Cocaïne andine : histoire d’une drogue globale

Paul Gootenberg
Cocaïne andine. L’invention d’une drogue globale
traduit de l’anglais (USA) par Thomas Van Ruymbeke
en coédition avec les Presses Universitaires de Rennes.

Dans cette étude novatrice et solidement documentée qui relate un chapitre aussi méconnu qu’emblématique de l’histoire de la globalisation, Paul Gootenberg entreprend de retracer l’essor irrésistible de l’un des produits d’exportation les plus fascinants – et désormais illégal– de l’Amérique latine : la cocaïne, ainsi que celui de la plante andine dont elle dérive, la coca.
Gootenberg retrace l’histoire de la cocaïne depuis ses origines et le succès foudroyant qu’elle connut au départ comme produit médical révolutionnaire à la  fin du XIXe siècle, jusqu’à la répression qui s’est abattue sur elle dans la première moitié du XXe siècle puis sa réapparition spectaculaire comme drogue illicite après la Deuxième Guerre mondiale. Pour retracer les transformations successives de la cocaïne, il faut convoquer une foule d’individus, de produits, de disciplines et de processus divers et variés : Sigmund Freud, le Coca-Cola et Pablo Escobar font des apparitions attendues dans ces pages, incarnations de ces influences « globales » qui ont forgé l’histoire de la cocaïne depuis le commencement. Mais Gootenberg s’écarte également de l’histoire connue et nous éclaire sur le rôle joué par des acteurs andins essentiels mais demeurés jusqu’ici dans l’ombre, tel que le pharmacien péruvien qui a développé les techniques de transformation du produit à l’échelle industrielle, ou les hommes qui ont mis en place les premiers réseaux clandestins, ceux-là même dont allaient s’emparer, bien des années après, les narcotrafiquants colombiens.
Cocaïne andine se révèle, au fil des pages, une lecture indispensable pour comprendre ce qui demeure l’un des problèmes les plus épineux des sociétés américaines de la fin du XXe et du début du XXIe siècle : l’épidémie de cocaïne des années 1980, et, dans son sillage, l’interminable guerre contre la drogue que continuent à mener les États-Unis dans les Andes.

L’auteur : Paul Gootenberg est professeur d’histoire à l’université Stony Brook de New York. Il est l’auteur de quatre autres ouvrages consacrés à l’argent et au guano péruviens, ainsi qu’à la politique économique du Pérou d’après l’indépendance.

ISBN : 978-2-7535-2835-2
Décembre 2013, 24 x 16 cm, 452 pages, 24 €

Les Îles à sucre, de la colonisation à la mondialisation

Jean Crusol, Les Îles à sucre.
De la colonisation à la mondialisation

Présentation : La plupart des sociétés insulaires de la Caraïbe, ainsi que quelques îles de l’Océan Indien — Réunion et Maurice —, du Pacifique — Hawaï et Fidji — et de l’Océan Atlantique — les îles du Cap Vert, Bioko (Fernando Poo), Sao Tome et Principe — ont une même origine historique : la colonisation et l’économie sucrière insulaire. Pourtant, si ce sont toutes d’anciennes « îles à sucre », elles sont aujourd’hui très différentes les unes des autres. Au plan politique, certaines sont indépendantes, d’autres ont institutionnellement été intégrées à un grand pays occidental, d’autres ont un statut d’autonomie. Au plan économique, certaines ont des indicateurs parmi les plus élevés du monde, d’autres se situent au niveau intermédiaire, d’autres encore sont parmi les pays les plus pauvres de la planète. Comment ces sociétés en sont-elles arrivées là ? Pourquoi ont-elles évolué vers des statuts politiques différents ? Pourquoi leurs niveaux de développement économique et social divergent-ils si fortement aujourd’hui ? Et face au contexte actuel de la globalisation, quelles perspectives leur sont réservées ? Telles sont les principales questions auxquelles tente de répondre cet ouvrage. Pour ce faire, l’auteur étudie la formation historique d’un certain nombre de ces sociétés insulaires. Dans la Caraïbe, l’ensemble des îles de l’archipel, de Cuba à Trinidad, y compris les Guyanes ; dans l’Océan Indien, La Réunion et l’Ile Maurice, et dans le Pacifique, les îles Hawaï. Il décrit les principaux changements et ruptures qui ont marqué leur histoire : la colonisation, la fondation du modèle de l’économie sucrière esclavagiste insulaire, les abolitions, les modifications sociales, et économiques post-abolitionnistes, les ajustements face à la première phase de la mondialisation et les conséquences de l’effondrement du commerce mondial dans la première moitié du XXe siècle, la mise en place des statuts politiques actuels, le déclin du modèle de l’économie sucrière insulaire, les processus de modernisation économique et sociale, et enfin, les principaux enjeux auxquels ces îles sont confrontées aujourd’hui.

Prix Fetkann 2008, catégorie « recherche ».

L’auteur : Jean Crusol est docteur en sciences économiques et professeur à l’Université des Antilles et de la Guyane. Ancien député européen et vice-président du Conseil régional de la Martinique, il est l’un des spécialistes de tout premier plan des économies insulaires.

Octobre 2007, 23 x 15 cm, 544 pages, 35 €