Couleurs, esclavages, libérations coloniales (Europe, Amériques, Afrique)

Claire Bourhis-Mariotti, Marcel Dorigny, Bernard Gainot, Marie-Jeanne Rossignol & Clément Thibaud (dir.)
Couleurs, esclavages, libérations coloniales. Réorientation des empires, nouvelles colonisations (Europe, Amériques, Afrique 1804-1860)

La thématique développée dans cet ouvrage est la mutation paradoxale du système colonial européen hérité des « découvertes » de la fin du XVe siècle durant la période 1804-1860, avant que ne se réalisent à grande échelle les nouvelles conquêtes européennes et que ne s’ouvre une nouvelle ère « impérialiste ». Phénomène global, cette mutation a affecté les trois aires géographiques du monde atlantique, mais aussi les sociétés coloniales de l’océan Indien. La nouvelle orientation coloniale reposait sur trois postulats : abolir la traite et l’esclavage, à la fois au nom des droits de l’homme et de la recherche d’une efficacité économique maximale, dans le cadre des nouvelles conceptions de la division du travail, du salariat, de la mécanisation et des échanges internationaux ; implanter en Afrique des « établissements », agricoles et commerciaux, afin de mettre en valeur ce continent — désormais épargné par le fléau de la traite négrière — selon les normes et les méthodes de l’Europe qui se donnait dès lors la « mission de civiliser » l’Afrique en lui apportant ses Lumières ; redéfinir les relations de travail au sein même des « anciennes colonies » pour perpétuer le cadre de la monoculture extensive, en ayant recours à des contrats de location de la force de travail, ou de partage inégalitaire des produits de la récolte. Cette large perspective révèle la cohérence de cette période cruciale longtemps négligée par l’historiographie, pendant laquelle se met en place l’arsenal idéologique des colonisations futures.

Les auteurs : Contributions de Claire BOURHIS-MARIOTTI, Eric BURIN, Virginie CHAILLOU, Gusti-Klara GAILLARD-POURCHET, Bernard GAINOT, Alejandro E. GÓMEZ, Dominique GONCALVÈS, Kate HODGSON, Marta IRUROZQUI, Rahma JERAD, Jean-Pierre LE GLAUNEC, Andréa SLEMIAN, Federica MORELLI, Frédéric RÉGENT, Vertus SAINT-LOUIS, Jean-Pierre SAINTON, Romy SANCHEZ, Éric SAUGERA, Suzanne SCHWARTZ, Pierre SERNA, Andréa SLEMIAN, Clément THIBAUD, Geneviève VERDO, Joseph YANNIELLI.

Septembre 2013, 23 x 15 cm, 416 pages, 28 € (+ 2 € de participation aux frais de port)

L’Atlantique révolutionnaire : une perspective ibéro-américaine

Clément Thibaud, Gabriel Entin, Alejandro Gomez & Federica Morelli (dir.)
L’Atlantique révolutionnaire. Une perspective ibéro-américaine

De la guerre de Sept ans aux émancipations nationales de l’Amérique ibérique, les sociétés européennes et coloniales de l’espace atlantique connaissent une série de ruptures politiques majeures qui redessinent la carte politique des Amériques comme de l’Europe. L’hémisphère occidental se peuple de nouveaux états, républiques ou empires, l’un éphémère – le Mexique –, l’autre durable – le Brésil. Or, si les Révolutions américaine et française, et, depuis peu, haïtienne, ont pris toute leur place dans la séquence prestigieuse des révolutions atlantiques, les indépendances hispano-américaines et brésilienne continuent à apparaître comme des mouvements incomplets ou ratés. Ce jugement sévère ne fait pas justice à la richesse et à la complexité de ces révolutions d’indépendance qui posèrent de façon précoce la question de l’égalité civile et de l’esclavage, au sein de sociétés coloniales où les libres de couleur et les Indiens étaient souvent majoritaires. Rassemblant des contributions de spécialistes reconnus des trois continents de l’Atlantique, L’Atlantique révolutionnaire : une perspective ibéro-américaine traduit la richesse et le dynamisme de l’historiographie actuelle sur le moment révolutionnaire ibérique et ibéro-américain. Il place le sous-continent au centre de l’attention sans pour autant négliger la question devenue classique des imbrications et des interactions impériales, aux Antilles, notamment. Inscrit dans la perspective de la nouvelle histoire atlantique, il explore les dimensions sociales, politiques et « raciales » d’un moment décisif pour la modernité politique et la construction de sociétés plurielles confrontées à la dialectique de la liberté et de l’esclavage, de l’égalité et de la discrimination.

Les auteurs : Contributions d’António de Almeida Mendes, Rossana Barragán, Matthew Brown, Sarah C. Chambers, Manuel Covo, Gabriel Entin, Irene Fatacciu, Alejandro E. Gómez Pernía, Maria González-Ripoll, Tulio Halperín Donghi, Monica Henry, Marixa Lasso, Rafael Marquese, Cecilia Méndez, Federica Morelli, Elías José Palti, Erika Pani, Tâmis Parron, João Paulo G. Pimenta, James E. Sanders, Eric Schnakenbourg, Clément Thibaud, Johanna Von Grafenstein, Nigel Worden.

ISBN : 978-2-915596-95-3

Septembre 2013, 23 x 15 cm, 530 pages, 29.90 €

La Modernité et son autre : la rencontre avec l’indien

Robert Sayre, La Modernité et son autre. Récits de la rencontre avec l’Indien en Amérique du Nord à la fin du dix-huitième siècle.

Présentation : Deux formes de civilisation se sont affrontées dans l’Amérique du Nord du siècle: celle de la modernité capitaliste naissante des colonisateurs, d’une part, et celle, « pré-moderne », des Amérindiens d’autre part… Tel est le sujet de ce livre, qui fait entrer en jeu l’histoire, l’économie et la sociologie, mais aussi l’ethno-histoire et l’anthropologie. On comprendra en lisant ces pages pourquoi et comment, à cette époque, le rapport de forces bascula de façon décisive en faveur des colons envahisseurs, et que cette mutation est intimement liée à la genèse de la modernité, en cela que le développement de la société marchande, enracinée à ses débuts dans l’agriculture, dépendait directement de l’expropriation des terres indiennes. Cet ouvrage se veut avant tout centré sur l’étude de textes relevant de genres divers, en particulier le récit de voyage en territoire indien, qui fait, à l’époque, figure de best-seller avant la lettre. Ceux qui sont analysés ici permettent d’appréhender les différents modes de représentation adoptés par les voyageurs anglo-américains, comme le botaniste quaker William Bartram, ou français, comme le baron de Lahontan ou le père jésuite Charlevoix. Partis explorer les environs des Grands Lacs ou la Floride, ils sont allés, chacun à leur façon, à la rencontre de l' »autre ». Cet ouvrage s’accompagne d’illustrations et, en annexe, d’une chronologie des événements historiques, des voyages et des publications.

Cartes et illustrations à l’intérieur.

L’auteur : Robert Sayre est originaire des États-Unis. Il a été étudiant à l’Université de Columbia et enseignant à Harvard avant de s’installer en France. Aujourd’hui professeur d’études anglo-américaines à l’Université Paris Est Marne-la-Vallée, il est l’auteur de plusieurs livres, dont Révolte et Mélancolie : le romantisme à contre-courant de la modernité, Pavot, 1992 (publié en collaboration avec M. Löwy).

ISBN : 978-2-915596-37-3

Octobre 2008, 23 x 15 cm, 256 pages, 20 €

Cosmopolitismes, patriotismes, Europe et Amériques

 Marc Belissa et Bernard Cottret (dir.), Cosmopolitismes, patriotismes en Europe et aux Amériques, 1773-1802.

Présentation : Peut-on aimer sa patrie sans oublier les devoirs d’humanité qui unissent tous les hommes ? Naguère encore, les historiens opposaient volontiers un cosmopolitisme des élites à un patriotisme « bourgeois » et « national ». Des travaux plus récents ont remis en cause cette dichotomie étroitement déterministe. Alphonse Aulard, au début du siècle dernier, avait déjà insisté sur l’inadéquation des catégories du « nationalisme » et de « l’internationalisme » de son temps pour comprendre la manière dont les hommes des Lumières et les « patriotes » révolutionnaires avaient analysé les relations entre les peuples. Les événements politiques actuels, la globalisation de l’économie, la construction européenne ont relancé l’intérêt des chercheurs pour les droits de l’humanité et la souveraineté des nations. Le « patriotisme exclusif » et le « cosmopolitisme de système », comme le déclarait l’abbé Grégoire en 1792, sont les deux faces d’un même oubli. Les révolutionnaires américains, bataves, belges, liégeois, genevois, français, haïtiens, les patriotes européens partisans de la Révolution française, ont tous réfléchi à des degrés divers aux implications pratiques de cette dialectique entre l’universel et le singulier. C’est ce que cet ouvrage se propose de démontrer à travers un certain nombre d’études et d’exemples connus et moins connus — la Révolution genevoise ou l’insurrection de Tupac Amaru II au Pérou — qui éclaireront tous ceux qui s’intéressent au phénomène révolutionnaire à l’œuvre en Europe et aux Amériques à la fin du XVIIIe siècle. L’ouvrage est suivi d’une chronologie qui sera très utile aux étudiants..

Contributions de Marc Belissa, Anne-Marie Brenot, Bernard Cottret, Monique Cottret, Annie Duprat, Edmond Dziembowski, Jean-Pierre Gross, Jean-Yves Guiomar, Georges Lomné, Renaud Morieux, Bertrand Van Ruymbeke.

Les auteurs : Marc Belissa est maître de conférences à l’université Paris X Nanterre. Il a participé à de nombreux ouvrages collectifs et a publié notamment Fraternité Universelle et Intérêt National, 1713-1795. Les cosmopolitiques du droit des gens (Kimé, 1998), ainsi qu’une édition des Principes des négociations (1757) de Gabriel Bonnot de Mably aux mêmes éditions en 2001.
Bernard Cottret est professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin, membre senior de l’Institut Universitaire de France. Il est l’auteur, entre autres, de La Révolution américaine (Tempus, 2004), de nombreuses biographies (Calvin, etc.) et, avec Monique Cottret, de Jean-Jacques Rousseau en son temps (Perrin, 2005).

ISBN : 978-2-915596-10-6

Mai 2005, 23 x 15 cm, 224 pages, 18 €

Sociétés, colonisations et esclavages dans le monde atlantique

Cécile Vidal & François-Joseph Ruggiu (dir.), Sociétés, colonisations et esclavages dans le monde atlantique. Une historiographie des sociétés américaines des XVIe-XIXe siècles.

Présentation : Depuis quelques années se fait jour dans la société française un ensemble d’interrogations sur les réalités historiques de la colonisation. Un certain nombre de controverses ont animé le paysage scientifique mais aussi médiatique, notamment sur les phénomènes de la traite et de l’esclavage qui ont dramatiquement relié l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Le débat public s’est pourtant peu intéressé aux premiers temps de la colonisation européenne, du XVe au XVIIe siècle. Or il est essentiel de se demander comment les différentes populations qui se sont retrouvées, de gré ou de force, dans l’espace américain ont pu vivre ensemble et construire des sociétés et des cultures originales. L’objet de cet ouvrage est de faire le point sur ces questions très débattues en présentant les différents courants d’interprétation en présence, en esquissant les évolutions futures et en fournissant les pistes de lecture nécessaires à une meilleure compréhension des sociétés américaines de la période moderne. Une de ses originalités est de prendre en compte l’ensemble de l’espace américain — du Canada à la Terre de Feu en passant par la Nouvelle-France, les Treize colonies nord-américaines, l’aire caraïbe, le Mexique ou encore le Brésil… Ce livre est donc un point de départ indispensable pour qui souhaite commencer à travailler sur les sociétés nouvelles nées aux Amériques de la rencontre entre Amérindiens, Européens et Africains dans le contexte de la colonisation et de l’esclavage. Il adopte une approche globale des principaux problèmes qui se posaient à elles : l’esclavage bien sûr, mais aussi les relations euro-amérindiennes ou encore le rôle des villes dans les sociétés américaines.

Contributions de Thomas Calvo, Christophe Giudicelli, Gilles Havard, Dominique Rogers, François-Joseph Ruggiu, Bertrand Van Ruymbeke, Cécile Vidal, Laurent Vidal.

L’auteur : Cécile Vidal est maître de conférences à I’EHESS. Ses travaux portent sur l’histoire atlantique et l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord. François-Joseph Ruggiu est professeur d’histoire moderne à l’Université de Paris-Sorbonne. Il travaille sur les élites dans les mondes atlantiques britanniques et français au XVIIIe siècle.

Mai 2009, 23 x 15 cm, 352 pages, 26 €

Pocahontas, princesse des deux mondes

Audrey Bonnet, Pocahontas, princesse des deux mondes. Histoire, mythe et représentations.

Présentation : Tant d’œuvres de la littérature et du cinéma se sont inspirées de Pocahontas qu’il est souvent difficile de dissocier les faits de leurs nombreuses réécritures. En 1607, une centaine d’hommes débarquent en Virginie dans le but d’établir une colonie au nom de la couronne d’Angleterre. parmi eux se trouve John Smith, un capitaine aux aventures picaresques. Il est capturé par les Powhatans au cours d’une expédition de reconnaissance, et sauvé in extremis de la mort par Pocahontas, la fille du chef. Celle-ci devint l’ange gardien de la colonie de Jamestown. Baptisée et mariée à John Rolfe, un ambitieux planteur de tabac, elle est ensuite emmenée en Angleterre et présentée à la cour comme un trophée. Mais la rencontre initiale entre l’Indienne et Smith pose les jalons d’une légende romantique qui se transforme rapidement en un mythe fondateur de la nation américaine. Dès lors, Pocahontas est une source d’inspiration qu semble intarissable. Au fil des siècles, elle entre dans la littérature et le théâtre, se fait tour à tour icône picturale, génitrice spirituelle, ancêtre précieuse, héroïne pour enfants, et enfin victime silencieuse, selon certains auteurs qui tentent de la réhabiliter en la libérant d’un mythe biaisé.

Une analyse fouillée et captivante du mythe de Pocahontas, l’Indienne européanisée dont le destin exprime à la fois le rêve du métissage, de l’union des peuples et le drame de l’ethnocide. (Gilles Havard)

Préface de Bertrand Van Ruymbeke

L’auteur : Audrey Bonnet est professeur d’anglais et poursuit des recherches sur l’Amérique coloniale. Elle prépare une thèse sur la Virginie au XVIIe siècle.

Article paru dans Le Monde des Livres :

ISBN : 978-2-915596-15-1

Juin 2006, 21 x 14 cm, 160 pages, 18 €

Les Empires de l’Atlantique

Yves Clavaron et Jean-Marc Moura (dir.), Les Empires de l’Atlantique. Figures de l’autorité impériale dans les lettres d’expression européenne de l’espace atlantique XIX-XXI siècles.

Présentation : L’empire correspond à un projet de domination que l’Europe coloniale a largement mis en œuvre. À cet égard, l’océan Atlantique a constitué cet espace majeur de découverte et de conquête, où se sont croisés et souvent affrontés les différents impérialismes européens. Du XIXe au XXIe siècle, l’espace atlantique est ainsi le lieu d’expansion de littératures d’expression européenne, qui se développent également à la faveur des immigrations, écritures diasporiques élaborées entre Europe, Afrique et Amériques. Dans l’esprit des recherches récentes sur l’histoire atlantique et de l’intérêt nouveau des études littéraires pour l’espace océanique, cet ouvrage décrit quelques-unes de ces trajectoires créatives transatlantiques. Il s’agit de vérifier comment se construisent certaines figures de l’autorité (ou de sa contestation) au sein des empires britannique, espagnol, français, néerlandais et portugais, grâce aux contacts et aux échanges entre les lettres europhones, d’où sont nées quelques-unes des aventures intellectuelles et artistiques contemporaines les plus marquantes.

Textes réunis et présentés par Yves Clavaron et Jean-Marc Moura.

Les auteurs : Contributions de K. Andringa, Y. Clavaron, B. Dos Santos, D. Dumontet, Ch. Forsdick, O. Gannier, K. Gyssels, J.-C. Laborie, E. Lloze, J.-M. Moura, D. Murphy, F. Paravy, C. Pinçonnat, V. Porra, M. Potevin, T. Schüller, M. Suchet, M. Symington et M. I. Vieira.

Juin 2012, 23 x 15 cm, 308 pages, 26 €