La fondation des premières républiques hispaniques : Colombie et Venezuela (1780-1820)

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Clément Thibaud
Libérer le nouveau monde
La fondation des premières républiques hispaniques
Colombie et Venezuela (1780-1820)

Pourquoi les premières républiques du monde hispanique sont-elles nées, au Nord de l’Amérique du Sud, entre Caracas, Carthagène-des-Indes et Bogotá ? Comment, à l’aube du XIXe siècle, expliquer le surgissement précoce du régime de l’égalité civile au sein de sociétés organisées par les hiérarchies du statut et de la race ? Que doivent ces nouvelles républiques aux révoltes et aux révolutions de la Caraïbe française ou néerlandaise ? Comment « régénérer » un « peuple esclave » en une nation émancipée, et transformer Indiens, métis et libres de couleur en citoyens ?
Les révolutions de Terre-Ferme forment un pan oublié de l’histoire du républicanisme moderne. Elles voulurent faire d’une société coloniale un peuple d’égaux devant la loi, détruire le principe de la « pureté de sang », abolir la noblesse, sans guère toucher à l’esclavage. Ces guerres d’indépendance furent le fer de lance politique et militaire de l’émancipation de l’Amérique du Sud. Leurs cohortes combattirent jusqu’à Potosí et Bolívar convoqua un congrès à Panamá dans le but de fédérer les jeunes nations américaines. L’idée républicaine s’est aussi construite loin de Philadelphie et de Paris, avec le soutien des « gens de couleur ». Ces premiers États sans roi de l’Amérique latine s’inscrivent, de plein droit, dans la séquence des révolutions atlantiques, contribuant ainsi à redessiner la carte politique du monde contemporain.

Clément Thibaud est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Nantes. Il a publié plusieurs livres sur les indépendances hispano-américaines et coordonné des ouvrages collectifs dans le domaine de l’histoire atlantique.

ISBN : 978-2-37125-021-5
Juin 2017, 23 x 15 cm, 545 pages, 29,90 € (+ 4 € de participation aux frais de port)

Les Corsaires insurgés de l’Amérique espagnole

VisuelCorsaires

Nicolas Terrien
« Des patriotes sans patrie »
Histoire des corsaires insurgés de l’Amérique espagnole
(1810-1825)

« Il avait été émerveillé en constatant que, parmi tous ceux qui se déclaraient être des insurgés mexicains, carthaginois, margaritains et porteños, à peine se trouvaient quelques Espagnols. La plupart des corsaires étaient français, italiens, nord‑américains et quelques autres anglais ; ces patriotes, sans patrie, n’avaient jamais été au Mexique, à Carthagène, à Margarita, et encore moins à Buenos Aires » (Rapport du consul d’Espagne en Louisiane sur les déclarations d’un ancien prisonnier des corsaires insurgés, 1817).

Question d’histoire atlantique, située dans une période de bouleversements propices à la redéfinition des hiérarchies sociales et des identités individuelles ou collectives, la course insurgée était internationale et composite, liée aux circulations intra‑américaines et transatlantiques d’une multitude d’acteurs de toutes nationalités, aux statuts variés et instables : riches créoles et fonctionnaires espagnols, esclaves soulevés, indiens captifs et marins endettés, aventuriers opportunistes et révolutionnaires dévoués. Les insurgés surent mobiliser dans ce monde souvent interlope les ressources nécessaires pour fomenter la course insurgée, et porter ainsi sur les mers leur lutte contre l’Espagne, de Cadix à Lima, en passant par Buenos Aires et, surtout, la Caraïbe et le golfe du Mexique. L’expédition de lettres de marque devint alors pour l’insurrection un instrument de première importance pour affirmer sa souveraineté puis garantir les indépendances et leurs reconnaissances.

Doctorant en Histoire à l’Université de Nantes (CRHIA), Nicolas Terrien est allocataire de recherche du LabEx EHNE et membre du projet STARACO. Ses recherches portent sur la souveraineté et la construction des nouveaux États indépendants dans la Caraïbe et le golfe du Mexique lors des révolutions atlantiques, au travers plus particulièrement de l’étude des différents acteurs de la course et de la piraterie. Il prépare une thèse, sous la direction de M. Clément Thibaud, intitulée Prédation maritime et révolutions atlantiques : une histoire sociale entre Europe et Amérique (1793-1823).

ISBN : 978-2-37125-011-6
Mai 2015, 23 x 15 cm, 384 pages, 26 € (+ 4 € de participation aux frais de port)

Ci-dessous une recension de Gilbert Buti parue dans la revue « Le mouvement social » :

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