Histoire de la Louisiane française

Louis Dubroca,
Histoire de la Louisiane française

C’est en 1802, un an seulement avant la cession de la Louisiane par la France aux États-Unis, pour la somme de 60 millions de francs, que paraît Itinéraire des Français dans la Louisiane. Son auteur, Louis Dubroca (1757-1834), libraire et professeur, se proposait de montrer l’intérêt pour la France de tirer profit des multiples ressources de sa colonie américaine, reconnue en 1682 par l’explorateur Cavelier de La Salle et baptisée ainsi en l’honneur du roi Louis XIV. Ce parti pris s’explique par le contexte historique. L’Espagne vient alors de restituer la Louisiane à la France (1800), qui la lui avait cédée suite à sa défaite dans la Guerre de Sept Ans. Napoléon s’apprête pourtant à revendre la colonie aux jeunes États-Unis, jugeant indéfendable un territoire qui couvrait alors plus de 20 % de la superficie actuelle de ce pays, s’étendant des Grands Lacs au Golfe du Mexique. Ce court texte retrace la colonisation de la Louisiane par les Français, contient une description des peuples qui l’habitent (colons et indiens) et s’intéresse à l’état de son commerce et aux perspectives économiques qu’elle offre à la France.

Extrait : « Je crois entreprendre une chose utile, en réunissant sous un même point de vue tous les renseignements authentiques qui existent sur cette contrée de l’Amérique. Quel Français, lorsque la confiance du gouvernement ou des intérêts commerciaux l’appelleront dans la Louisiane, ne sera pas jaloux de connaître tout ce qu’on a pu recueillir de l’histoire, des mœurs, de la situation et des ressources de ce pays ? Ces objets, déjà si intéressants pour la curiosité, je vais les tracer avec ce pinceau rapide qui rend les faits plus piquants en les rapprochant, et qui met à la portée d’une plus grand nombre de lecteurs ce qu’il importe à tous les Français de connaître. »

ISBN : 978-2-915596-51-9

Juin 2009, 20 x 13 cm, 80 pages, 9,90 €

La Modernité et son autre : la rencontre avec l’indien

Robert Sayre, La Modernité et son autre. Récits de la rencontre avec l’Indien en Amérique du Nord à la fin du dix-huitième siècle.

Présentation : Deux formes de civilisation se sont affrontées dans l’Amérique du Nord du siècle: celle de la modernité capitaliste naissante des colonisateurs, d’une part, et celle, « pré-moderne », des Amérindiens d’autre part… Tel est le sujet de ce livre, qui fait entrer en jeu l’histoire, l’économie et la sociologie, mais aussi l’ethno-histoire et l’anthropologie. On comprendra en lisant ces pages pourquoi et comment, à cette époque, le rapport de forces bascula de façon décisive en faveur des colons envahisseurs, et que cette mutation est intimement liée à la genèse de la modernité, en cela que le développement de la société marchande, enracinée à ses débuts dans l’agriculture, dépendait directement de l’expropriation des terres indiennes. Cet ouvrage se veut avant tout centré sur l’étude de textes relevant de genres divers, en particulier le récit de voyage en territoire indien, qui fait, à l’époque, figure de best-seller avant la lettre. Ceux qui sont analysés ici permettent d’appréhender les différents modes de représentation adoptés par les voyageurs anglo-américains, comme le botaniste quaker William Bartram, ou français, comme le baron de Lahontan ou le père jésuite Charlevoix. Partis explorer les environs des Grands Lacs ou la Floride, ils sont allés, chacun à leur façon, à la rencontre de l' »autre ». Cet ouvrage s’accompagne d’illustrations et, en annexe, d’une chronologie des événements historiques, des voyages et des publications.

Cartes et illustrations à l’intérieur.

L’auteur : Robert Sayre est originaire des États-Unis. Il a été étudiant à l’Université de Columbia et enseignant à Harvard avant de s’installer en France. Aujourd’hui professeur d’études anglo-américaines à l’Université Paris Est Marne-la-Vallée, il est l’auteur de plusieurs livres, dont Révolte et Mélancolie : le romantisme à contre-courant de la modernité, Pavot, 1992 (publié en collaboration avec M. Löwy).

ISBN : 978-2-915596-37-3

Octobre 2008, 23 x 15 cm, 256 pages, 20 €

Sociétés, colonisations et esclavages dans le monde atlantique

Cécile Vidal & François-Joseph Ruggiu (dir.), Sociétés, colonisations et esclavages dans le monde atlantique. Une historiographie des sociétés américaines des XVIe-XIXe siècles.

Présentation : Depuis quelques années se fait jour dans la société française un ensemble d’interrogations sur les réalités historiques de la colonisation. Un certain nombre de controverses ont animé le paysage scientifique mais aussi médiatique, notamment sur les phénomènes de la traite et de l’esclavage qui ont dramatiquement relié l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Le débat public s’est pourtant peu intéressé aux premiers temps de la colonisation européenne, du XVe au XVIIe siècle. Or il est essentiel de se demander comment les différentes populations qui se sont retrouvées, de gré ou de force, dans l’espace américain ont pu vivre ensemble et construire des sociétés et des cultures originales. L’objet de cet ouvrage est de faire le point sur ces questions très débattues en présentant les différents courants d’interprétation en présence, en esquissant les évolutions futures et en fournissant les pistes de lecture nécessaires à une meilleure compréhension des sociétés américaines de la période moderne. Une de ses originalités est de prendre en compte l’ensemble de l’espace américain — du Canada à la Terre de Feu en passant par la Nouvelle-France, les Treize colonies nord-américaines, l’aire caraïbe, le Mexique ou encore le Brésil… Ce livre est donc un point de départ indispensable pour qui souhaite commencer à travailler sur les sociétés nouvelles nées aux Amériques de la rencontre entre Amérindiens, Européens et Africains dans le contexte de la colonisation et de l’esclavage. Il adopte une approche globale des principaux problèmes qui se posaient à elles : l’esclavage bien sûr, mais aussi les relations euro-amérindiennes ou encore le rôle des villes dans les sociétés américaines.

Contributions de Thomas Calvo, Christophe Giudicelli, Gilles Havard, Dominique Rogers, François-Joseph Ruggiu, Bertrand Van Ruymbeke, Cécile Vidal, Laurent Vidal.

L’auteur : Cécile Vidal est maître de conférences à I’EHESS. Ses travaux portent sur l’histoire atlantique et l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord. François-Joseph Ruggiu est professeur d’histoire moderne à l’Université de Paris-Sorbonne. Il travaille sur les élites dans les mondes atlantiques britanniques et français au XVIIIe siècle.

Mai 2009, 23 x 15 cm, 352 pages, 26 €

Pocahontas, princesse des deux mondes

Audrey Bonnet, Pocahontas, princesse des deux mondes. Histoire, mythe et représentations.

Présentation : Tant d’œuvres de la littérature et du cinéma se sont inspirées de Pocahontas qu’il est souvent difficile de dissocier les faits de leurs nombreuses réécritures. En 1607, une centaine d’hommes débarquent en Virginie dans le but d’établir une colonie au nom de la couronne d’Angleterre. parmi eux se trouve John Smith, un capitaine aux aventures picaresques. Il est capturé par les Powhatans au cours d’une expédition de reconnaissance, et sauvé in extremis de la mort par Pocahontas, la fille du chef. Celle-ci devint l’ange gardien de la colonie de Jamestown. Baptisée et mariée à John Rolfe, un ambitieux planteur de tabac, elle est ensuite emmenée en Angleterre et présentée à la cour comme un trophée. Mais la rencontre initiale entre l’Indienne et Smith pose les jalons d’une légende romantique qui se transforme rapidement en un mythe fondateur de la nation américaine. Dès lors, Pocahontas est une source d’inspiration qu semble intarissable. Au fil des siècles, elle entre dans la littérature et le théâtre, se fait tour à tour icône picturale, génitrice spirituelle, ancêtre précieuse, héroïne pour enfants, et enfin victime silencieuse, selon certains auteurs qui tentent de la réhabiliter en la libérant d’un mythe biaisé.

Une analyse fouillée et captivante du mythe de Pocahontas, l’Indienne européanisée dont le destin exprime à la fois le rêve du métissage, de l’union des peuples et le drame de l’ethnocide. (Gilles Havard)

Préface de Bertrand Van Ruymbeke

L’auteur : Audrey Bonnet est professeur d’anglais et poursuit des recherches sur l’Amérique coloniale. Elle prépare une thèse sur la Virginie au XVIIe siècle.

Article paru dans Le Monde des Livres :

ISBN : 978-2-915596-15-1

Juin 2006, 21 x 14 cm, 160 pages, 18 €