Vient de paraître

Laure Monin-Cournil
Diên Biên Phu.
Des tranchées au prétoire

65 ans après, que peut-on dire de plus sur la bataille de Diên Biên Phu ? Il ne s’agit pas ici de répéter une nouvelle fois combien cette bataille, la dernière grande bataille de l’Armée française, a été importante pour l’histoire de la (dé)colonisation française, pour l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle tant politique que militaire ; de répéter une nouvelle fois à quel point certains acteurs connus de la bataille ont été héroïques.
Non. Il s’agit d’une étude historique, d’un travail de longue haleine qui a permis de renouveler la vision classique de cette bataille menée par les troupes du Corps expéditionnaire français d’Extrême-Orient à des milliers de kilomètres d’une Métropole pour laquelle l’Indochine et ses soldats ne sont qu’une préoccupation parmi tant d’autres. La chronologie des faits est connue ; le déroulement de la bataille l’est aussi ; les acteurs de tous niveaux, eux, le sont beaucoup moins. Cet ouvrage a pour but de les mettre en avant, pour mieux comprendre qui étaient tous ces soldats issus d’horizons divers, comment ils en sont arrivés à créer une micro-société issue d’une armée française composite et installée dans un poste du Tonkin proche du Laos à partir de novembre 1953. Cette approche de l’événement permet de comprendre comment ils ont vécu, chacun avec son passé, sa culture, ses émotions, ce moment charnière de l’histoire française et mondiale. L’auteure se penche également sur la conséquence méconnue de cette défaite héroïsée, passée sous silence dans le contexte de la fin des années 1950 : un procès, une « affaire » qui a opposé deux des principaux acteurs de la bataille, les deux généraux qui étaient alors aux commandes. Témoignages, enquêtes, archives inédites et nombreuses publications sont à la base de cette étude qui tente de mettre en lumière ceux qui ont fait l’histoire.

Laure Monin-Cournil est enseignante en histoire-géographie, docteure de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (UMR-Sirice/ CHAC : Centre d’Histoire de l’Asie contemporaine).

ISBN : 978-2-37125-031-4

Décembre 2019, 23 x 15 cm, 460 pages, 25 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)

 

Maurice Maeterlinck
La Vie des Abeilles
suivi de
L’Intelligence des Fleurs

« Aucun être vivant, pas même l’homme, n’a réalisé au centre de sa sphère ce que l’abeille a réalisé dans la sienne : et si une intelligence étrangère à notre globe venait demander à la terre l’objet le plus parfait de la logique de la vie, il faudrait lui présenter l’humble rayon de miel. » Ces quelques mots résument à eux seuls toute la fascination de Maurice Maeterlinck, lauréat du prix Nobel de littérature en 1911, pour la « vie de la nature », dont il est un fin observateur, et plus particulièrement pour les insectes sociaux, qu’il plaça au centre de ses travaux d’histoire naturelle. Ce cycle d’essais, commencé en 1901 avec La Vie des abeilles et poursuivi en 1910 avec L’Intelligence des fleurs, constitue une œuvre profondément singulière. Chatoyance des images, musicalité de la prose et philosophie du propos tendent à révéler les liens secrets qui unissent l’homme et la nature. De ce chef d’œuvre inclassable qu’est La Vie des abeilles, le biologiste Jean Rostand dira : « Maeterlinck nous fait partager l’émotion qu’il éprouve lui-même devant ce petit univers que constitue une ruche. Emotion que provoquent en lui non seulement l’aspect visible, le spectacle fascinant et pittoresque de la frémissante cité, mais aussi tout ce qui fait la vie profonde de ses habitants, l’intimité de leurs mœurs, le secret des consciences séculaires que leur imposent les besoins de la collectivité et les nécessités de l’espèce. Reproduction, sexualité, parthénogenèse, rivalité des reines, soins donnés aux jeunes, discipline sociale, soumission de l’individu au groupe : sur tout cela, il médite, s’interroge passionnément, [faisant] entrer dans le patrimoine littéraire un peu de l’âme du naturaliste. »

ISBN : 978-2-37125-032-1
Août 2019, 19 x 13 cm, 310 pages, 15 € (+ 3de participation aux frais de port)

Arthur Schopenhauer
Sur la lecture, les livres et les écrivains
suivi de L’opinion d’autrui

Si Le Monde comme volonté et comme représentation est resté pour la postérité l’œuvre philosophique majeure d’Arthur Schopenhauer, ce sont les Parerga et Paralipomena, publiés en 1851, qui lui apporteront la gloire auprès de ses contemporains. Les quatre textes présentés ici, à l’image de ce volumineux ouvrage dont ils sont extraits, témoignent tout autant de la puissance d’un esprit à l’érudition prodigieuse que du foisonnement d’une pensée n’hésitant pas à s’emparer des sujets les plus variés sans être strictement philosophiques. On y retrouve le Schopenhauer à l’ironie mordante et à la plume acérée, volontiers provocateur et s’adonnant à une critique radicale des milieux intellectuels de son temps, tout particulièrement des hégeliens, « les plus impudents de tous les mortels ». Dans ses réflexions sur la lecture et les livres, il fustige tour à tour auteurs, éditeurs et critiques, véritable « gredinerie littéraire » qui « accapare le temps, l’argent et l’attention d’un public » avide de nouveauté en publiant « le récent gribouillage de cerveaux plus qu’ordinaires n’écrivant que pour l’argent ». Au-delà de cette diatribe, il distille quelques conseils d’écriture, les premières qualités de l’auteur devant être à ses yeux la clarté et la concision, car « rien n’est plus facile que d’écrire de façon à n’être compris de personne ». Dans le dernier texte retenu ici, Schopenhauer démontre que notre attachement à l’opinion d’autrui, engendré par « une faiblesse particulière de notre nature », ne nous permet nullement d’accéder au bonheur. Là encore, l’indépendance intellectuelle du philosophe, doublée d’une totale liberté de ton, nous offre un véritable régal de lecture.
Ces textes sont suivis d’une biographie de Schopenhauer par Foucher de Careil, qui a rencontré le philosophe à Francfort en 1859 et a rapporté un brillant portrait de ce « profond penseur ».

ISBN : 978-2-37125-030-7
Septembre 2019, 21 x 14 cm, 108 pages, 12 € (+ 2de participation aux frais de port)

Arthur de La Borderie
La Révolte du Papier timbré advenue en Bretagne en 1675

« Le faix des charges publiques et des vexations fiscales, toujours croissant depuis dix ans, avait mis dans la province une pauvreté que les nouveaux impôts allaient sous peu réduire en misère ; les peuples ne pouvaient envisager cet avenir sans effroi ; ne sachant où trouver de secours ni de garantie quelconque sous ce régime implacable de centralisation ou plutôt d’usurpation administrative, ils passaient nécessairement de l’effroi au désespoir, et du désespoir à la révolte. Telle était la première, la véritable cause des troubles de la Bretagne […]. Ce n’était plus seulement les pays de Châteaulin, de Carhaix, et les alentours de Landerneau ; c’était la Cornouaille entière et les deux tiers du Léon ; dans l’évêché de Tréguier, les pays de Morlaix, de Lannion, de Guingamp ; dans le diocèse de Vannes, ceux d’Auray, d’Hennebont, de Pontivy, presque tout le duché de Rohan : toute la Basse-Bretagne était en feu. »

ISBN : 978-2-37125-029-1
Août 2019, 19,5 x 13 cm, 180 pages, 13 € (+ 2de participation aux frais de port)

Niek Pas, Yvan Gastaut et Pascal Delheye (dir.)
Who’s who ?
Les champions sportifs à l’épreuve des colonisations et des migrations / Sporting champions’s encounter with colonization and migration

Cet ouvrage analyse le sport comme un puissant marqueur d’identités ethniques et culturelles. Il s’inscrit dans une perspective globale et décentralisée. Les neuf chapitres suivis d’un post-face sont le fruit d’un travail collectif réalisé par des historiens français, néerlandais, belges et britanniques. L’angle d’approche se fixe sur les parcours de vie de personnalités sportives soigneusement choisis : le sportman Pim Mulier, les boxeurs Harry Sparendam et Battling Siki, les cyclistes Adriaan Kerkhoven et Abdelkader Zaaf, le coureur de fond Abebe Bikila, le footballeur Zinedine Zidane. Ces portraits se déclinent sur le mode de champions issus d’anciennes colonies. Chaque chapitre interroge la relation binaire colonisateur/colonisé mettant à l’œuvre l’espace sportif comme un processus complexe. Le sport apparaît ainsi comme un observateur priviligié de l’histoire des relations coloniales et post-coloniales entre l’Europe et le reste du monde.

This work offers an analysis of sport as a powerful marker of ethnic and cultural identities. Its conception is both global and decentralized. The nine chapters and accompanying afterword spring from a collaborative research project undertaken by French, Dutch, Belgian and British historians. Their joint investigations centre on the life courses of a set of carefully selected sporting figures: all-rounder Pim Mulier, boxers Harry Sparendam and Battling Siki, cyclists Adriaan Kerkhoven and Abdelkader Zaaf, distance runner Abebe Bikila, and footballer Zinedine Zidane. The resulting portraits focus attention on sporting champions whose origins lie in formerly colonized territories. Each chapter interrogates the binary relationship between the colonizer and the colonized, exploring the complex origins of the sporting space. Sport is thus revealed to be a privileged site for the historical investigation of colonial and post-colonial relations between Europe and the rest of the world.

ISBN : 978-2-37125-026-0
Juillet 2019, 23 x 15 cm, 186 pages, 19,90 € (+ 2de participation aux frais de port)