis à l’université de l’Ohio, Philippe Girard est aujourd’hui enseignant à la McNeese State University, en Louisiane. Spécialiste de l’histoire haïtienne, il est l’auteur de plusieurs monographies sur ce sujet parues outre-atlantique, telles que Haïti : the Tumultuous History (2010).

Janvier 2013, 23 x 15 cm, 480 pages, 29.90 €

L’Amiral d’Estaing : de la guerre de Sept ans à la guerre d’indépendance américaine

François Blancpain,
L’Amiral d’Estaing, serviteur et victime de l’Etat  (1729-1794)

L’amiral d’Estaing est un parangon des excès. Excès de bravoure et de dévouement pendant les batailles qu’il a livrées sur terre et sur mer. Excès d’autorité dans ses relations avec ses subordonnés et ses administrés. Excès de générosité, même envers ses ennemis. Et les aléas de l’histoire lui ont procuré des excès d’honneur, suivis de la mort la plus humiliante sous la Terreur révolutionnaire. De la guerre de Sept Ans à la guerre d’indépendance américaine, en passant par la colonie française de Saint-Domingue, l’histoire de sa vie est plus passionnante encore qu’un récit débordant d’imagination. Un cinéaste en ferait, selon ses talents, un prodigieux film d’aventures ou un détestable mélodrame. Plus simplement, l’auteur a cherché à nous en donner une relation la plus franche possible.

L’auteur : François Blancpain, ancien élève de l’Ecole Nationale de la France d’outre mer et du CPA, a produit plusieurs ouvrages qui couvrent l’ensemble de l’histoire de Saint Domingue, des origines au milieu du XXe siècle. Il a notamment traité des relations d’Haïti avec la France, avec les Etats Unis et avec la République dominicaine. Le présent ouvrage porte sur le changement fondamental qui a fait passer une colonie peuplée d’esclaves en un état indépendant peuplé de citoyens.

Août 2012, 21 x 14 cm, 160 pages, 18 €

Histoire de Crésus, d’Hérodote

Hérodote d’Halicarnasse,
Histoire de Crésus
traduit du grec par P. Giguet

Riche d’enseignements est l’histoire de Crésus, roi lydien immensément riche et prodigue, telle que nous l’a transmise Hérodote d’Halicarnasse (vers 484 – 420 av. J. C.), que Cicéron considérait comme le « père de l’Histoire ».

Extrait : « Ô Crésus, l’homme n’est rien qu’accident. Je te vois immensément riche et roi de peuples nombreux ; mais je ne puis dire de toi ce que tu voudrais me faire déclarer, avant d’avoir appris que tu aies heureusement fini ta carrière. Car celui qui possède de grands biens n’est pas plus heureux que celui qui a ce qu’exige chaque jour, à moins que la fortune ne lui reste fidèle et qu’il ne termine sa vie dans la plénitude de sa prospérité. Nombre d’hommes regorgent de richesses et ne sont pas heureux ; d’autres le sont avec des biens médiocres. »

ISBN : 978-2-915596-75-5

Février 2012, 19.5 x 13 cm, 128 pages, 13 €

La Guerre civile américaine, d’Elisée Reclus

Élisée Reclus,
La Guerre civile américaine
1862-1864

C’est en 1864, quelques mois avant la reddition finale de l’armée confédérée, qu’Élisée Reclus, historien et géographe, anarchiste et pacifiste, a publié initialement ce texte remarquable, où il retrace, au moment où  il s’écrit, un conflit qui a été la première guerre moderne de l’histoire et dont la fin de l’esclavage en Amérique n’était pas le moindre des enjeux.

Extrait : « En Virginie, chaque camp se transforme immédiatement en forteresse, chaque attaque se complique d’un siège. Il faut ajouter que l’histoire n’offre peut-être pas d’exemple d’une lutte dans laquelle les adversaires, généraux et soldats, aient montré à la fois plus de force d’attaque et de courage passif, plus d’initiative et d’indomptable ténacité. De part et d’autre, le nombre des victimes a témoigné de cette volonté puissante que les Anglo-Saxons du Nouveau-Monde apportent dans toutes leurs entreprises, celles de la guerre aussi bien que celles de la paix. »

ISBN : 978-2-915596-47-2

Août 2010, 19.5 x 13 cm, 192 pages, 13 €