Neutres et neutralité dans l’espace atlantique durant le long XVIIIe siècle

VisuelNeutresEric Schnakenbourg (dir.)
Neutres et neutralité dans l’espace atlantique durant le long XVIIIe siècle (1700-1820). Une approche globale
Neutrals and Neutrality in the Atlantic World during the long Eighteenth Century (1700-1820). A global approach

Avec la croissance des échanges internationaux, l’exacerbation des rivalités coloniales et l’amplification des pratiques de guerre, les questions relatives à la neutralité dans l’espace atlantique acquièrent une importance inédite au xviiie siècle. Dès que la guerre éclate, les pavillons neutres cherchent à profiter d’une conjoncture qui est tout à la fois favorable et périlleuse. Qu’ils appartiennent à des puissances établies en Amérique ou dépourvues de colonies, qu’ils proposent une simple couverture sous leurs couleurs, un véritable service de transport, ou que leurs territoires servent à assurer les échanges entre belligérants, les neutres sont des acteurs incontournables des conflits qui touchent l’espace atlantique. L’étude de la neutralité révèle les tensions entre les logiques de guerre et les logiques négociantes qui manifestent, autant l’une que l’autre, l’intensité des relations au sein du monde atlantique. C’est pourquoi la neutralité doit être étudiée comme une réalité transversale inscrite dans un espace marqué par la fluidité des circulations. Elle impose de dépasser les cadres nationaux pour promouvoir une approche ouverte des interconnections afin d’envisager à nouveaux frais les questions relatives à la neutralité et au rôle des neutres au cours du long  XVIIIe siècle. Cette approche, qui participe du décloisonnement spatial et thématique de l’histoire atlantique, permet d’embrasser dans une même perspective aussi bien « les » Amériques, septentrionale, intertropicale et méridionale, que l’Europe. La neutralité atlantique est une arène au sein de laquelle se nouent des relations entre Européens, entre Américains, et entre Européens et Américains. Elle peut être envisagée comme une entrée dans la réflexion sur la formation d’un espace euroaméricain économique, juridique et diplomatique..

Éric Schnakenbourg est professeur d’Histoire moderne à l’université de Nantes et directeur du Centre de Recherche en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA). Il est spécialiste de l’histoire des relations internationales en Europe et dans l’espace atlantique aux XVIIe et XVIIIe siècles.

ISBN : 978-2-37125-014-7
Novembre 2015, 23 x 15 cm, 484 pages, 29,90 € (+ 3,10 € de participation aux frais de port)

La Guerre civile américaine, d’Elisée Reclus

Élisée Reclus,
La Guerre civile américaine
1862-1864

C’est en 1864, quelques mois avant la reddition finale de l’armée confédérée, qu’Élisée Reclus, historien et géographe, anarchiste et pacifiste, a publié initialement ce texte remarquable, où il retrace, au moment où  il s’écrit, un conflit qui a été la première guerre moderne de l’histoire et dont la fin de l’esclavage en Amérique n’était pas le moindre des enjeux.

Extrait : « En Virginie, chaque camp se transforme immédiatement en forteresse, chaque attaque se complique d’un siège. Il faut ajouter que l’histoire n’offre peut-être pas d’exemple d’une lutte dans laquelle les adversaires, généraux et soldats, aient montré à la fois plus de force d’attaque et de courage passif, plus d’initiative et d’indomptable ténacité. De part et d’autre, le nombre des victimes a témoigné de cette volonté puissante que les Anglo-Saxons du Nouveau-Monde apportent dans toutes leurs entreprises, celles de la guerre aussi bien que celles de la paix. »

ISBN : 978-2-915596-47-2

Août 2010, 19.5 x 13 cm, 192 pages, 13 €

Guillaume Tell, de Florian

Florian
Guillaume Tell, ou la Suisse libre

Écrit en prison sous la Révolution française, ce récit d’un des mythes fondateurs de la nation suisse est un vibrant hommage à la liberté.

Le contexte : C’’est alors qu’il se trouvait emprisonné dans la « maison de suspicion » de Port-Libre, en 1794, que Florian débuta la composition d’un long poème en prose intitulé Guillaume Tell ou la Suisse libre ; il l’’acheva peu de temps après, juste avant de mourir.

L’histoire : Guillaume Tell est un héros des mythes fondateurs de la Suisse. Il aurait vécu dans le canton d’Uri au début du XIVe siècle. Selon la tradition, c’était un ancien mercenaire, retiré dans ses montagnes et connu pour être un expert dans le maniement de l’arbalète. À l’époque, l’empereur d’Autriche (un Habsbourg) cherchait à dominer le canton. Son gouverneur autrichien, Hermann Gessler, nouvellement nommé en tant que bailli, érigea un poteau sur la place centrale du village d’Altdorf et y accrocha son chapeau, dans le but d’obliger tous les habitants à se courber devant, afin de mettre à l’épreuve la loyauté de la population. Or, Guillaume Tell passa un jour avec son fils devant le poteau coiffé sans accomplir la procédure exigée ; arrêté, il continua à refuser d’accomplir ce geste obligatoire. Le bailli Gessler lui ordonna, sous peine de mise à mort, de percer d’un carreau une pomme posée sur la tête de son fils, à l’aide de son arbalète. Tell réussit l’exploit de couper le fruit dès son premier carreau sans toucher l’enfant. Mais Gessler avait vu que Tell dissimulait un second carreau sous sa chemise et lui en demanda la raison. Tell répondit que si le premier trait avait manqué sa cible, le second aurait été droit au cœur du bailli. Ce commentaire insolent enragea Gessler qui fit arrêter et jeter Guillaume Tell en prison sur le champ. Le bailli partit ensuite pour l’Autriche avec le prisonnier, qui s’évada et le tua. Cet épisode héroïque aurait été à l’origine de la rébellion des Suisses contre les ducs d’Autriche, qui conduisit à l’unification des cantons historiques et à l’indépendance de la Suisse.

Préface de Jean-Luc Gourdin, auteur d’une biographie de Florian parue aux éditions Ramsay en 2002.

ISBN : 978-2-915596-48-9

Janvier 2009, 20 x 13 cm, 128 pages, 11 €

La Fondation de la Nouvelle France

 François-Xavier Garneau,
La Fondation de la Nouvelle-France.
De la découverte de l’Amérique à la paix de Saint-Germain (1632)

L’auteur : François-Xavier Garneau est né à Québec le 15 juin 1809 et décédé dans sa ville natale dans la nuit du 2 au 3 février 1866. Son Histoire du Canada français, de sa découverte jusqu’à nos jours, vaste fresque totalisant plus de 1600 pages, fut la grande œuvre de sa vie. L’édition définitive (la dernière de son vivant) parut en 1859 et lui valut le titre d’« historien national du Canada ».

Extrait : « Le traité de Cambrai avait rendu la paix au royaume. Philippe Chabot, amiral de France, voyant le succès des Espagnols et des Portugais dans l’Amérique centrale et méridionale, où ils soumettaient sans effort d’immenses contrées à leur domination, proposa au roi de reprendre ses desseins sur le nouveau monde, afin de tirer, comme eux, de grandes richesses des pays qu’il pourrait occuper. Les pêcheries considérables que les Français avaient sur les côtes de Terre-Neuve étaient un premier acheminement vers ce but. »

ISBN : 978-2-915596-49-6

Janvier 2009, 20 x 13 cm, 160 pages, 12 €

Fondation de la République des Pays-Bas

Edgard Quinet,
Fondation de la République des Pays-Bas

Dans cet ouvrage, l’historien républicain français Edgar Quinet (1803-1875) relate « l’histoire des troubles des Pays-Bas, chaos sanglant d’où surgit à la fin la république néerlandaise ».

Extrait : « Les peuples, sans pouvoir expliquer le motif de leur aversion soudaine, refusaient d’entrer par la porte nouvelle où le roi catholique avait juré de les engager. Ils étaient pleins d’épouvante, leur chair se hérissait, ils respiraient d’avance l’odeur du sang qui n’était pas encore versé, ils cherchaient partout en mugissant quelque issue pour se dérober à leur divin pasteur. »

Présentation et notes de Marie-Thérèse Lorain, agrégée d’histoire et auteur de Guillaume Lejean, voyageur et géographe (éditions Les Perséides, 2007).

ISBN : 978-2-915596-64-9

Août 2010, 20 x 13 cm, 228 pages, 18 €

Guillaume le Conquérant

Pauline de Witt et François Guizot,
Guillaume le Conquérant, ou l’Angleterre sous les Normands
(1027-1087)

Extrait : « Au XIe siècle, à peine au sortir de la barbarie, sans aucun des moyens que nous donnent aujourd’hui la civilisation et la science, le duc Guillaume a rassemblé, embarqué, transporté au-delà de la Manche, débarqué sur un sol ennemi, plus de trente mille hommes, et à peine débarqué, il a gagné des batailles, il a conquis un royaume […]. Il a fait bien plus : il a fondé un État. Et son œuvre dure encore des siècles et des siècles après. C’est un phénomène rare que des invasions qui fondent des États. Guillaume a accompli cette œuvre » (François Guizot, discours prononcé le 26 octobre 1851 pour l’érection de la statut équestre du duc à Falaise).

ISBN : 978-2915596-76-2

Février 2012, 20 x 13 cm, 160 pages, 15 €

Histoire de l’Europe, de Henri Pirenne

Henri Pirenne, Histoire de l’Europe, des invasions au XVIe siècle

Présentation : Écrite durant la Première Guerre mondiale alors que l’auteur se trouvait en captivité en Allemagne, l’Histoire de l’Europe de Henri Pirenne est une œuvre de premier plan, qui a été traduite dans de nombreuses langues après sa parution en 1936. C’était en effet la première que l’on publiait une histoire globale du continent européen, et l’exposé, clair et synthétique, touchant à la fois à l’histoire politique, sociale et économique, n’a rien perdu de son intérêt aujourd’hui. L’ambition du projet au regard du cadre géographique et de la période étudiée, qui va de l’effondrement de l’Empire romain à la Réforme, repose sur une vision très nette des grands mouvements de l’histoire (développement des villes, formation des États modernes), et sur une attention toute particulière portée par l’auteur à la circulation des idées ainsi qu’à l’évolution de l’organisation sociale. Enfin, la prise en compte des rapports de l’Europe avec le monde extérieur (invasions, croisades, échanges commerciaux, explorations) achève de faire de ce livre une lecture indispensable pour tous ceux, amateurs d’histoire ou spécialistes, qui cherchent à bien comprendre les fondements de notre civilisation.

ISBN : 978-2-915596-72-4

Mai 2011, 23 x 15 cm, 560 pages, nombreuses illustrations, 30 €

Cosmopolitismes, patriotismes, Europe et Amériques

 Marc Belissa et Bernard Cottret (dir.), Cosmopolitismes, patriotismes en Europe et aux Amériques, 1773-1802.

Présentation : Peut-on aimer sa patrie sans oublier les devoirs d’humanité qui unissent tous les hommes ? Naguère encore, les historiens opposaient volontiers un cosmopolitisme des élites à un patriotisme « bourgeois » et « national ». Des travaux plus récents ont remis en cause cette dichotomie étroitement déterministe. Alphonse Aulard, au début du siècle dernier, avait déjà insisté sur l’inadéquation des catégories du « nationalisme » et de « l’internationalisme » de son temps pour comprendre la manière dont les hommes des Lumières et les « patriotes » révolutionnaires avaient analysé les relations entre les peuples. Les événements politiques actuels, la globalisation de l’économie, la construction européenne ont relancé l’intérêt des chercheurs pour les droits de l’humanité et la souveraineté des nations. Le « patriotisme exclusif » et le « cosmopolitisme de système », comme le déclarait l’abbé Grégoire en 1792, sont les deux faces d’un même oubli. Les révolutionnaires américains, bataves, belges, liégeois, genevois, français, haïtiens, les patriotes européens partisans de la Révolution française, ont tous réfléchi à des degrés divers aux implications pratiques de cette dialectique entre l’universel et le singulier. C’est ce que cet ouvrage se propose de démontrer à travers un certain nombre d’études et d’exemples connus et moins connus — la Révolution genevoise ou l’insurrection de Tupac Amaru II au Pérou — qui éclaireront tous ceux qui s’intéressent au phénomène révolutionnaire à l’œuvre en Europe et aux Amériques à la fin du XVIIIe siècle. L’ouvrage est suivi d’une chronologie qui sera très utile aux étudiants..

Contributions de Marc Belissa, Anne-Marie Brenot, Bernard Cottret, Monique Cottret, Annie Duprat, Edmond Dziembowski, Jean-Pierre Gross, Jean-Yves Guiomar, Georges Lomné, Renaud Morieux, Bertrand Van Ruymbeke.

Les auteurs : Marc Belissa est maître de conférences à l’université Paris X Nanterre. Il a participé à de nombreux ouvrages collectifs et a publié notamment Fraternité Universelle et Intérêt National, 1713-1795. Les cosmopolitiques du droit des gens (Kimé, 1998), ainsi qu’une édition des Principes des négociations (1757) de Gabriel Bonnot de Mably aux mêmes éditions en 2001.
Bernard Cottret est professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin, membre senior de l’Institut Universitaire de France. Il est l’auteur, entre autres, de La Révolution américaine (Tempus, 2004), de nombreuses biographies (Calvin, etc.) et, avec Monique Cottret, de Jean-Jacques Rousseau en son temps (Perrin, 2005).

ISBN : 978-2-915596-10-6

Mai 2005, 23 x 15 cm, 224 pages, 18 €

Les Deux Princes de Calabar

Randy J. Sparks, Les Deux Princes de Calabar. Une odyssée transatlantique à la fin du XVIIIe siècle, traduit de l’anglais (USA).

Présentation : Ce récit historique, basé sur une authentique correspondance, raconte une histoire vraie. Celle de deux princes vivant de la traite des esclaves dans le Vieux Calabar, l’actuel Nigeria. Capturés par des négriers anglais en 1767, ils sont ensuite eux-mêmes déportés comme esclaves dans le Nouveau Monde, d’abord en Dominique, puis, trompés par un capitaine de navire, en Virginie. De retour à Bristol après une nouvelle évasion, Ancona Robin John et Little Ephraïm se convertissent au méthodisme et, avec l’aide des milieux abolitionnistes anglais, pour qui leur cas devient un symbole, réussissent à recouvrer officiellement leur liberté. Ils rentrent alors en Afrique, où ils renouent avec leur ancienne activité de marchands d’esclaves.

L’ouvrage que nous offre ici Randy Sparks est singulier à plus d’un titre, et même exceptionnel. Il nous plonge au cœur du monde atlantique de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il s’agit bien d’une odyssée. Mais à la différence des périples mythiques d’un Ulysse, celle dont il est question ici conforte les travaux désormais nombreux des historiens tout en éclairant et en ‘dépaysant’ l’honnête homme peu au fait des acquis de la recherche […]. Remercions Randy Sparks d’avoir su, avec le talent d’un conteur et la force de l’historien, nous aider à mieux comprendre ce passé. (Olivier Pétré-Grenouilleau)

Préface d’Olivier Pétré-Grenouilleau

L’auteur : Randy Sparks est Associate Professor au département d’Histoire de l’Université d’État de Tulane (États-Unis) et directeur du Deep South Humanities Center. The Two Princes of Calabar a paru aux Harvard University Press en 2005.

Septembre 2007, 21 x 14 cm, 160 pages, 16 €

 

La Guerre d’indépendance cubaine, une révolution que le monde a oubliée

Ada Ferrer, La Guerre d’indépendance cubaine. Insurrection et émancipation à Cuba 1868-1898, traduit de l’anglais (US) par Thomas Van Ruymbeke.

Au dix-neuvième siècle, des dizaines de milliers d’individus ont mené, sur l’île de Cuba, une révolution contre un empire vieux de plus de quatre cents ans. Ce soulèvement ne s’est pas produit à l’Âge de la Révolution, durant lequel la plupart des colonies ibériques de l’hémisphère occidental ont acquis leur souveraineté politique ; il a eu lieu un peu plus tard, dans la dernière partie du dix-neuvième siècle. Ainsi, au moment où l’Europe se ruait vers de nouvelles colonies, en Afrique et en Asie, la révolution cubaine remettait en cause la domination de la plus ancienne puissance coloniale européenne. Ce faisant, elle remettait également en cause l’un des principaux courants idéologiques du dix-neuvième siècle. En effet, à une époque de racisme triomphant, où les scientifiques soupesaient les crânes et où des foules blanches lynchaient les Noirs dans le sud des États-Unis, les chefs des rebelles cubains ont osé dénier toute existence à la race, et c’est une puissante armée de libération multiraciale qui a mené ce combat pendant plus de trente ans, à l’image de l’un de ses chefs emblématiques, Antonio Maceo.

Ce livre retrace l’histoire de cette révolution, depuis son éclosion jusqu’à son échec final : il montre comment elle se fit jour au sein d’une société coloniale esclavagiste, comment elle subvertit, et réinventa en même temps dans ses rangs, les modes de pensée de cette société, et comment elle aboutit, finalement, à un échec de l’émancipation, puisqu’elle fit passer Cuba du joug direct d’un empire — l’Espagne — à la domination indirecte d’un autre : les États-Unis.

L’auteur : Ada Ferrer enseigne l’histoire de l’Amérique latine et de la Caraïbe à l’Université de New York. Insurgent Cuba. Race, Nation and Revolution, 1868-1898 a paru aux University of North Carolina Press en 1999.

ISBN : 978-2-915596-60-1

Avril 2010, 23 x 15 cm, 320 pages, 26 €