Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon : Toussaint Louverture et la guerre d’indépendance haïtienne

Philippe R. Girard,
Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon. Toussaint Louverture et la guerre d’indépendance haïtienne  (1801-1804)

Cet ouvrage nous plonge au cœur du drame fondateur qui s’est noué sur la scène coloniale caribéenne au moment même où la France accomplissait sa propre révolution. Un drame en trois actes. Un : soulèvement des esclaves de Saint-Domingue — surnommée la « perle des Antilles » et la plus riche des colonies françaises — en 1791, suivi trois ans après de l’abolition de l’esclavage par la nouvelle Assemblée nationale française. Deux : envoi sur l’île par Napoléon Bonaparte d’un corps expéditionnaire dirigé par le général Leclerc, beau-frère de l’empereur, en vue de renverser le chef des rebelles, Toussaint Louverture, et de rétablir l’esclavage. Trois : victoire des insurgés et création, en 1804, de la première république noire de l’histoire : Haïti. C’est cette expédition coloniale désastreuse, qui fit des milliers de morts des deux côtés et restera comme l’une des plus cuisantes défaites de l’empire français, tenu en échec par d’anciens esclaves, que raconte l’historien Philippe Girard dans ces pages. Pour comprendre les enjeux et le déroulement de l’opération, il a mené des recherches de part et d’autre de l’Atlantique et puisé aux sources les plus variées, qu’elles soient militaires, diplomatiques ou commerciales. À travers le prisme de l’expédition Leclerc, qui en fut le paroxysme, c’est toute la Révolution haïtienne, cet événement majeur de l’histoire atlantique, qu’il fait revivre.

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L’auteur : Né en Guadeloupe, ancien étudiant à Sciences Po Paris puis à l’université de l’Ohio, Philippe Girard est aujourd’hui enseignant à la McNeese State University, en Louisiane. Spécialiste de l’histoire haïtienne, il est l’auteur de plusieurs monographies sur ce sujet parues outre-atlantique, telles que Haïti : the Tumultuous History (2010).

Janvier 2013, 23 x 15 cm, 480 pages, 29.90 €

Histoire de la Louisiane française

Louis Dubroca,
Histoire de la Louisiane française

C’est en 1802, un an seulement avant la cession de la Louisiane par la France aux États-Unis, pour la somme de 60 millions de francs, que paraît Itinéraire des Français dans la Louisiane. Son auteur, Louis Dubroca (1757-1834), libraire et professeur, se proposait de montrer l’intérêt pour la France de tirer profit des multiples ressources de sa colonie américaine, reconnue en 1682 par l’explorateur Cavelier de La Salle et baptisée ainsi en l’honneur du roi Louis XIV. Ce parti pris s’explique par le contexte historique. L’Espagne vient alors de restituer la Louisiane à la France (1800), qui la lui avait cédée suite à sa défaite dans la Guerre de Sept Ans. Napoléon s’apprête pourtant à revendre la colonie aux jeunes États-Unis, jugeant indéfendable un territoire qui couvrait alors plus de 20 % de la superficie actuelle de ce pays, s’étendant des Grands Lacs au Golfe du Mexique. Ce court texte retrace la colonisation de la Louisiane par les Français, contient une description des peuples qui l’habitent (colons et indiens) et s’intéresse à l’état de son commerce et aux perspectives économiques qu’elle offre à la France.

Extrait : « Je crois entreprendre une chose utile, en réunissant sous un même point de vue tous les renseignements authentiques qui existent sur cette contrée de l’Amérique. Quel Français, lorsque la confiance du gouvernement ou des intérêts commerciaux l’appelleront dans la Louisiane, ne sera pas jaloux de connaître tout ce qu’on a pu recueillir de l’histoire, des mœurs, de la situation et des ressources de ce pays ? Ces objets, déjà si intéressants pour la curiosité, je vais les tracer avec ce pinceau rapide qui rend les faits plus piquants en les rapprochant, et qui met à la portée d’une plus grand nombre de lecteurs ce qu’il importe à tous les Français de connaître. »

ISBN : 978-2-915596-51-9

Juin 2009, 20 x 13 cm, 80 pages, 9,90 €

Une guerre et deux républiques

André Van Ruymbeke,
Une guerre et deux républiques

(mémoires)

André Van Ruymbeke a vingt ans en 1939, quand la guerre interrompt ses études. Il rejoint alors le Maroc, où il a passé son enfance, puis revient en France pour s’engager dans l’armée en déroute. C’est la défaite et l’Occupation. Entré en résistance à Toulouse, il gagne ensuite l’Espagne où il se retrouve interné dans le rude camp de Miranda. Relâché, il s’engage dans l’armée coloniale d’Afrique du Nord  et, avec son unité, il débarque en Provence aux côtés des Américains, prenant une part active à la libération de Toulon et frôlant plusieurs fois la mort.

Après la guerre, il entame une carrière de haut fonctionnaire à laquelle nuiront ses engagements syndicalistes. Le retour du général de Gaulle en 1958 marque pour lui le début d’une nouvelle époque de sa vie, ponctuée de missions en Afrique et en Europe de l’Est, à un moment clé de l’histoire où les enjeux sont aussi importants que la guerre froide, la décolonisation ou encore la construction de l’Europe. Il quittera finalement le service de l’État pour diriger l’Union Laitière Normande, la première entreprise alimentaire de France dans les années 1970.

Son histoire, c’est d’abord celle d’un Français témoin des destinées de son pays et des grands événements qui l’auront marqué depuis 1939 : une guerre, deux républiques… Une traversée du siècle que Bernard Cottret résume très bien dans sa belle préface : « André Van Ruymbeke a mené une vie qui se confond en grande partie avec ce siècle qui n’en finit pas de finir et de nous poursuivre de ses mirages et de ses certitudes. Il en aura été un acteur lucide et courageux, l’un de ces hommes qui permettent de contester la thèse honteuse selon laquelle la France aurait été du côté de la défaite et de l’humiliation. »

Août 2004, 23 x 15 cm, 352 pages, 22 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)

Charette et Cadoudal

Guillaume Lejean, Charette, suivi de Cadoudal.

Extrait : « Par une orageuse journée d’hiver, un petit cutter sortait de Brest, ayant à bord quelques matelots et notre jeune garde-marine. La mer était affreuse, le vent furieux. Un grain emporte le mât du frêle navire ; les marins, éperdus, tombent à genoux et refusent de continuer un travail en quelque sorte inutile. Charette les presse, les supplie, les menace. Rien ne lui réussit. Il arme froidement un pistolet et brûle la cervelle à l’un des plus obstinés. Les autres, atterrés, se portent alors à la manœuvre. »

Préface et notes de Jean-Yves Guiomar.

Avril 2006, 19,5 x 13 cm, 144 pages, 12 €

Histoire des Francs qui prirent Jérusalem

Raymond d’Aguilers, Histoire des Francs qui prirent Jérusalem. Chronique de la première croisade, texte traduit et du latin et présenté par François Guizot.

Guillaume de Tyr écrivait l’histoire des croisades 80 ans après leur explosion, au milieu des revers et presque sur les ruines du royaume chrétien qu’elles avaient fondé. Albert d’Aix répétait les récits des premiers croisés de retour en Occident, s’associant avec l’Europe entière à leurs sentiments et à leur « gloire », bien qu’il fût demeuré étranger à leurs aventures. Raymond d’Aguilers — ou d’Agiles — raconte ce qu’il a vu, ce qu’il a fait, ce qu’ont vu et fait ses princes et ses compagnons. Chanoine de la cathédrale du Puy en Velay lorsqu’en 1095 Urbain II vint prêcher la croisade à Clermont, et probablement jeune encore, puisqu’il n’était que diacre, il accompagna son évêque, le célèbre Adhémar, fut ordonné prêtre dans le cours de l’expédition, devint chapelain de Raymond, comte de Toulouse, et prit, pendant le voyage même, en 1097 au plus tard, de concert avec Pons de Balazun — ou Balazu —, l’un des plus braves chevaliers du compte, la résolution d’écrire tout ce qui se passerait sous ses yeux… (extrait de l’introduction de François Guizot)

Extrait : « Ce qui m’en reste à rapporter, je continuerai à l’écrire sous l’inspiration de Dieu qu a fait toutes ces choses, avec la même constance qui m’a animé jusqu’à présent. Je prie donc et je supplie instamment tous ceux qui l’entendront de croire que les choses sont telles que je les dirai. Que si je cherche à écrire quelque chose au-delà de ce qui a été vu ou cru, ou si j’ai fait quelque supposition en haine de qui que ce soit, que Dieu me frappe de toutes les plaies de l’enfer et m’efface du livre de vie : car, quoique j’ignore une foule d’autres choses, je sais du moins ceci, qu’ayant été promu au sacerdoce durant tout le pèlerinage du Seigneur, je dois bien plutôt obéir à Dieu, en attestant la vérité, que chercher à capter les dons de tout autre en forgeant des mensonges. »

Mai 2006, 19,5 x 13 cm, 192 pages, 16 €

Jeanne d’Arc, de Michelet

Jules Michelet, Jeanne d’Arc

C’est en 1841, dans le tome V de son Histoire de France, que paraît pour la première fois la Jeanne d’Arc de Michelet. En 1853, cette relation biographique fait l’objet d’une édition séparée, agrémentée d’une introduction, de notes et de quelques variantes. C’est cette version définitive du texte que nous proposons ici.

Extrait : « Ce qui fait de Jeanne une figure éminemment originale, ce qui la sépare de la foule des enthousiastes qui dans les âges d’ignorance entraînèrent les masses populaires, c’est que ceux-ci pour la plupart durent leur puissance à une force contagieuse de vertige. Elle, au contraire, eut action par la vive lumière qu’elle jeta sur une situation obscure, par une force singulière de bon sens et de bon cœur. »

ISBN : 978-2-915596-03-8

Janvier 2005, 19,5 x 13 cm, 160 pages, 13 €

Le Procès des Templiers

Charles V. Langlois,
Le Procès des Templiers

Extrait : « Les compte-rendus notariés n’enregistrent que les dépositions ; ils sont muets sur les tortures ; mais ces tortures préalables furent atroces, comme l’ont déclaré plus tard les victimes. Jacques de Saci vit mourir vingt-cinq de ses frères des suites de la question. On fit attacher des poids aux parties génitales des récalcitrants, usque ad exanimacionem. Ceux qui ne furent pas mis à la gêne furent reclus au pain et à l’eau un mois avant leur comparution. La meilleure preuve de l’intensité des supplices, c’est, du reste, l’unanimité des aveux, que leurs auteurs rétractèrent dès qu’ils se crurent devant des juges impartiaux. »

Préface de Renaud Van Ruymbeke

ISBN : 978-2-915596-06-9

Octobre 2004, 19,5 x 13 cm, 96 pages, 10 €

Louis XIV

Louis XIV, récit des événement de la Fronde, extrait de l’Histoire de Paris de Jacques-Antoine Dulaure.

Notice introductive : Publiée en 1821 sous le règne de Louis XVIII, l’Histoire physique, civile et morale de Paris fut dès sa parution violemment attaquée par les partisans de l’ordre restauré. On pouvait ainsi lire à l’époque sur une feuille volante : « C’est un scandale sans exemple, une longue et furieuse diatribe contre la religion et la monarchie, un amas de mensonges grossiers et de calomnies impudentes », l’auteur du papier affirmant que son propre Tableau de Paris devait servir de « contre-poison aux mensonges et aux infamies de toutes espèces accumulées dans ce livre », quand la Gazette de France, au mois d’octobre 1821, traitait l’auteur de « prêtre défroqué échappé à la basilique de Clermont ». L’Histoire de Paris de Dulaure s’achève pourtant au tout début de l’ère napoléonienne. Il est vrai que l’auteur, ancien révolutionnaire (il fut membre de la Convention, où il vota la mort du roi, puis du Conseil des Cinq-Cents) et républicain convaincu, se livre dans son ouvrage à une véritable charge contre les institutions de l’Ancien-Régime. Dans le présent extrait, qui fait une large place à la période de la Régence, Dulaure brosse un portrait sans concession de la cour et des seigneurs de la Fronde, peu soucieux du bien public et des revendications parlementaires qui avaient initié la rébellion. Dans la deuxième partie du livre, il montre le Roi Soleil sous un jour peu flatteur : orgueilleux, ignorant, soumis à l’influence des jésuites. La dernière phrase, matérialiste, laconique, résume l’ensemble d’une carrière despotique entièrement vouée à la dilapidation d’un héritage moral et politique dont les guerres de religion, que Louis XIV ralluma, avaient déjà entamé les fondements.

Août 2004, 19,5 x 13 cm, 110 pages, 11 €

Les Massacres de la Saint-Barthélemy

Les Massacres de la Saint-Barthélemy, récit des événement du 24 août 1572 extrait de l’Histoire de Paris de Jacques-Antoine Dulaure.

Notice introductive : Publiée en 1821 sous le règne de Louis XVIII, l’Histoire physique, civile et morale de Paris fut dès sa parution violemment attaquée par les partisans de l’ordre restauré. On pouvait ainsi lire à l’époque sur une feuille volante : « C’est un scandale sans exemple, une longue et furieuse diatribe contre la religion et la monarchie, un amas de mensonges grossiers et de calomnies impudentes », l’auteur du papier affirmant que son propre Tableau de Paris devait servir de « contre-poison aux mensonges et aux infamies de toutes espèces accumulées dans ce livre », quand la Gazette de France, au mois d’octobre 1821, traitait l’auteur de « prêtre défroqué échappé à la basilique de Clermont ». L’Histoire de Paris de Dulaure s’achève pourtant au tout début de l’ère napoléonienne. Il est vrai que l’auteur, ancien révolutionnaire (il fut membre de la Convention, où il vota la mort du roi, puis du Conseil des Cinq-Cents) et républicain convaincu, se livre dans son ouvrage à une véritable charge contre les institutions de l’Ancien-Régime. Son analyse des événements de la Saint-Barthélemy ne manque toutefois pas de nuances. Si la cour de France est responsable des massacres au premier chef, elle est également instrumentalisée par Rome et par la cour d’Espagne. De même, son choix de recourir aux milices catholiques bourgeoises de Paris pour l’exécution du projet renforce le caractère incontrôlable d’un engrenage qui la dépasse. Malgré les critiques, l’Histoire de Paris connut de nombreuses rééditions tout au long du XIXe siècle. Nous proposons en ouverture la préface de la quatrième édition, qui fait figure d’authentique profession de foi, d’historien autant que d’humaniste, et permet de saisir l’esprit qui préside à l’ensemble de l’ouvrage.

Août 2004, 19,5 x 13 cm, 96 pages, 10 €

Les Vengeurs du Nouveau Monde : l’histoire de la Révolution haïtienne

Laurent Dubois, Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la Révolution haïtienne, traduit de l’anglais (USA) par Thomas Van Ruymbeke.

Présentation : Ce livre raconte les événements qui ont marqué la plus grande — et l’une des plus sanglantes — révolte d’esclaves de l’histoire de l’humanité. Une révolte si importante qu’elle allait entraîner, en France, l’abolition de l’esclavage par la Convention nationale en 1794 et aboutir, dix ans plus tard, à la création de la première république noire du monde : la république d’Haïti. Cet ouvrage clair et dense retrace les étapes qui ont jalonné cette révolution sans précédent, qui constitue un moment essentiel de l’histoire politique moderne.

« À l’heure où l’histoire coloniale peine à se dégager des surenchères manipulatrices et de manipulations hasardeuses, il est bon de renouer avec la stricte rigueur de l’historien. Laurent Dubois affronte aujourd’hui l’un des événements-clés de l’histoire antillaise, la révolution haïtienne, référence obligée, qu’on la célèbre ou qu’on la vilipende. Le récit qu’il en propose est aussi complet qu’informé, d’autant plus intelligible que le premier quart de l’essai présente Saint-Domingue avant l’embrasement de l’été 1791 […]. Tenue pour la « Perle des Antilles », cette « île à sucre » est plus que florissante à l’heure où émerge l’affirmation politique des droits de l’homme, mais son exceptionnelle réussite repose sur un implacable régime ségrégationniste au fondement raciste […]. Dubois ne masque rien, sans égarer jamais. Sorti vainqueur, par une formidable habileté politique, des tensions qui l’opposent à Dieudonné, à Sonthonax et Rigaud, Toussaint Louverture croit un temps pouvoir assurer la liberté selon ses vues. De son propre aveu, dictateur et prophète, il échoue cependant, mais l’irrémédiable est là : la première république noire du monde. Rendant avec brio l’émergence de la conscience des Noirs comme les inflexions successives du processus révolutionnaire dans l’île, Dubois établit clairement que c’est là sans doute, dans le bruit et la fureur, que les idéaux démocratiques ont été le plus radicalement défendus. Une leçon à retenir. » (Philippe-Jean Catinchi, Le Monde des Livres)

Préface de Jean Casimir

L’auteur : Laurent Dubois est maître de conférences au département d’Histoire de l’Université d’État du Michigan (États-Unis). Avengers of the New World. The Story of the Haitian Revolution a paru aux Harvard University Press en 2004.

ISBN : 978-2-915596-13-7
Novembre 2005, 23 x 15 cm, 448 pages, 28 € (+ 2 € de participation aux frais de port)