Haïti. Naissance d’une nation, de Carolyn Fick

Carolyn Fick, Haïti, naissance d’une nation. La révolution de Saint-Domingue vue d’en bas, traduit de l’anglais (USA) par Frantz Voltaire

Le 1er janvier 1804, Haïti proclame son indépendance et devient un État noir, libre et souverain, né d’une révolution qui venait de renverser l’esclavage et de briser les liens du colonialisme français à l’époque des grandes révolutions qui balayèrent l’espace atlantique à la fin du dix-huitième siècle. En menant cette Révolution, au nom de la liberté, les esclaves de Saint-Domingue, ancienne colonie française, ont remis en question les fondements des courants de la pensée occidentale de l’époque qui déniait aux Noirs leur humanité et leur capacité à prendre en main leur libération.
Dès 1791, dans le contexte de la Révolution française et ses répercussions dans la colonie — la plus riche et florissante de tout l’Atlantique — les esclaves tirèrent parti des bouleversements qui secouaient les classes possédantes, entraînant la dislocation des structures sociales et politiques de l’ancien régime colonial, et se révoltèrent en masse. En 1793, sous l’impulsion des insurrections des esclaves, et face aux menaces d’une occupation par les puissances étrangères, espagnole et britannique, contre lesquelles la France républicaine était en guerre, l’abolition de l’esclavage fut proclamée puis ratifiée par décret à la Convention Nationale le 4 février 1794. Mais le projet de restauration de l’esclavage et de la traite négrière, conçu et exécuté par Napoléon Bonaparte en 1802, au moyen d’une expédition militaire dirigée par son beau-frère le général Charles Leclerc, mènerait à une guerre totale pour l’indépendance nationale et l’égalité raciale.
La Révolution haïtienne est un événement à caractère caribéen tout autant que l’une des composantes de la Révolution française, voire de l’histoire de la civilisation moderne. Dans cette lutte à étapes multiples, les masses noires, pour la plupart illettrées, ont tenu un rôle de premier plan, voire déterminant. Les dirigeants proéminents, comme Toussaint Louverture et d’autres, sont déjà connus. Ce livre se propose d’écrire autrement l’histoire de la Révolution haïtienne. Il se veut une étude qui porte sur les activités révolutionnaires et les mentalités des individus, jusqu’alors inconnus et occultés par l’histoire, qui, à leur manière, ont contribué à l’émancipation et à la fondation de la Nation haïtienne.

L’auteur : Carolyn Fick enseigne au département d’histoire de l’Université de Concordia (Canada). The Making of Haiti. The Saint-Domingue Revolution from Below a paru aux University of Tennessee Press (Knoxville, USA) en 1990.

Préface de Marcel Dorigny

ISBN : 9782915596-98-3
Janvier 2014, 23 x 15 cm, 512 pages, 29.90 € (+ 5 Euros de participation aux frais de port)

Etienne de Polverel, libérateur des esclaves de Saint-Domingue

François Blancpain, Étienne de Polverel (1738-1795),
libérateur des esclaves de Saint-Domingue

Présentation : Ce livre raconte la première mondiale de l’abolition de l’esclavage à Saint-Domingue (future Haïti) en 1793. Les révolutions sont favorables aux réformes, ne serait-ce que par le traumatisme qu’elles provoquent qui amoindrit considérablement la force des tenants du statu quo. Ceci se démontre pour la grande réforme que fut l’abolition de l’esclavage. La Convention l’a faite en 1794, après que les deux commissaires de la République, Polverel et Sonthonax, l’eurent proclamée à Saint Domingue l’année précédente. Puis Bonaparte rétablit l’esclavage en 1802 et c’est finalement la révolution de 1848 qui, sous l’impulsion de Victor Schoelcher, le fit disparaître. L’essai de 1793-1794 reste ignoré du public. Ce livre tente de le rapporter, vu par l’action de l’un de ses deux auteurs, Etienne de Polverel, injustement méconnu.

Prix Fetkann 2010, catégorie « recherche ».

L’auteur : François Blancpain, ancien élève de l’Ecole Nationale de la France d’outre mer et du CPA, a produit plusieurs ouvrages qui couvrent l’ensemble de l’histoire de Saint Domingue, des origines au milieu du XXe siècle. Il a notamment traité des relations d’Haïti avec la France, avec les Etats Unis et avec la République dominicaine. Le présent ouvrage porte sur le changement fondamental qui a fait passer une colonie peuplée d’esclaves en un état indépendant peuplé de citoyens.

Mars 2010, 21 x 14 cm, 224 pages, 19,90 €

La Guerre d’indépendance cubaine, une révolution que le monde a oubliée

Ada Ferrer, La Guerre d’indépendance cubaine. Insurrection et émancipation à Cuba 1868-1898, traduit de l’anglais (US) par Thomas Van Ruymbeke.

Au dix-neuvième siècle, des dizaines de milliers d’individus ont mené, sur l’île de Cuba, une révolution contre un empire vieux de plus de quatre cents ans. Ce soulèvement ne s’est pas produit à l’Âge de la Révolution, durant lequel la plupart des colonies ibériques de l’hémisphère occidental ont acquis leur souveraineté politique ; il a eu lieu un peu plus tard, dans la dernière partie du dix-neuvième siècle. Ainsi, au moment où l’Europe se ruait vers de nouvelles colonies, en Afrique et en Asie, la révolution cubaine remettait en cause la domination de la plus ancienne puissance coloniale européenne. Ce faisant, elle remettait également en cause l’un des principaux courants idéologiques du dix-neuvième siècle. En effet, à une époque de racisme triomphant, où les scientifiques soupesaient les crânes et où des foules blanches lynchaient les Noirs dans le sud des États-Unis, les chefs des rebelles cubains ont osé dénier toute existence à la race, et c’est une puissante armée de libération multiraciale qui a mené ce combat pendant plus de trente ans, à l’image de l’un de ses chefs emblématiques, Antonio Maceo.

Ce livre retrace l’histoire de cette révolution, depuis son éclosion jusqu’à son échec final : il montre comment elle se fit jour au sein d’une société coloniale esclavagiste, comment elle subvertit, et réinventa en même temps dans ses rangs, les modes de pensée de cette société, et comment elle aboutit, finalement, à un échec de l’émancipation, puisqu’elle fit passer Cuba du joug direct d’un empire — l’Espagne — à la domination indirecte d’un autre : les États-Unis.

L’auteur : Ada Ferrer enseigne l’histoire de l’Amérique latine et de la Caraïbe à l’Université de New York. Insurgent Cuba. Race, Nation and Revolution, 1868-1898 a paru aux University of North Carolina Press en 1999.

ISBN : 978-2-915596-60-1

Avril 2010, 23 x 15 cm, 320 pages, 26 €

L’Abbé Grégoire et la Révolution française

Alyssa Goldstein Sepinwall, L’Abbé Grégoire et la Révolution française. Les origines de l’universalisme moderne, traduit de l’anglais (USA) par Marie Fabre et Ludivine Verbeke.

L’abbé Grégoire a été un personnage phare de la première partie du XIXe siècle, après avoir été l’un des protagonistes majeurs de la Révolution française. Si les études qui lui sont consacrées sont nombreuses, la « grande biographie » manquait encore, tant la complexité de l’homme et les multiples combats qu’il a menés avaient jusqu’à aujourd’hui découragé les historiens. C’est désormais chose faite.

Grégoire fut un acteur des grands bouleversements de son temps : député aux États généraux puis à l’Assemblée constituante, il y joua un rôle de premier plan, tant pour le ralliement du bas clergé au tiers état que pour la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen; membre dirigeant des deux sociétés des Amis des Noirs, il fut sans cesse au devant du combat contre la traite négrière, l’esclavage et le « préjugé de couleur » ; évêque constitutionnel, il fonda l’Église anglicane, indépendante de Rome ; député à la Convention nationale et cofondateur de la République, il fut envoyé en mission dans les départements au plus fort de la guerre de défense révolutionnaire de 1793; sénateur sous Napoléon, il s’opposa à l’Empire ; sous la Restauration, enfin, il incarna l’héritage révolutionnaire et républicain.

Le livre d’Alyssa Sepinwall, enfin traduit en français, vient apporter un éclairage nouveau et nécessaire sur celui qui fut choisi par le président de la République, aux côtés de Condorcet et de Monge, pour entrer au Panthéon en 1989. Les considérations et les controverses qui avaient accompagné cette ultime consécration républicaine de Grégoire trouvent en ce livre non un écho, mais une magistrale mise en perspective historique, alors que sa pensée reste d’une actualité parfois confondante.

Traduit de l’anglais par Marie Fabre et Ludivine Verbeke

Préface de Marcel Dorigny

L’auteur : Alyssa Goldstein Sepinwall est professeur au département d’Histoire de l’Université d’État de San Marcos (USA). The Abbé Grégoire and the French Revolution a paru aux University of California Press en 2005.

Juillet 2008, 23 x 15 cm, 352 pages, 26 €

Les Vengeurs du Nouveau Monde : l’histoire de la Révolution haïtienne

Laurent Dubois, Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la Révolution haïtienne, traduit de l’anglais (USA) par Thomas Van Ruymbeke.

Présentation : Ce livre raconte les événements qui ont marqué la plus grande — et l’une des plus sanglantes — révolte d’esclaves de l’histoire de l’humanité. Une révolte si importante qu’elle allait entraîner, en France, l’abolition de l’esclavage par la Convention nationale en 1794 et aboutir, dix ans plus tard, à la création de la première république noire du monde : la république d’Haïti. Cet ouvrage clair et dense retrace les étapes qui ont jalonné cette révolution sans précédent, qui constitue un moment essentiel de l’histoire politique moderne.

« À l’heure où l’histoire coloniale peine à se dégager des surenchères manipulatrices et de manipulations hasardeuses, il est bon de renouer avec la stricte rigueur de l’historien. Laurent Dubois affronte aujourd’hui l’un des événements-clés de l’histoire antillaise, la révolution haïtienne, référence obligée, qu’on la célèbre ou qu’on la vilipende. Le récit qu’il en propose est aussi complet qu’informé, d’autant plus intelligible que le premier quart de l’essai présente Saint-Domingue avant l’embrasement de l’été 1791 […]. Tenue pour la « Perle des Antilles », cette « île à sucre » est plus que florissante à l’heure où émerge l’affirmation politique des droits de l’homme, mais son exceptionnelle réussite repose sur un implacable régime ségrégationniste au fondement raciste […]. Dubois ne masque rien, sans égarer jamais. Sorti vainqueur, par une formidable habileté politique, des tensions qui l’opposent à Dieudonné, à Sonthonax et Rigaud, Toussaint Louverture croit un temps pouvoir assurer la liberté selon ses vues. De son propre aveu, dictateur et prophète, il échoue cependant, mais l’irrémédiable est là : la première république noire du monde. Rendant avec brio l’émergence de la conscience des Noirs comme les inflexions successives du processus révolutionnaire dans l’île, Dubois établit clairement que c’est là sans doute, dans le bruit et la fureur, que les idéaux démocratiques ont été le plus radicalement défendus. Une leçon à retenir. » (Philippe-Jean Catinchi, Le Monde des Livres)

Préface de Jean Casimir

L’auteur : Laurent Dubois est maître de conférences au département d’Histoire de l’Université d’État du Michigan (États-Unis). Avengers of the New World. The Story of the Haitian Revolution a paru aux Harvard University Press en 2004.

ISBN : 978-2-915596-13-7
Novembre 2005, 23 x 15 cm, 448 pages, 28 € (+ 2 € de participation aux frais de port)