Les Corsaires insurgés de l’Amérique espagnole

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Nicolas Terrien
« Des patriotes sans patrie »
Histoire des corsaires insurgés de l’Amérique espagnole
(1810-1825)

« Il avait été émerveillé en constatant que, parmi tous ceux qui se déclaraient être des insurgés mexicains, carthaginois, margaritains et porteños, à peine se trouvaient quelques Espagnols. La plupart des corsaires étaient français, italiens, nord‑américains et quelques autres anglais ; ces patriotes, sans patrie, n’avaient jamais été au Mexique, à Carthagène, à Margarita, et encore moins à Buenos Aires » (Rapport du consul d’Espagne en Louisiane sur les déclarations d’un ancien prisonnier des corsaires insurgés, 1817).

Question d’histoire atlantique, située dans une période de bouleversements propices à la redéfinition des hiérarchies sociales et des identités individuelles ou collectives, la course insurgée était internationale et composite, liée aux circulations intra‑américaines et transatlantiques d’une multitude d’acteurs de toutes nationalités, aux statuts variés et instables : riches créoles et fonctionnaires espagnols, esclaves soulevés, indiens captifs et marins endettés, aventuriers opportunistes et révolutionnaires dévoués. Les insurgés surent mobiliser dans ce monde souvent interlope les ressources nécessaires pour fomenter la course insurgée, et porter ainsi sur les mers leur lutte contre l’Espagne, de Cadix à Lima, en passant par Buenos Aires et, surtout, la Caraïbe et le golfe du Mexique. L’expédition de lettres de marque devint alors pour l’insurrection un instrument de première importance pour affirmer sa souveraineté puis garantir les indépendances et leurs reconnaissances.

Doctorant en Histoire à l’Université de Nantes (CRHIA), Nicolas Terrien est allocataire de recherche du LabEx EHNE et membre du projet STARACO. Ses recherches portent sur la souveraineté et la construction des nouveaux États indépendants dans la Caraïbe et le golfe du Mexique lors des révolutions atlantiques, au travers plus particulièrement de l’étude des différents acteurs de la course et de la piraterie. Il prépare une thèse, sous la direction de M. Clément Thibaud, intitulée Prédation maritime et révolutions atlantiques : une histoire sociale entre Europe et Amérique (1793-1823).

ISBN : 978-2-37125-011-6
Mai 2015, 23 x 15 cm, 384 pages, 26 € (+ 4 € de participation aux frais de port)

Ci-dessous une recension de Gilbert Buti parue dans la revue « Le mouvement social » :

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L’Amiral d’Estaing : de la guerre de Sept ans à la guerre d’indépendance américaine

François Blancpain,
L’Amiral d’Estaing, serviteur et victime de l’Etat  (1729-1794)

L’amiral d’Estaing est un parangon des excès. Excès de bravoure et de dévouement pendant les batailles qu’il a livrées sur terre et sur mer. Excès d’autorité dans ses relations avec ses subordonnés et ses administrés. Excès de générosité, même envers ses ennemis. Et les aléas de l’histoire lui ont procuré des excès d’honneur, suivis de la mort la plus humiliante sous la Terreur révolutionnaire. De la guerre de Sept Ans à la guerre d’indépendance américaine, en passant par la colonie française de Saint-Domingue, l’histoire de sa vie est plus passionnante encore qu’un récit débordant d’imagination. Un cinéaste en ferait, selon ses talents, un prodigieux film d’aventures ou un détestable mélodrame. Plus simplement, l’auteur a cherché à nous en donner une relation la plus franche possible.

L’auteur : François Blancpain, ancien élève de l’Ecole Nationale de la France d’outre mer et du CPA, a produit plusieurs ouvrages qui couvrent l’ensemble de l’histoire de Saint Domingue, des origines au milieu du XXe siècle. Il a notamment traité des relations d’Haïti avec la France, avec les Etats Unis et avec la République dominicaine. Le présent ouvrage porte sur le changement fondamental qui a fait passer une colonie peuplée d’esclaves en un état indépendant peuplé de citoyens.

Août 2012, 21 x 14 cm, 160 pages, 18 €

La Guerre de Sept ans : le premier conflit mondial de l’histoire

Jonathan R. Dull, La Guerre de Sept ans. Histoire navale, politique et diplomatique, traduit de l’anglais (US) par Thomas Van Ruymbeke.

La guerre de Sept Ans est le premier conflit mondial de l’histoire de l’humanité. Elle consiste principalement en deux affrontements majeurs qui se sont déroulés, l’un en Amérique du Nord, l’autre en Europe. Le premier commença en Pennsylvanie en 1754 et s’acheva avec la fin. du Canada français en 1760 ; le second débuta en Bohème en 1756 et ne prit fin qu’à l’automne 1762. La guerre de Sept Ans a touché cinq continents, de l’Inde à la Caraïbe, impliqué toutes les grandes puissances de ce temps (France, Grande-Bretagne, Prusse, Autriche, Russie, Espagne, pour ne citer que les principaux belligérants) et redessiné la carte géopolitique du monde. Pour la première fois, un historien réussit le tour de force de retracer la chronologie des faits en embrassant l’ensemble des fronts d’une guerre dont les conséquences furent dramatiques pour la France, qui y perdit ses colonies nord-américaines. Il s’agit cependant tout autant d’une histoire navale que d’une histoire politique, puisque le fil conducteur de cette histoire est le rôle de la marine française dans une guerre dont l’issue s’est jouée avant tout sur les mers. S’il montre les difficultés rencontrées par Louis XV et ses différents ministres (Machault, Choiseul…) tout au long du conflit, Jonathan Dull explique aussi comment la France réussit à préserver l’avenir de sa flotte, qui serait de nouveau opérationnelle quinze ans plus tard lors de la guerre d’indépendance américaine.

Le texte est assorti de nombreuses annexes tirées des archives de la marine française. Premier ouvrage global publié en France sur un conflit dont l’importance est encore mal connue, La Guerre de Sept Ans de Dull présente un intérêt de tout premier plan au regard de l’histoire navale et diplomatique de la France.

Préface d’Edmond Dziembowski

L’auteur : Jonathan R. Dull est l’éditeur scientifique des Papers of Benjamin Franklin. The French Navy and the Seven Years’ War a paru aux Nebraska University Press en 2005.

ISBN : 978-2915596366

Janvier 2009, 23 x 15 cm, 536 pages, 35 €