Editions Les Perséides

Dernières parutions

Émilie Mitran
Gouverneur Morris, traducteur
de la Révolution française (1789-1793)

Tenu entre 1789 et 1793 à Paris, le journal de Gouverneur Morris permet aux lecteurs de suivre à la trace ce diplomate américain lors de son séjour français et de s’immiscer dans son quotidien privilégié, aux premières loges de la Révolution, entre les Tuileries et le Louvre. Cet écrit du « for privé », précieux témoignage de l’histoire politique française, met en lumière l’ambivalent parcours de ce « Père Fondateur » des États-Unis, à contre-courant de l’ethos politique républicain français. De 1792 à 1794, Gouverneur, de son prénom, officie en tant que ministre plénipotentiaire (ambassadeur) des États-Unis, et ses notes personnelles sont une mine d’informations sur la période révolutionnaire. L’étude du journal de Gouverneur Morris proposée dans ce livre met en perspective le récit d’une histoire individuelle et celui d’une histoire collective. Morris essaie d’accompagner les Français dans leur recherche de la liberté et du bien commun à la manière d’un traducteur du langage républicain et de l’expérience révolutionnaire américaine. Mais le républicanisme comme langage universel peut-il être pratiqué par tous ? L’expérience de cet ancien Patriote américain devenu l’allié de Louis XVI suggère le contraire, comme le montre Émilie Mitran dans cette minutieuse étude historique.

Préface de Gérard Hugues

Émilie Mitran est titulaire de l’agrégation d’anglais et d’un doctorat en études anglophones et histoire moderne. Elle enseigne à l’université d’Aix-Marseille. Sa recherche porte sur l’espace atlantique au XVIIIe siècle, les représentations et l’expression de l’identité américaine, et l’apport des humanités numériques à l’histoire. Elle a publié avec Gérard Hugues la traduction en trois volumes du journal de Gouverneur Morris en français, aux éditions Droz.

ISBN : 978-2-37125-049-9
Janvier 2022, 23 x 15 cm, 246 pages, 22 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)

 

Maurice Maeterlinck
La Vie de la Nature :
La Vie des abeilles, La Vie des Fourmis, L’Intelligence des fleurs
et autres écrits naturalistes

« Quand nous paraissons sur cette terre, venant on ne sait d’où, au lieu de partir de ce qu’avaient appris nos parents, nous avons tout oublié et sommes obligés de tout recommencer, de tout réapprendre, mais l’insecte poursuit tranquillement l’existence de ceux qui l’ont devancé, comme si cette existence n’avait jamais été interrompue. N’oublions point que les insectes nous précèdent de milliers, voire de millions d’années. On les trouve déjà dans le Silurien et surtout dans le Carbonifère, c’est-à-dire dans les fantastiques forêts de la jeunesse, ou plutôt de l’enfance, de la terre. Ils devancent les Sauriens, les oiseaux reptiliens et les mammifères qui annoncent la venue de l’homme. Ils appartiennent au Primaire, alors que nous n’apparaissons qu’à la dernière époque géologique, des milliers de siècles après eux. Nous ne deviendrons leurs égaux que lorsque nous saurons comme eux que la mort n’existe pas, qu’elle n’est qu’un mot malheureux qui cache l’attente, le grand sommeil ou une vie différente de celle que nous croyons perdre. »

Ces quelques phrases résument toute la fascination de Maurice Maeterlinck, lauréat du prix Nobel de littérature en 1911, pour la vie de la nature, dont il est un fin observateur, et plus particulièrement pour les insectes sociaux, qu’il plaça au centre de ses travaux d’histoire naturelle. Ce cycle d’essais, commencé en 1901 avec La Vie des abeilles et poursuivi en 1910 avec L’Intelligence des fleurs, puis avec La Vie des termites (1926) et La Vie des fourmis (1930) constitue une œuvre profondément singulière. Chatoyance des images, musicalité de la prose et philosophie du propos tendent à révéler les liens secrets qui unissent l’homme et la nature.

ISBN : 978-2-37125-050-5
Novembre 2021, 19 x 13 cm, 660 pages, 25 € (+ 5 Euros de participation aux frais de port)


 

Bertrand Van Ruymbeke, Brigitte Félix & Audrey Fogels
L’Indépendance des Etats-Unis : héritage et interprétations
Arts, lettres, politique (1776-2016)

Cet ouvrage revient sur le moment clef de l’indépendance des États-Unis en 1776 pour en étudier l’héritage depuis des perspectives multiples : de l’histoire à la politique, de la commémoration à la création artistique et littéraire, de la fin du XVIIe siècle à celle du XXe siècle. Les auteurs explorent les modalités selon lesquelles la notion d’indépendance a pris forme dans les arts et a nourri la réflexion politique, tout comme l’histoire des idées et les représentations de l’« Amérique ». Quel sens donne-t-on aujourd’hui à l’événement de l’indépendance de 1776 ? Comment fut-il perçu à l’époque au-delà des États-Unis ? Quels sont les prolongements de cette histoire dans le domaine politique ? La question de l’indépendance dans les arts et la littérature et de la place que cette notion occupe pour les politiques, les penseurs et les créateurs traverse aussi l’ouvrage. Les modèles du passé peuvent être contraignants, voire paralysants. Et si, de manière paradoxale, la notion d’héritage elle-même renvoyait à une forme impossible d’indépendance, comme en témoignent certains grands textes du xixe siècle ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans ce livre qui multiplie les points de vue afin de mieux rendre compte de la complexité et de la richesse de cet héritage.

Bertrand Van Ruymbeke est professeur de civilisation américaine à l’Université Paris 8, auteur d’une Histoire des états-Unis (Tallandier, 2021). Brigitte Félix est professeure de littérature américaine à l’université Paris 8, spécialiste de la seconde moitié du XXe siècle. Audrey Fogels est maîtresse de conférences en littérature américaine à l’université Paris 8, spécialiste du XIXe siècle.

ISBN : 978-2-37125-046-8
Novembre 2021, 23 x 15 cm, 378 pages, 25 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)

 

Laurent Vidal & Bertrand Van Ruymbeke
Les Fondations de villes sur les littoraux américains
Brésil et Etats-Unis, XVIe-XIXe siècle

Cette démarche comparée Brésil/états-Unis ne se cantonne pas à dresser un inventaire des différences et similitudes, mais invite à des mises en perspective d’expériences, du XVIe au XIXe siècle. Car il y a eu, au long de l’histoire, des connexions : si elles ont d’abord été portées par les puissances coloniales française et espagnole (de la France Antarctique à la Floride huguenote, d’un côté, et des marges de la Nouvelle Espagne au Brésil du temps de l’union ibérique, de l’autre), ces pays établiront, après leurs indépendances respectives, des relations créant l’esquisse de ce que l’on pourrait qualifier d’espace transnational. Et c’est ici l’esclavage qui est le point central de cette liaison. Dans un discours en 1862, Abraham Lincoln évoquera ainsi le Brésil comme l’un des lieux possibles pour la réinstallation des esclaves libérés. De même, après la Guerre civile, des planteurs du sud des états-Unis sont venus s’installer au Brésil : depuis Santarém en Amazonie jusqu’à Paranaguá dans la province du Paraná, en passant par celle de São Paulo et Minas Gerais, ce ne sont pas moins de six colonies créées par les Sudistes. Dans notre optique, le littoral est appréhendé comme une interface entre écosystèmes : qu’ils soient environnementaux (mer ou fleuve et terre, sablonneuse, marécageuse, montagneuse…) mais aussi sociaux ou culturels, puisque diverses populations vont être de gré ou de force mises en contact lors de ces fondations (Amérindiens, Européens et Africains). Réintroduire la richesse de la dimension anthropologique de ces expériences, se déprendre du poids excessif des débats urbanistiques autour des formes pour restituer la grammaire complexe de la ville en fondation, qu’elle soit d’origine militaire, missionnaire ou commerciale, tel est l’enjeu de ce livre.

Laurent Vidal est professeur d’histoire contemporaine à l’université de La Rochelle.
Bertrand Van Ruymbeke est professeur de civilisation américaine à l’université Paris 8 (Vincennes Saint-Denis).

ISBN : 978-2-37125-047-5
Novembre 2021, 23 x 15 cm, 348 pages, 25 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)


 

Pierrick Hamelin
Enfance nantaise

Les souvenirs d’enfance que nous rapporte la malicieuse mémoire de l’auteur dans ce recueil nous renvoient inévitablement à nos propres expériences de la première fois : celles du chagrin, du secret, de la peur, de la mort, de la sexualité et d’autres, toujours enchâssées dans des événements particuliers, presque rien parfois…

Pierrick Hamelin est né à Nantes en 1956. Aux éditions Les Perséides, il a publié quatre romans et plusieurs essais, notamment Monologue de la passion amoureuse (2015), C’était donc ça, vieillir (2017), ou encore Comment ça va ? (2020).

ISBN : 978-2-37125-036-9
Juillet 2021, 19 x 13 cm, 110 pages, 13 € (+ 2 Euros de participation aux frais de port)

 

 

Francesco Benigno & Daniele di Bartolomeo
La Magie du Passé
L’idée de la répétition historique dans la Révolution française

Cet ouvrage aborde un aspect méconnu du phénomène historique tel qu’il pouvait apparaître aux révolutionnaires de 1789. Il se propose de montrer en quoi l’idée que les événements du passé puissent se répéter dans le présent et le futur a pu influencer en profondeur les acteurs historiques de ce moment de grand bouleversement. La correspondance continue entre passé et présent a en effet profondément marqué la Révolution française, bien plus que l’historiographie n’a voulu l’admettre. Pour les protagonistes de l’événement révolutionnaire, la référence à l’histoire passée a souvent tenu lieu de boussole, une boussole qui leur était indispensable pour s’orienter dans un présent incertain, voire chaotique. Les événements révolutionnaires leur semblaient la répétition inéluctable d’épisodes historiques déjà survenus, la mise en scène d’une tragédie ancienne, quand bien même elle serait vouée à devenir peut-être un jour une « misérable farce », pour reprendre l’expression de Karl Marx. L’idée que l’Histoire se répète était un moyen de donner du sens à une réalité incertaine et tourbillonnante, tout autant qu’une tentative de prédiction de ce qui allait advenir dans le futur, et de proposer un modèle puissant qui marquerait le développement de la lutte politique et des révolutions à venir. C’était également une manière d’envisager le monde par le biais de l’histoire, de promouvoir une vision selon laquelle le passé et le futur – l’« espace d’expérience » et l’« horizon d’attente » – contribuent à configurer le présent, aident à sa compréhension et, parfois, le façonnent.

Francesco Benigno est professeur d’histoire moderne à l’École normale supérieure de Pise (Italie). Parmi ses ouvrages les plus récents : La mala setta. Alle origini di mafia e camorra, 1859-1878 (Torino, 2015); Terrore e terrorismo. Saggio storico sulla violenza politica (Torino, 2018).
Daniele Di Bartolomeo enseigne l’Histoire et la communication politique à l’Université de Teramo (Italie). Il a publié plusieurs ouvrages sur la Révolution française, notamment : Nelle vesti di Clio. L’uso politico della storia nella Rivoluzione francese, 1787-1799 (Roma, 2014) ; Una storia in tempo reale. La Rivoluzione francese raccontata dai suoi protagonisti, 1789-1796 (Canterano, 2016).

ISBN : 978-2-37125-034-5
Juillet 2021, 23 x 15 cm, 204 pages, 19.90 € (+ 3.10 Euros de participation aux frais de port)

 

Catherine Pozzi
De l’ovaire à l’Absolu
Journal du Très haut Amour (1920-1928)

“De l’ovaire à l’Absolu”. Tel est le titre que Catherine Pozzi (1882-1934) inscrivit dans ses premiers carnets, comme pour témoigner de la dimension à la fois charnelle et spirituelle qu’elle entendait donner au journal qu’elle allait tenir plus de quarante années durant. Loin de se contenter d’y consigner ses faits et gestes, qui sont ceux de la vie d’une femme de lettres de son époque évoluant dans l’ombre des écrivains en vue, elle y dévoile dans toute son intensité la vie intérieure d’une personnalité hors du commun, celle d’une femme rebelle, orgueilleuse et déterminée en lutte contre les préjugés de son temps et cherchant à atteindre, à travers l’écriture de soi, la compréhension et la clé de l’univers.
Les années 1920-1928 sont celles de la rencontre avec l’écrivain Paul Valéry et de la relation intime qui unit, pendant près de huit ans, ces deux esprits supérieurs dans lesquels chacun reconnut, plus encore que l’égal de l’autre, son “double”. Confrontée aux progrès de sa maladie, et de plus en plus hantée par la mort, “Karin” se lance à corps perdu dans l’étude des sciences, de la philosophie et de l’ésotérisme, tandis qu’à ses yeux son amant, son “cœur-esprit”, qui court de salon en salon, en quête de légitimité institutionnelle, la délaisse et ne se montre pas à la hauteur du rêve de fusion amoureuse qu’elle nourrit, s’autorisant même à puiser son inspiration dans ses propres écrits. Histoire d’un désenchantement lucide, le Journal de Catherine Pozzi est tout autant une œuvre de résilience, une tentative unique de transcendance par l’écriture des liens profonds unissant “le corps, l’âme et l’esprit”.

Préface de Hélène Maurel-Indart.

Esclave à Cuba. Biographie d’un « cimarron », du colonialisme à l’Indépendance, traduit et paru en français aux éditions Gallimard en 1966.

ISBN : 978-2-37125-043-7
Février 2021, 21 x 14 cm, 670 pages, 25 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)

 

 

Miguel Barnet
Galicien
Traduit de l’espagnol (Cuba)
par Françoise Léziart

Galicien aborde une question centrale dans toute l’œuvre de Miguel Barnet : celle de l’identité cubaine. Dans ce roman de l’exil, qui a pour toile de fond l’émigration des paysans espagnols de la côte Cantabrique vers les Tropiques dans les premières décennies du XXe siècle, Manuel Ruiz, « témoin » et personnage central du livre, ne résiste pas à l’attraction que représente la ville de La Havane à cette époque pour nombre de Galiciens en quête d’une vie meilleure. Le soleil, la vie facile, les fortunes a cumulées par les Indianos, autant de clichés renvoyant l’image d’une réussite sociale fantasmée, éloignée des réalités auxquelles ils seront confrontés. Dans une Cuba en proie à la domination étatsunienne dans bien des domaines, Manuel Ruiz est tour à tour docker, vendeur de rue, marchand de charbon, conducteur de tramway et menuisier… Il finit par revenir dans son village natal d’Arnosa, en Galice, où la vie n’a guère évolué. Il y retrouve sa famille puis s’engage dans les troupes républicaines durant la Guerre civile espagnole (1936-1939), avant d’être à nouveau contraint de quitter l’Espagne à la fin des combats, comme bon nombre de ses compatriotes, pour se retrouver au camp d’Argelès-sur-Mer, où les réfugiés vivent dans des conditions très précaires. Manuel Ruiz incarne l’immigrant galicien qui a traversé l’Atlantique « en voyageant léger », comme l’écrivait Antonio Machado, pour se construire une nouvelle vie en Amérique. « Dans cette histoire, explique l’auteur en préambule, Manuel Ruiz pourrait s’appeler Antonio, Fabián, José, mais il est surtout Manuel Ruiz le Galicien. »

Esclave à Cuba. Biographie d’un « cimarron », du colonialisme à l’Indépendance, traduit et paru en français aux éditions Gallimard en 1966.

Miguel Barnet Lanza est né à La Havane en 1940. En 1960, il devient l’élève du sociologue Fernando Ortiz et se spécialise dans l’étude des religions afro-cubaines. Il a publié de nombreux ouvrages de témoignage, parmi lesquels Esclave à Cuba. Biographie d’un « cimarron », du colonialisme à l’Indépendance, traduit et paru en français aux éditions Gallimard en 1966.

ISBN : 978-2-37125-035-2
Novembre 2020, 19 x 13 cm, 270 pages, 15 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)

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