Le Bibliomane, de J.-F. Kierzkowski

Jean-François Kierzkowski,
Le Bibliomane
roman

Un jeune homme ayant perdu son pouce dans une imprimerie trouve un nouvel emploi chez un bibliophile aveugle et acariâtre. Ce dernier lui demande de retrouver un livre caché dans sa bibliothèque et de le détruire. Un livre ? Rien n’est moins sûr. Tapi dans l’ombre des rayonnages, l’objet se révèle peu à peu beaucoup plus dangereux qu’il ne le semblait. Une plongée aussi drôle que troublante dans l’univers des collectionneurs à la lisière du fantastique.

Extrait : « Je dois trouver un livre, dis-je, voilà ce que je fais. Un livre parmi cent soixante mille. Je ne connais ni le titre, ni l’auteur. Dans la bibliothèque, chaque ouvrage ressemble aux autres ; celui que je traque n’a pas de signe particulier, aucune marque distinctive. Je sais qu’il est là quelque part, parmi les cent soixante mille. C’est comme si on me demandait de trouver une fourmi dans une fourmilière… Vous savez, les insectes se ressemblent tous. Il faudrait que je passe du temps à les étudier, à les feuilleter. C’est seulement quand on sait ce que chacune de ces bêtes renferme qu’on peut prétendre les connaître… »

L’auteur : Né en 1975, Jean-François Kierzkowski, déjà auteur de plusieurs œuvres de fiction (y compris deux romans pour la jeunesse), signe ici un récit très inventif dans la droite ligne de Grande Faim, son premier roman, paru aux éditions Les Perséides en 2005.

Juin 2010, 20 x 13 cm, 192 pages, 16 €

Mane Vechen, d’André Daviaud

 André Daviaud, Mane Vechen

Au IIIème siècle de notre ère, alors que les deux fils de l’empereur Septime Sévère s’apprêtent à s’affronter dans une lutte à mort pour le pouvoir, une jeune Romaine, fiancée au fils d’un marchand qu’elle ne connaît pas, débarque en Armorique, à la pointe de l’empire, pour relever la fortune de sa famille. La villa qu’elle vient gouverner, c’est Mane Vechen, dont on peut encore contempler les ruines aujourd’hui. Elle n’aura de cesse d’y apporter des améliorations, trouvant dans cette fonction d’architecte une raison de vivre. Finalement lassée, elle rejoint la cour des trois césars en partance pour la « grande » Bretagne, où les Calédoniens ont franchi le mur d’Hadrien. Mais la dissension règne parmi les Romains, qui finissent par rentrer régler leurs comptes à Rome. Dans l’intervalle, la jeune héroïne aura découvert l’amour, à travers une relation fusionnelle dont le destin semble scellé à celui de l’empire. Dans ce roman magistral, André Daviaud brosse un tableau très vivant des mœurs romaines et nous invite à méditer sur l’affrontement entre civilisation et barbarie, l’une et l’autre n’étant pas forcément celle que l’on croit, et sur l’universelle fascination de l’art, qu’il soit celui des bâtisseurs de tous genres, ou celui des poètes, tels qu’Ossian ou Catulle.

Découvrez ici un entretien réalisé avec André Daviaud à l’occasion de la sortie de Mane Vechen.

L’auteur : André Daviaud est né à La Rochelle le 30 mars 1953. Auteur d’un premier roman remarqué (La Terre à personne, L’Escarbille, 2005), puis d’Un sourire solaire (Les Perséides, 2008), qui retrace la vie du poète René-Guy Cadou, il est enseignant à Sainte-Anne d’Auray. Il a aussi publié plusieurs recueils de poèmes.

Décembre 2010, 21 x 13 cm, 256 pages, 18 €

Les Pays chimériques

François Asselinier
Les Pays chimériques
roman

« Où il sera question, entre autres, de l’infibulation des femmes et de ses conséquences pratiques, de la vie du poète Charles Baudelaire et de son incompréhension par les baudelairiens, de Mouamar Kadhafi et de ses rapports avec Walt Whitman, de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis et des premiers réfugiés du Darfour, de la Charia — la loi islamique — et des Fleurs du mal, d’Edgar Poe et des Tigréennes, du Congo belge et de Savorgnan de Brazza, de la victoire anglo-égyptienne d’Omdurman sur les armées du Madhi et de son calife en 1898, de la reine Victoria, de la syphilis, d’un voyage sur le Paquebot-des-mers-du-Sud, et, plus globalement, de mémoires oubliées et d’enfances mutilées, ou d’enfances oubliées et de mémoires mutilées. Où l’auteur tentera, chemin faisant, de répondre au moins partiellement à la question suivante : quel prix doit-on payer pour appartenir, appartenir enfin ? »


L’auteur :
François Asselinier est médecin à Rennes. Fin connaisseur de la biographie et de l’œuvre de Charles Baudelaire, il a réédité il y a quelques années Les Fleurs du Mal et Le Spleen de Paris (Le Grand Alque, 2000). Ce n’est donc pas un hasard si le poète joue un rôle majeur dans ce beau roman polyphonique.

Ci-contre : François Asselinier en dédicace à Bécherel à la librairie Les Perséides.

ISBN : 978-2-915596-40-3

Mai 2008, 21 x 13 cm, 192 pages, 18 €

La Grande Déglingue, de Frédéric Paulin

Frédéric Paulin, La Grande Déglingue.
De l’usage judicieux d’un patriotisme aveugle et économiquement rentable

Extrait : « Ce genre d’alerte glaçait l’échine de tous les bipèdes qui se trouvaient sur le front. Tous avaient entendu parler de l’attaque d’Ypres au mois d’avril précédent. Les fridolins avaient utilisé des vagues dérivantes de chlore. Le gaz moutarde avait attaqué les éponges de 20 000 gonzes et en avait rectifié fissa 5 000. Sans parler des pauvres bestioles qui avaient trinqué : les taupes, lapins et rongeurs de toutes sortes qui se planquaient au fond de la terre pour échapper à la bêtise humaine avaient été enfumés et étaient sortis crever à l’extérieur. Après le bombardement, les brancardiers qui avaient chômé sur le champ de bataille, tant les rescapés étaient rares, avaient été stupéfaits par le nombre de cadavres de bêtes qu’ils y avaient trouvé. Un massacre impeccablement mené, d’autant plus qu’on racontait encore l’histoire des survivants qui en avaient tant bavé des ronds de chapeau que certains s’étaient fait sauter le caisson pour ne plus endurer des souffrances par trop inhumaines. »

L’auteur : Frédéric Paulin vit à Rennes. Après avoir dirigé, entre autres activités, la rédaction d’un magazine satirique, il est aujourd’hui l’auteur de nombreux romans remarqués, policiers et historiques, parus chez différents éditeurs.

Février 2009, 21 x 13 cm, 324 pages, 19,90 €

L’Obscurité, de Cyrille Guilbert

Cyrille Guilbert
L’Obscurité
roman

Laure Marsant vit seule et recluse dans le village de son enfance. Autour d’elle, les rumeurs de guerre enflent et s’exacerbent. Elle sait mieux que personne de quoi il retourne, que la guerre n’est plus un événement mais un état, et qu’elle est devenue, de fait, inéluctable. Mais quelle est la nature réelle du mal ? Les hommes ne font-ils pas erreur en le nommant, croyant l’enfermer dans une catégorie quand il s’agit en vérité de leur propre substance ? Face à ce constat, celle qui pourrait être la sacrifiée ou la sainte oppose un refus sans gloire, avant de s’enfoncer peu à peu dans un crescendo de violence et cède à ses pulsions les plus noires. Un premier roman magistral, qui repose sur une écriture envoûtante.

Extrait : « Je déclarai plus brutalement que cette guerre au contraire passerait sur nous comme un rouleau-compresseur et que chaque famille en serait meurtrie. La guerre devenait un avenir inévitable pour nous qui avions perdu toute notion de l’amour ou de la simple fraternité, nous y référant pour nous en moquer comme de vieux costumes mités, des habits portés dans l’enfance et qui paraissaient aujourd’hui le comble du grotesque. La guerre arrivait et nous ne pouvions plus rien y faire. »

L’auteur : Cyrille Guilbert est né à Boulogne-sur-Mer en 1973. Il vit près de Lille. L’Obscurité est son premier roman. Depuis, il a publié un second roman, La Sorcière de Templeuve (Les Perséides, 2012).

ISBN : 978-2-915596-34-2

Octobre 2007, 21 x 13 cm, 256 pages, 18 €

Un sourire solaire, d’André Daviaud

André Daviaud, Un sourire solaire

Résumé : Un sourire solaire retrace le parcours d’un homme ayant vécu une aventure poétique profondément ancrée dans le milieu du vingtième siècle. Si la trame du récit s’inspire fortement de la vie du poète René Guy Cadou (qui n’est jamais nommé), il ne s’agit pourtant pas d’une biographie mais d’un roman à part entière. En se servant des libertés et des nombreux recours de la fiction, c’est toute une époque que fait revivre dans ces pages André Daviaud : l’effervescence d’une jeunesse autour de la figure emblématique de Max Jacob et la naissance, dans le vin et la joie, de l’école de Rochefort; certains épisodes tragiques de la guerre, comme l’affaire des cinquante otages qui abrège la destinée du jeune Guy Mocquet, les bombardements de Nantes par les Américains, l’ascension brisée de Bernard de Lattre de Tassigny, mort en Indochine. Destins croisés, entrecroisés, emportés dans le tourbillon de l’Histoire. Et combien paradoxal celui de cet homme au sourire solaire, pour qui la poésie est tout, qui croise un jour la route des sacrifiés chantant dans le camion qui les mène à la mort, de cette voix « qui frappe comme vous à la porte de son destin et chante sous les balles ». Vivre, c’est pour lui, comme pour tout un chacun, évoluer « dans le voisinage de la tristesse et du bonheur au quotidien », selon les jolis mots d’Hélène Cadou, qui a signé la préface de ce livre.

André Daviaud me semble s’affirmer comme un poète de l’alliance. Il y a des poètes du refus et des poètes de l’accord. L’accord n’est pas communion mais abord ouvert et compréhensif d’une réalité fraternelle. Au-delà de toutes limites, de toutes frontières, le poète André Daviaud pose la réalité d’un monde qu répond à notre attente par une approche sensible et juste. Dans la lignée de René-Guy Cadou s’éveille à notre porte le voisinage d’un univers de la tristesse et du bonheur au quotidien. (Hélène Cadou, Louisfert, été 2008)

L’auteur : André Daviaud est né à La Rochelle le 30 mars 1953. Auteur d’un premier roman remarqué (La Terre à personne, L’Escarbille, 2005), puis de Mane Vechen (Les Perséides, 2011), il est enseignant à Sainte-Anne d’Auray. Il a aussi publié plusieurs recueils de poèmes.

Décembre 2008, 21 x 13 cm, 202 pages, 17 €

Une dernière fois la mer

Pierrick Hamelin,
Une dernière fois la mer

Extrait : « Parfois la nuit, lorsque je ne dors pas et que l’ennui, sans être forcément angoissant, est à son comble, je vais marcher sur la plage, le long de l’eau et sur les rochers, pendant des heures, souvent jusqu’à l’épuisement. Les sensations ne sont jamais exactement identiques, elles dépendent pour beaucoup des improvisations du ciel et de la mer, confondus parfois, par mauvais temps, dans une même coulée d’ombre. J’aime bien lorsque la nuit épaissit de ténèbres toutes les composantes du paysage, comme si tout le réel tout à coup reposait sur de l’irréel, cette impression étant pour moi indissociable d’une autre sensation encore plus agréable : n’être plus qu’un regard, la tension d’un regard, enveloppé de tous les bruits de la mer, cherchant à perdre de vue la certitude d’aucune autre présence. »

Une dernière fois la mer est un roman où l’intrigue importe moins que les personnages ; l’auteur s’insinue dans les réflexions des uns et des autres, et crée une ambiance où l’on sent que tout peut arriver. Un style parfaitement maîtrisé, qui se met au service de situations particulières, parfois extrêmes : quels sentiments cela génère-t-il, d’avoir une arme à feu dans sa poche, alors qu’on est parmi les passants dans la rue ; en quoi peut-on prétendre que détruire des oeuvres d’art, participe à la création artistique elle-même, etc. Les phrases sont sinueuses, précises, et d’une élégance remarquable. On a affaire là à une vraie écriture, qui se fiche des modes et se met au service de l’oeuvre. Ce roman est un très beau texte, qui vous hante longtemps après avoir refermé la dernière page. (Jean-Luc Nativelle)

L’auteur : Pierrick Hamelin est né à Nantes en 1956. Enseignant à Basse-Goulaine, il est l’auteur de plusieurs essais et romans parmi lesquels Point de fuite (2005) ou Manège (2010), publiés aux éditions Les Perséides.

Mai 2007, 21 x 13 cm, 224 pages, 18 €

Point de fuite, de Pierrick Hamelin

Pierrick Hamelin, Point de fuite

Extrait : « Il ne pouvait naturellement croire que l’image fût dotée d’une capacité de vie et, par ailleurs, il était tout à fait conscient des effets que le rapport émotionnel à un objet peut susciter sur la perception de la réalité. Cependant, il était bien obligé de se rendre à cette évidence : les yeux le regardaient, la bouche lui souriait. Plus spectaculaire encore, le visage entier, soudain, s’inclina. »

Résumé : Pourquoi Elias a-t-il la si nette impression que l’un des tableaux de son généreux employeur est vivant ? Et comment parvenir à surmonter le désir abyssal qu’il suscite en lui ? Si la réponse ne se trouve assurément pas dans un manuscrit autographe de Benjamin Péret, s’en emparer lui permettra peut être d’acquérir le précieux objet de sa convoitise. Mais rien n’est moins sûr. Roman ludique, roman philosophique, Point de fuite entraîne son lecteur dans un jeu de pistes à travers les rues de Nantes, labyrinthe symbolique où l’art et la vie se confondent. Manipulé par son propre désir — ce désir qui ne prend corps que dans la transgression — le héros y est le jouet de forces qui le dépassent. Il semble que « l’imaginaire ne pourra trouver de fuite qu’en lui-même… »

L’auteur : Pierrick Hamelin est né à Nantes en 1956. Enseignant à Basse-Goulaine, il est l’auteur de plusieurs essais et romans parmi lesquels Une dernière fois la mer (2007) ou Manège (2010), publiés aux éditions Les Perséides.

Août 2005, 18,5 x 12 cm, 192 pages, 18 €

Lilus Kikus, d’Elena Poniatowska

Elena Poniatowska, Lilus Kikus,
traduit de l’espagnol (Mexique) par François Léziart

Extrait : « Lilus n’est pas très patriote et elle le sait. À l’école il y en a qui collent des affichent et d’autres qui les décollent. Faire l’un ou l’autre est aussi méritoire pour elle. Lilus, quant à elle, s’est contentée de demander à un élève du secondaire avec quoi il les collait ses affiches et il lui a répondu : « Avec la langue, morveuse ! » La nuit, Lilus a rêvé, pleine de remords, qu’elle avait une grande langue rose qui lui servait à coller d’énormes affiches. Le lendemain matin elle s’est réveillée la bouche sèche. »

Présentation : Publié au Mexique en 1954 alors qu’elle n’a guère plus de vingt ans, Lilus Kikus est le premier ouvrage de fiction écrit par Elena Poniatowska. Plus qu’un véritable roman, ces historiettes joliment illustrées par les dessins de Leonora Carrington mettent en scène Lilus, une fillette rêveuse et anticonformiste, qui, non sans malice, incarne le passage initiatique de l’enfance à l’adolescence dans le Mexique des années 1950. En partie autobiographique, ce livre est doté de l’écriture à la fois juste et poétique qui caractérise toute l’œuvre de l’auteur.

Traduction et présentation de Françoise Léziart

L’auteur : Elena Poniatowska est née à Paris en 1933 et vit au Mexique depuis 1942. Journaliste et écrivain, elle a reçu de nombreux prix et distinctions littéraires. Elle est aujourd’hui considérée comme l’un des écrivains majeurs du Mexique contemporain.

Mars 2006, 18 x 12 cm, 80 pages, 10 €

Vingt et un, de J.-F. Kierzkowski

Jean-François Kierzkowski,
Vingt et un

Extrait : « Les signes ne trompent pas. Personne ne veut y croire, pourtant ils sont là. D’abord, il y a eu le grand chêne, au fond de la prairie. Vingt et une feuilles sont devenues blanches. Du jour au lendemain. Blanches comme l’ivoire, en plein milieu de la verdure. Je les ai cueillies. Toutes petites. Dans ma paume, on aurait dit des fientes d’oiseaux. Je peux les montrer à qui me le demande : elles sont rangées au-dessus du buffet, dans la bibliothèque, entre deux pages de la Bible. »

Résumé : Depuis la mort de sa femme, Jean vit seul dans sa ferme située entre Nantes et Saint-Nazaire : sa vie est rythmée par la lecture de la rubrique nécrologique du journal et sa visite dominicale au bistrot du village. Jusqu’au jour où des évènements surnaturels se produisent chez lui : tout le porte rapidement à croire que l’Apocalypse est imminente, et qu’elle aura lieu dans son jardin. Pour conjurer l’apparition de la Bête, Jean fait appel à un magnétiseur, qui confirme ses craintes.

L’auteur : Jean-François Kierzkowski est né à Saint-Nazaire en 1975. Il vit à Nantes. Aux éditions Les Perséides, il a publié Grande Faim (2005), et plus récemment Le Bibliomane (2010). Il est aussi l’auteur d’une trilogie pour la jeunesse dont les deux premiers volets, L’Institut Klémentine et Opération Groubachek, ont paru aux Perséides en 2012. Toujours en 2012, il a reçu le prix de la fiction de l’Académie de Loire-Atlantique et de Bretagne pour le scénario d’une bande-dessinée intitulée En route pour le Goncourt (éd. Cornélius).

ISBN : 978-2-915596-32-8

Avril 2007, 21 x 13 cm, 160 pages, 15 €