Autobiographie de Kipling

Rudyard Kipling
Autobiographie

Jamais cette autobiographie du célèbre auteur du Livre de la Jungle, prix Nobel de littérature en 1907, publiée un an après sa mort, n’avait fait l’objet d’une parution à part en français. Sans édulcorer son histoire mais sans jamais sombrer dans le pathos, Kipling raconte ses premières années dans le paradis de l’Inde où il est né et qui allait alimenter certaines de ses meilleures histoires.

ISBN : 978-2-84418-219-7

Novembre 2011, 17 x 12 cm, 320 pages, 17 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)

Autoportrait de K. Gibran

Khalil Gibran
Autoportrait

Si la postérité s’est forgé une image un peu éthérée de l’écrivain libanais, il ressort de ces quelques soixante lettres échelonnées sur les trente dernières années de sa vie, une personnalité plus complexe, et plus concrète aussi. On découvre ainsi, comme on avait déjà pu le faire à travers certains de ses textes « politiques » réunis dans Mon Liban, qu’il fut un ardent défenseur de son pays, engagé dans tous les grands mouvements intellectuels syro-libanais aux États-Unis.
Le portrait qui se dessine à travers ce choix de lettres inédites est celui d’un artiste en proie aux affres de la création, selon la formule de Flaubert, tiraillé entre deux langues, l’arabe et l’anglais, deux mondes, l’Orient et l’Occident, deux femmes aussi, Mary et May. Mais on y voit surtout un écrivain habité par son œuvre, traversé par une inspiration quasi-mystique. Loin d’être la figure du sage que pourrait laisser entrevoir la lecture du Prophète, on découvre un homme capable de terribles colères, un amoureux platonique perpétuel, un ami extrêmement fraternel, un homme très tôt rongé par la maladie, une intelligence poétique suraiguë. Gibran, dépositaire d’une tradition séculaire, fut pourtant bien un homme de son temps, et à certains points de vue, un précurseur.

ISBN : 978-2-84418-166-4

Juin 2009, 17 x 12 cm, 160 pages, 14 € (+ 2 Euros de participation aux frais de port)

L’Amiral d’Estaing : de la guerre de Sept ans à la guerre d’indépendance américaine

François Blancpain,
L’Amiral d’Estaing, serviteur et victime de l’Etat  (1729-1794)

L’amiral d’Estaing est un parangon des excès. Excès de bravoure et de dévouement pendant les batailles qu’il a livrées sur terre et sur mer. Excès d’autorité dans ses relations avec ses subordonnés et ses administrés. Excès de générosité, même envers ses ennemis. Et les aléas de l’histoire lui ont procuré des excès d’honneur, suivis de la mort la plus humiliante sous la Terreur révolutionnaire. De la guerre de Sept Ans à la guerre d’indépendance américaine, en passant par la colonie française de Saint-Domingue, l’histoire de sa vie est plus passionnante encore qu’un récit débordant d’imagination. Un cinéaste en ferait, selon ses talents, un prodigieux film d’aventures ou un détestable mélodrame. Plus simplement, l’auteur a cherché à nous en donner une relation la plus franche possible.

L’auteur : François Blancpain, ancien élève de l’Ecole Nationale de la France d’outre mer et du CPA, a produit plusieurs ouvrages qui couvrent l’ensemble de l’histoire de Saint Domingue, des origines au milieu du XXe siècle. Il a notamment traité des relations d’Haïti avec la France, avec les Etats Unis et avec la République dominicaine. Le présent ouvrage porte sur le changement fondamental qui a fait passer une colonie peuplée d’esclaves en un état indépendant peuplé de citoyens.

Août 2012, 21 x 14 cm, 160 pages, 18 €

Guillaume le Conquérant

Pauline de Witt et François Guizot,
Guillaume le Conquérant, ou l’Angleterre sous les Normands
(1027-1087)

Extrait : « Au XIe siècle, à peine au sortir de la barbarie, sans aucun des moyens que nous donnent aujourd’hui la civilisation et la science, le duc Guillaume a rassemblé, embarqué, transporté au-delà de la Manche, débarqué sur un sol ennemi, plus de trente mille hommes, et à peine débarqué, il a gagné des batailles, il a conquis un royaume […]. Il a fait bien plus : il a fondé un État. Et son œuvre dure encore des siècles et des siècles après. C’est un phénomène rare que des invasions qui fondent des États. Guillaume a accompli cette œuvre » (François Guizot, discours prononcé le 26 octobre 1851 pour l’érection de la statut équestre du duc à Falaise).

ISBN : 978-2915596-76-2

Février 2012, 20 x 13 cm, 160 pages, 15 €

Guillaume Lejean, voyageur et géographe

Marie-Thérèse Lorain, Guillaume Lejean, voyageur, géographe et cartographe, préface de Daniel Nordmann.

Présentation (nous reprenons ci-dessous) l’excellent article d’Erwan Chartier-Le Floch paru dans le journal Le Télégramme en juillet 2009) :

L’ethnologie et le voyage commencent souvent par chez soi… Ce que fit Guillaume Lejean avant ses vingt ans, en parcourant les chemins de basse Bretagne à pied, puis par d’autres moyens pour cartographier son pays. Né en 1824, à Plouégat-Guérand, non loin de Morlaix (29), dans une famille de cultivateurs, il recueille très tôt des légendes locales et s’intéresse à l’Histoire. Il écrit, en 1841, ses premiers articles dans L’Écho de Morlaix. Bachelier, il refuse catégoriquement de rentrer dans les ordres. Il devient alors archiviste à Morlaix, ville dont il écrira une Histoire politique et municipale à 22 ans. Il se passionne ensuite pour l’histoire de Bretagne et rédige des notices biographiques. Elles lui fourniront la matière de La Bretagne, son histoire et ses historiens, ouvrage publié en 1850.
Secrétaire de Lamartine
En 1845, il commence à correspondre avec l’historien Jules Michelet qui remarque très tôt ses aptitudes. En 1848, Lejean est employé à la sous-préfecture de Morlaix où il s’ennuie ferme. Il monte à Paris pour suivre des études de médecine. Mais la vision des cadavres le répugne: aussi décide-t-il de travailler de sa plume. Il collabore à divers titres, puis se fait une place au Pays, journal libéral de Lamartine, le poète et candidat malheureux à l’élection présidentielle de 1848. Il sera ensuite son secrétaire avant de le quitter en 1853. Il travaille par la suite à une carte de la France féodale, mélange d’érudition, de recherches historiques et ethnographiques ainsi que de géographie. À Paris, Lejean se cultive et suit différents cours au Collège de France. C’est ainsi qu’il est remarqué par le professeur Guignaut, qui lui conseille d’entrer à la Société de géographie.

La découverte de l’Orient
Introduit dans ce prestigieux cénacle, Lejean va pouvoir laisser libre cours à sa passion des voyages. Le 8 avril 1857, il quitte Paris, chargé d’une première mission d’études géographiques en Moldavie, en Valachie et en Bulgarie. Il décrit son périple à travers une correspondance passionnée, évoquant, avec un grand luxe de détails, tous les peuples d’Europe centrale rencontrés. L’irréductible républicain qu’il est ne peut que relever les bienfaits de la démocratie là où il la rencontre. De retour, il sera présenté à l’Empereur, qui lui concède sept missions jusqu’à la fin du régime. Entre 1857 à 1871, Guillaume Lejean va donc arpenter le monde. De janvier 1860 à août de l’année suivante, il est ainsi en Afrique, où il remonte le Nil, et traverse le Soudan. À Karthoum, il dénonce l’esclavage, ce qui lui vaut quelques ennuis. « Une ville de 40.000 âmes, aimable et hospitalière à la surface, ignoble au fond. La traite des nègres la plus éhontée alimente ce luxe », écrit-il. Puis, il s’enfonce vers les sources du grand fleuve africain, une région dont il est l’un des premiers à dresser un relevé rigoureux. Mais il est détroussé et doit rebrousser chemin. Revenu en Europe, il rédige un compte rendu de ses aventures dans sa ferme de Plouégat-Guérand.

Prisonnier du Négus
Au printemps 1862, il repart en Afrique pour deux ans. Nommé vice-consul de France à Massaouah, à la frontière de l’Abyssinie, l’actuelle Éthiopie, il est chargé de développer des relations diplomatiques. Il est accueilli par le Négus, l’empereur Théodore II. « Théodore me fait penser, par ses bons et ses mauvais côtés, à un autre grand barbare: Charlemagne (…). Il a un esprit sage et pratique à chercher le perfectionnement de sa nation dans les propres éléments de cette nation », rapporte-t-il. Mais, après une campagne militaire malheureuse, le Négus le fait prisonnier ! Lejean reste assigné à résidence plusieurs mois, observant la société éthiopienne et son étonnante diversité. De ses aventures, il tirera deux livres : Voyages aux deux Nil et Voyage en Abyssinie. Quant à sa mésaventure avec le Négus, elle lui vaudra la légion d’Honneur. En 1865, il embarque cette fois pour l’Asie. Il a pour mission de retracer l’itinéraire d’Alexandre et de retrouver le berceau des Celtes, une tâche exaltante pour ce Breton aventureux. Il rejoint Constantinople, passe en Asie mineure, visite l’ancienne Mésopotamie, puis l’Afghanistan avant d’atteindre les Indes anglaises et de visiter Srinagar, la capitale du Cachemire. Il identifie deux champs de bataille d’Alexandre, Arbalès et Hydaspe et réalise de nombreux clichés photographiques. Avec ce voyage, il acquiert une renommée internationale.
Campagnes ottomanes
Dans les années 1867-1870, Lejean va mener plusieurs campagnes dans l’empire Ottoman. Il a pour mission de dresser une carte ethnographique de la Turquie d’Europe. Il dresse donc le portrait de tous ces peuples d’Europe orientale et il pressent les futurs conflits des Balkans. Parti avec des a priori sur les Turcs, il admirait cependant leur civilisation ou leur capitale, « Constantinople, merveille du monde ». Il cartographie aussi le Kurdistan. En 1869, il revient épuisé, après avoir eu de graves problèmes de santé. Il passe sa convalescence dans le Trégor. Il repart cependant une dernière fois et apprend, à Venise où il réside, la défaite française de 1870. Il revient une dernière fois en Bretagne, où il ressasse les souvenirs de ses nombreuses aventures. « Partez ! Vous aurez faim, vous aurez soif. Vous mangerez des choses impossibles, vous boirez une eau qui aura tantôt la couleur de l’encre, tantôt la couleur de l’absinthe ; vous subirez des chaleurs excessives, vous aurez de la fièvre et, malgré tout cela, probablement, vous survivrez. Et lorsque vous serez revenu en Europe, toutes vos souffrances passées ne vous laisseront plus qu’un souvenir, je dirais presque du bonheur », déclarait-il ainsi lors d’une conférence à Brest, en 1867, ce qui est une belle définition du voyage au long cours. Guillaume Lejean est décédé le 2 février 1871, à Plouégat-Guérand où il est enterré.
 
ISBN : 978-2-915596-26-7

Décembre 2006, 23 x 15 cm, 352 pages, 23 €

Une guerre et deux républiques

André Van Ruymbeke,
Une guerre et deux républiques

(mémoires)

André Van Ruymbeke a vingt ans en 1939, quand la guerre interrompt ses études. Il rejoint alors le Maroc, où il a passé son enfance, puis revient en France pour s’engager dans l’armée en déroute. C’est la défaite et l’Occupation. Entré en résistance à Toulouse, il gagne ensuite l’Espagne où il se retrouve interné dans le rude camp de Miranda. Relâché, il s’engage dans l’armée coloniale d’Afrique du Nord  et, avec son unité, il débarque en Provence aux côtés des Américains, prenant une part active à la libération de Toulon et frôlant plusieurs fois la mort.

Après la guerre, il entame une carrière de haut fonctionnaire à laquelle nuiront ses engagements syndicalistes. Le retour du général de Gaulle en 1958 marque pour lui le début d’une nouvelle époque de sa vie, ponctuée de missions en Afrique et en Europe de l’Est, à un moment clé de l’histoire où les enjeux sont aussi importants que la guerre froide, la décolonisation ou encore la construction de l’Europe. Il quittera finalement le service de l’État pour diriger l’Union Laitière Normande, la première entreprise alimentaire de France dans les années 1970.

Son histoire, c’est d’abord celle d’un Français témoin des destinées de son pays et des grands événements qui l’auront marqué depuis 1939 : une guerre, deux républiques… Une traversée du siècle que Bernard Cottret résume très bien dans sa belle préface : « André Van Ruymbeke a mené une vie qui se confond en grande partie avec ce siècle qui n’en finit pas de finir et de nous poursuivre de ses mirages et de ses certitudes. Il en aura été un acteur lucide et courageux, l’un de ces hommes qui permettent de contester la thèse honteuse selon laquelle la France aurait été du côté de la défaite et de l’humiliation. »

Août 2004, 23 x 15 cm, 352 pages, 22 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)

Charette et Cadoudal

Guillaume Lejean, Charette, suivi de Cadoudal.

Extrait : « Par une orageuse journée d’hiver, un petit cutter sortait de Brest, ayant à bord quelques matelots et notre jeune garde-marine. La mer était affreuse, le vent furieux. Un grain emporte le mât du frêle navire ; les marins, éperdus, tombent à genoux et refusent de continuer un travail en quelque sorte inutile. Charette les presse, les supplie, les menace. Rien ne lui réussit. Il arme froidement un pistolet et brûle la cervelle à l’un des plus obstinés. Les autres, atterrés, se portent alors à la manœuvre. »

Préface et notes de Jean-Yves Guiomar.

Avril 2006, 19,5 x 13 cm, 144 pages, 12 €

Jeanne d’Arc, de Michelet

Jules Michelet, Jeanne d’Arc

C’est en 1841, dans le tome V de son Histoire de France, que paraît pour la première fois la Jeanne d’Arc de Michelet. En 1853, cette relation biographique fait l’objet d’une édition séparée, agrémentée d’une introduction, de notes et de quelques variantes. C’est cette version définitive du texte que nous proposons ici.

Extrait : « Ce qui fait de Jeanne une figure éminemment originale, ce qui la sépare de la foule des enthousiastes qui dans les âges d’ignorance entraînèrent les masses populaires, c’est que ceux-ci pour la plupart durent leur puissance à une force contagieuse de vertige. Elle, au contraire, eut action par la vive lumière qu’elle jeta sur une situation obscure, par une force singulière de bon sens et de bon cœur. »

ISBN : 978-2-915596-03-8

Janvier 2005, 19,5 x 13 cm, 160 pages, 13 €

Louis XIV

Louis XIV, récit des événement de la Fronde, extrait de l’Histoire de Paris de Jacques-Antoine Dulaure.

Notice introductive : Publiée en 1821 sous le règne de Louis XVIII, l’Histoire physique, civile et morale de Paris fut dès sa parution violemment attaquée par les partisans de l’ordre restauré. On pouvait ainsi lire à l’époque sur une feuille volante : « C’est un scandale sans exemple, une longue et furieuse diatribe contre la religion et la monarchie, un amas de mensonges grossiers et de calomnies impudentes », l’auteur du papier affirmant que son propre Tableau de Paris devait servir de « contre-poison aux mensonges et aux infamies de toutes espèces accumulées dans ce livre », quand la Gazette de France, au mois d’octobre 1821, traitait l’auteur de « prêtre défroqué échappé à la basilique de Clermont ». L’Histoire de Paris de Dulaure s’achève pourtant au tout début de l’ère napoléonienne. Il est vrai que l’auteur, ancien révolutionnaire (il fut membre de la Convention, où il vota la mort du roi, puis du Conseil des Cinq-Cents) et républicain convaincu, se livre dans son ouvrage à une véritable charge contre les institutions de l’Ancien-Régime. Dans le présent extrait, qui fait une large place à la période de la Régence, Dulaure brosse un portrait sans concession de la cour et des seigneurs de la Fronde, peu soucieux du bien public et des revendications parlementaires qui avaient initié la rébellion. Dans la deuxième partie du livre, il montre le Roi Soleil sous un jour peu flatteur : orgueilleux, ignorant, soumis à l’influence des jésuites. La dernière phrase, matérialiste, laconique, résume l’ensemble d’une carrière despotique entièrement vouée à la dilapidation d’un héritage moral et politique dont les guerres de religion, que Louis XIV ralluma, avaient déjà entamé les fondements.

Août 2004, 19,5 x 13 cm, 110 pages, 11 €

Etienne de Polverel, libérateur des esclaves de Saint-Domingue

François Blancpain, Étienne de Polverel (1738-1795),
libérateur des esclaves de Saint-Domingue

Présentation : Ce livre raconte la première mondiale de l’abolition de l’esclavage à Saint-Domingue (future Haïti) en 1793. Les révolutions sont favorables aux réformes, ne serait-ce que par le traumatisme qu’elles provoquent qui amoindrit considérablement la force des tenants du statu quo. Ceci se démontre pour la grande réforme que fut l’abolition de l’esclavage. La Convention l’a faite en 1794, après que les deux commissaires de la République, Polverel et Sonthonax, l’eurent proclamée à Saint Domingue l’année précédente. Puis Bonaparte rétablit l’esclavage en 1802 et c’est finalement la révolution de 1848 qui, sous l’impulsion de Victor Schoelcher, le fit disparaître. L’essai de 1793-1794 reste ignoré du public. Ce livre tente de le rapporter, vu par l’action de l’un de ses deux auteurs, Etienne de Polverel, injustement méconnu.

Prix Fetkann 2010, catégorie « recherche ».

L’auteur : François Blancpain, ancien élève de l’Ecole Nationale de la France d’outre mer et du CPA, a produit plusieurs ouvrages qui couvrent l’ensemble de l’histoire de Saint Domingue, des origines au milieu du XXe siècle. Il a notamment traité des relations d’Haïti avec la France, avec les Etats Unis et avec la République dominicaine. Le présent ouvrage porte sur le changement fondamental qui a fait passer une colonie peuplée d’esclaves en un état indépendant peuplé de citoyens.

Mars 2010, 21 x 14 cm, 224 pages, 19,90 €