Sport et postcolonisation

Niek Pas, Yvan Gastaut et Pascal Delheye (dir.)
Who’s who ?
Les champions sportifs à l’épreuve des colonisations et des migrations / Sporting champions’s encounter with colonization and migration

Cet ouvrage analyse le sport comme un puissant marqueur d’identités ethniques et culturelles. Il s’inscrit dans une perspective globale et décentralisée. Les neuf chapitres suivis d’un post-face sont le fruit d’un travail collectif réalisé par des historiens français, néerlandais, belges et britanniques. L’angle d’approche se fixe sur les parcours de vie de personnalités sportives soigneusement choisis : le sportman Pim Mulier, les boxeurs Harry Sparendam et Battling Siki, les cyclistes Adriaan Kerkhoven et Abdelkader Zaaf, le coureur de fond Abebe Bikila, le footballeur Zinedine Zidane. Ces portraits se déclinent sur le mode de champions issus d’anciennes colonies. Chaque chapitre interroge la relation binaire colonisateur/colonisé mettant à l’œuvre l’espace sportif comme un processus complexe. Le sport apparaît ainsi comme un observateur priviligié de l’histoire des relations coloniales et post-coloniales entre l’Europe et le reste du monde.

This work offers an analysis of sport as a powerful marker of ethnic and cultural identities. Its conception is both global and decentralized. The nine chapters and accompanying afterword spring from a collaborative research project undertaken by French, Dutch, Belgian and British historians. Their joint investigations centre on the life courses of a set of carefully selected sporting figures: all-rounder Pim Mulier, boxers Harry Sparendam and Battling Siki, cyclists Adriaan Kerkhoven and Abdelkader Zaaf, distance runner Abebe Bikila, and footballer Zinedine Zidane. The resulting portraits focus attention on sporting champions whose origins lie in formerly colonized territories. Each chapter interrogates the binary relationship between the colonizer and the colonized, exploring the complex origins of the sporting space. Sport is thus revealed to be a privileged site for the historical investigation of colonial and post-colonial relations between Europe and the rest of the world.

ISBN : 978-2-37125-026-0
Juillet 2019, 23 x 15 cm, 186 pages, 19,90 € (+ 2de participation aux frais de port)

Les Bretons de Saint-Domingue

Solène Brisseau, Les Bretons de Saint-Domingue, sous l’administration française et la Révolution haïtienne.

Présentation : Le Siècle des Lumières est à peine entamé que Saint-Domingue est déjà la plus riche et la plus rentable des possessions du royaume. Si les engagés de la misère sont indésirables, ceux dont la spécialité est utile continuent d’arriver individuellement ou par petits groupes au milieu du flot d’esclaves arrachés au Vieux Continent pour les besoins de l’économie de plantation. C’est depuis cette époque, et jusqu’aux soubresauts de la révolution haïtienne, que s’inscrivent les recherches de Solène Brisseau.
Parmi les deux cent mille migrants de cette période, les Bretons ne sont pas aussi nombreux que les Aquitains et autres Gascons ou Basques, et il est n’est pas aisé de suivre leur trajectoire, débrouiller l’écheveau des réseaux, des alliances. C’est à cette tâche que s’est attelée Solène Brisseau, en s’efforçant de pister, à travers les archives, la grande entreprise d’une soixantaine de Bretons, pour moitié noble, en y incluant les enfants nés dans la colonie et quatre métropolitains n’ayant jamais tenté le périple qui se sont contentés de percevoir les fruits de leurs placements.
L’aventure de ces Bretons s’inscrit dans l’Atlantic History qui se développe aujourd’hui autour de la vaste mer intérieure qui relie trois continents, dont l’Afrique, moteur du capitalisme planteur, fournissant et renouvelant sans cesse la main d’œuvre servile. Lorsque la Révolution noire brise ces vils liens, la terreur change de camp. C’est la conclusion d’une époque, le début d’une autre, marquée par l’essaimage à l’étranger ou le retour en France des survivants ou de leurs enfants.

Préface de Philippe Hrodej

Cartes, annexes, bibliographie, index

L’auteur : Diplômée de l’université Rennes 2, Solène Brisseau poursuit des recherches sur la colonisation bretonne de Saint-Domingue et s’intéresse tout particulièrement aux monographies familiales.

ISBN : 978-2-915596-85-4

Août 2012, 22 x 15 cm, 320 pages, 25 €

Histoire de la Louisiane française

Louis Dubroca,
Histoire de la Louisiane française

C’est en 1802, un an seulement avant la cession de la Louisiane par la France aux États-Unis, pour la somme de 60 millions de francs, que paraît Itinéraire des Français dans la Louisiane. Son auteur, Louis Dubroca (1757-1834), libraire et professeur, se proposait de montrer l’intérêt pour la France de tirer profit des multiples ressources de sa colonie américaine, reconnue en 1682 par l’explorateur Cavelier de La Salle et baptisée ainsi en l’honneur du roi Louis XIV. Ce parti pris s’explique par le contexte historique. L’Espagne vient alors de restituer la Louisiane à la France (1800), qui la lui avait cédée suite à sa défaite dans la Guerre de Sept Ans. Napoléon s’apprête pourtant à revendre la colonie aux jeunes États-Unis, jugeant indéfendable un territoire qui couvrait alors plus de 20 % de la superficie actuelle de ce pays, s’étendant des Grands Lacs au Golfe du Mexique. Ce court texte retrace la colonisation de la Louisiane par les Français, contient une description des peuples qui l’habitent (colons et indiens) et s’intéresse à l’état de son commerce et aux perspectives économiques qu’elle offre à la France.

Extrait : « Je crois entreprendre une chose utile, en réunissant sous un même point de vue tous les renseignements authentiques qui existent sur cette contrée de l’Amérique. Quel Français, lorsque la confiance du gouvernement ou des intérêts commerciaux l’appelleront dans la Louisiane, ne sera pas jaloux de connaître tout ce qu’on a pu recueillir de l’histoire, des mœurs, de la situation et des ressources de ce pays ? Ces objets, déjà si intéressants pour la curiosité, je vais les tracer avec ce pinceau rapide qui rend les faits plus piquants en les rapprochant, et qui met à la portée d’une plus grand nombre de lecteurs ce qu’il importe à tous les Français de connaître. »

ISBN : 978-2-915596-51-9

Juin 2009, 20 x 13 cm, 80 pages, 9,90 €

Sociétés, colonisations et esclavages dans le monde atlantique

Cécile Vidal & François-Joseph Ruggiu (dir.), Sociétés, colonisations et esclavages dans le monde atlantique. Une historiographie des sociétés américaines des XVIe-XIXe siècles.

Présentation : Depuis quelques années se fait jour dans la société française un ensemble d’interrogations sur les réalités historiques de la colonisation. Un certain nombre de controverses ont animé le paysage scientifique mais aussi médiatique, notamment sur les phénomènes de la traite et de l’esclavage qui ont dramatiquement relié l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Le débat public s’est pourtant peu intéressé aux premiers temps de la colonisation européenne, du XVe au XVIIe siècle. Or il est essentiel de se demander comment les différentes populations qui se sont retrouvées, de gré ou de force, dans l’espace américain ont pu vivre ensemble et construire des sociétés et des cultures originales. L’objet de cet ouvrage est de faire le point sur ces questions très débattues en présentant les différents courants d’interprétation en présence, en esquissant les évolutions futures et en fournissant les pistes de lecture nécessaires à une meilleure compréhension des sociétés américaines de la période moderne. Une de ses originalités est de prendre en compte l’ensemble de l’espace américain — du Canada à la Terre de Feu en passant par la Nouvelle-France, les Treize colonies nord-américaines, l’aire caraïbe, le Mexique ou encore le Brésil… Ce livre est donc un point de départ indispensable pour qui souhaite commencer à travailler sur les sociétés nouvelles nées aux Amériques de la rencontre entre Amérindiens, Européens et Africains dans le contexte de la colonisation et de l’esclavage. Il adopte une approche globale des principaux problèmes qui se posaient à elles : l’esclavage bien sûr, mais aussi les relations euro-amérindiennes ou encore le rôle des villes dans les sociétés américaines.

Contributions de Thomas Calvo, Christophe Giudicelli, Gilles Havard, Dominique Rogers, François-Joseph Ruggiu, Bertrand Van Ruymbeke, Cécile Vidal, Laurent Vidal.

L’auteur : Cécile Vidal est maître de conférences à I’EHESS. Ses travaux portent sur l’histoire atlantique et l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord. François-Joseph Ruggiu est professeur d’histoire moderne à l’Université de Paris-Sorbonne. Il travaille sur les élites dans les mondes atlantiques britanniques et français au XVIIIe siècle.

Mai 2009, 23 x 15 cm, 352 pages, 26 €

Les Îles à sucre, de la colonisation à la mondialisation

Jean Crusol, Les Îles à sucre.
De la colonisation à la mondialisation

Présentation : La plupart des sociétés insulaires de la Caraïbe, ainsi que quelques îles de l’Océan Indien — Réunion et Maurice —, du Pacifique — Hawaï et Fidji — et de l’Océan Atlantique — les îles du Cap Vert, Bioko (Fernando Poo), Sao Tome et Principe — ont une même origine historique : la colonisation et l’économie sucrière insulaire. Pourtant, si ce sont toutes d’anciennes « îles à sucre », elles sont aujourd’hui très différentes les unes des autres. Au plan politique, certaines sont indépendantes, d’autres ont institutionnellement été intégrées à un grand pays occidental, d’autres ont un statut d’autonomie. Au plan économique, certaines ont des indicateurs parmi les plus élevés du monde, d’autres se situent au niveau intermédiaire, d’autres encore sont parmi les pays les plus pauvres de la planète. Comment ces sociétés en sont-elles arrivées là ? Pourquoi ont-elles évolué vers des statuts politiques différents ? Pourquoi leurs niveaux de développement économique et social divergent-ils si fortement aujourd’hui ? Et face au contexte actuel de la globalisation, quelles perspectives leur sont réservées ? Telles sont les principales questions auxquelles tente de répondre cet ouvrage. Pour ce faire, l’auteur étudie la formation historique d’un certain nombre de ces sociétés insulaires. Dans la Caraïbe, l’ensemble des îles de l’archipel, de Cuba à Trinidad, y compris les Guyanes ; dans l’Océan Indien, La Réunion et l’Ile Maurice, et dans le Pacifique, les îles Hawaï. Il décrit les principaux changements et ruptures qui ont marqué leur histoire : la colonisation, la fondation du modèle de l’économie sucrière esclavagiste insulaire, les abolitions, les modifications sociales, et économiques post-abolitionnistes, les ajustements face à la première phase de la mondialisation et les conséquences de l’effondrement du commerce mondial dans la première moitié du XXe siècle, la mise en place des statuts politiques actuels, le déclin du modèle de l’économie sucrière insulaire, les processus de modernisation économique et sociale, et enfin, les principaux enjeux auxquels ces îles sont confrontées aujourd’hui.

Prix Fetkann 2008, catégorie « recherche ».

L’auteur : Jean Crusol est docteur en sciences économiques et professeur à l’Université des Antilles et de la Guyane. Ancien député européen et vice-président du Conseil régional de la Martinique, il est l’un des spécialistes de tout premier plan des économies insulaires.

Octobre 2007, 23 x 15 cm, 544 pages, 35 €

Pocahontas, princesse des deux mondes

Audrey Bonnet, Pocahontas, princesse des deux mondes. Histoire, mythe et représentations.

Présentation : Tant d’œuvres de la littérature et du cinéma se sont inspirées de Pocahontas qu’il est souvent difficile de dissocier les faits de leurs nombreuses réécritures. En 1607, une centaine d’hommes débarquent en Virginie dans le but d’établir une colonie au nom de la couronne d’Angleterre. parmi eux se trouve John Smith, un capitaine aux aventures picaresques. Il est capturé par les Powhatans au cours d’une expédition de reconnaissance, et sauvé in extremis de la mort par Pocahontas, la fille du chef. Celle-ci devint l’ange gardien de la colonie de Jamestown. Baptisée et mariée à John Rolfe, un ambitieux planteur de tabac, elle est ensuite emmenée en Angleterre et présentée à la cour comme un trophée. Mais la rencontre initiale entre l’Indienne et Smith pose les jalons d’une légende romantique qui se transforme rapidement en un mythe fondateur de la nation américaine. Dès lors, Pocahontas est une source d’inspiration qu semble intarissable. Au fil des siècles, elle entre dans la littérature et le théâtre, se fait tour à tour icône picturale, génitrice spirituelle, ancêtre précieuse, héroïne pour enfants, et enfin victime silencieuse, selon certains auteurs qui tentent de la réhabiliter en la libérant d’un mythe biaisé.

Une analyse fouillée et captivante du mythe de Pocahontas, l’Indienne européanisée dont le destin exprime à la fois le rêve du métissage, de l’union des peuples et le drame de l’ethnocide. (Gilles Havard)

Préface de Bertrand Van Ruymbeke

L’auteur : Audrey Bonnet est professeur d’anglais et poursuit des recherches sur l’Amérique coloniale. Elle prépare une thèse sur la Virginie au XVIIe siècle.

Article paru dans Le Monde des Livres :

ISBN : 978-2-915596-15-1

Juin 2006, 21 x 14 cm, 160 pages, 18 €

Kingdom and Colony

Nicholas P. Canny, Kingdom and Colony. La colonisation de l’Irlande par l’Angleterre 1560-1800, traduit de l’anglais (Irlande) par Thomas Van Ruymbeke.

Présentation : Entre le XVIe siècle et la fin du XVIIIe siècle, l’Angleterre a mis en place en Irlande un processus de colonisation systématique comparable à celui qui s’est opéré à la même époque en Amérique du Nord. À bien des égards, le sort réservé aux habitants de souche gaëlique de cette Terra Florida, considérés comme des « barbares », n’était pas très différent de celui des Amérindiens, même si l’expérience historique irlandaise reste, dans une certaine mesure, unique. C’est tout le mérite du livre de Nicholas Canny, l’un des meilleurs spécialistes de la question, de décrire dans toute sa complexité ce qui fut à la fois une entreprise de conquête, un phénomène migratoire et une tentative d’assimilation politique et culturelle. Pour ce faire, l’auteur s’est appuyé sur les nombreuses sources littéraires et documentaires et s’est intéressé aux facteurs socio-économiques autant que politiques. Plus qu’une histoire de la colonisation de l’Irlande par l’Angleterre, cet ouvrage est donc aussi une étude en profondeur de la société coloniale irlandaise : discrimination religieuse, confiscation des terres, exploitation des ressources naturelles du pays, mais aussi cohabitation et souvent coopération entre colons anglais et natifs du pays. Une politique qui a connu un durcissement après le soulèvement de 1641, réprimé dans le sang par les armées de Cromwell, et qu a longtemps fait de l’Irlande une « colonie », titre plus approprié en réalité que celui de « royaume » qu’on voulait bien lui donner.

L’auteur : Après avoir été longtemps professeur d’histoire à l’université de Galway, en Irlande, Nicholas P. Canny est aujourd’hui président de l’Académie royale irlandaise. Il a reçu de nombreuses distinctions pour ses travaux sur l’histoire coloniale de l’Irlande, notamment son ouvrage Making the Ireland British, 1580-1650.

Juin 2011, 21 x 14 cm, 160 pages, 17 €

Les Vengeurs du Nouveau Monde : l’histoire de la Révolution haïtienne

Laurent Dubois, Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la Révolution haïtienne, traduit de l’anglais (USA) par Thomas Van Ruymbeke.

Présentation : Ce livre raconte les événements qui ont marqué la plus grande — et l’une des plus sanglantes — révolte d’esclaves de l’histoire de l’humanité. Une révolte si importante qu’elle allait entraîner, en France, l’abolition de l’esclavage par la Convention nationale en 1794 et aboutir, dix ans plus tard, à la création de la première république noire du monde : la république d’Haïti. Cet ouvrage clair et dense retrace les étapes qui ont jalonné cette révolution sans précédent, qui constitue un moment essentiel de l’histoire politique moderne.

« À l’heure où l’histoire coloniale peine à se dégager des surenchères manipulatrices et de manipulations hasardeuses, il est bon de renouer avec la stricte rigueur de l’historien. Laurent Dubois affronte aujourd’hui l’un des événements-clés de l’histoire antillaise, la révolution haïtienne, référence obligée, qu’on la célèbre ou qu’on la vilipende. Le récit qu’il en propose est aussi complet qu’informé, d’autant plus intelligible que le premier quart de l’essai présente Saint-Domingue avant l’embrasement de l’été 1791 […]. Tenue pour la « Perle des Antilles », cette « île à sucre » est plus que florissante à l’heure où émerge l’affirmation politique des droits de l’homme, mais son exceptionnelle réussite repose sur un implacable régime ségrégationniste au fondement raciste […]. Dubois ne masque rien, sans égarer jamais. Sorti vainqueur, par une formidable habileté politique, des tensions qui l’opposent à Dieudonné, à Sonthonax et Rigaud, Toussaint Louverture croit un temps pouvoir assurer la liberté selon ses vues. De son propre aveu, dictateur et prophète, il échoue cependant, mais l’irrémédiable est là : la première république noire du monde. Rendant avec brio l’émergence de la conscience des Noirs comme les inflexions successives du processus révolutionnaire dans l’île, Dubois établit clairement que c’est là sans doute, dans le bruit et la fureur, que les idéaux démocratiques ont été le plus radicalement défendus. Une leçon à retenir. » (Philippe-Jean Catinchi, Le Monde des Livres)

Préface de Jean Casimir

L’auteur : Laurent Dubois est maître de conférences au département d’Histoire de l’Université d’État du Michigan (États-Unis). Avengers of the New World. The Story of the Haitian Revolution a paru aux Harvard University Press en 2004.

ISBN : 978-2-915596-13-7
Novembre 2005, 23 x 15 cm, 448 pages, 28 € (+ 2 € de participation aux frais de port)