Les Îles à sucre, de la colonisation à la mondialisation

Jean Crusol, Les Îles à sucre.
De la colonisation à la mondialisation

Présentation : La plupart des sociétés insulaires de la Caraïbe, ainsi que quelques îles de l’Océan Indien — Réunion et Maurice —, du Pacifique — Hawaï et Fidji — et de l’Océan Atlantique — les îles du Cap Vert, Bioko (Fernando Poo), Sao Tome et Principe — ont une même origine historique : la colonisation et l’économie sucrière insulaire. Pourtant, si ce sont toutes d’anciennes « îles à sucre », elles sont aujourd’hui très différentes les unes des autres. Au plan politique, certaines sont indépendantes, d’autres ont institutionnellement été intégrées à un grand pays occidental, d’autres ont un statut d’autonomie. Au plan économique, certaines ont des indicateurs parmi les plus élevés du monde, d’autres se situent au niveau intermédiaire, d’autres encore sont parmi les pays les plus pauvres de la planète. Comment ces sociétés en sont-elles arrivées là ? Pourquoi ont-elles évolué vers des statuts politiques différents ? Pourquoi leurs niveaux de développement économique et social divergent-ils si fortement aujourd’hui ? Et face au contexte actuel de la globalisation, quelles perspectives leur sont réservées ? Telles sont les principales questions auxquelles tente de répondre cet ouvrage. Pour ce faire, l’auteur étudie la formation historique d’un certain nombre de ces sociétés insulaires. Dans la Caraïbe, l’ensemble des îles de l’archipel, de Cuba à Trinidad, y compris les Guyanes ; dans l’Océan Indien, La Réunion et l’Ile Maurice, et dans le Pacifique, les îles Hawaï. Il décrit les principaux changements et ruptures qui ont marqué leur histoire : la colonisation, la fondation du modèle de l’économie sucrière esclavagiste insulaire, les abolitions, les modifications sociales, et économiques post-abolitionnistes, les ajustements face à la première phase de la mondialisation et les conséquences de l’effondrement du commerce mondial dans la première moitié du XXe siècle, la mise en place des statuts politiques actuels, le déclin du modèle de l’économie sucrière insulaire, les processus de modernisation économique et sociale, et enfin, les principaux enjeux auxquels ces îles sont confrontées aujourd’hui.

Prix Fetkann 2008, catégorie « recherche ».

L’auteur : Jean Crusol est docteur en sciences économiques et professeur à l’Université des Antilles et de la Guyane. Ancien député européen et vice-président du Conseil régional de la Martinique, il est l’un des spécialistes de tout premier plan des économies insulaires.

Octobre 2007, 23 x 15 cm, 544 pages, 35 €

Entre assimilation et émancipation : l’outremer français dans l’impasse

Thierry Michalon (dir.),
Entre assimilation et émancipation.
L’outre-mer français dans l’impasse ?

Présentation : Le présent ouvrage rassemble vingt-six textes en provenance de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion, la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. Leurs auteurs ont accepté de mêler leurs voix sur un thème qui leur est apparu commun à l’ensemble de l’outre-mer français : la cohabitation dans les esprits de sentiments dont la conciliation n’est pas aisée. Si la brutalité de la domination coloniale n’est plus qu’un mauvais souvenir, l’humiliation, elle, perdure, entretenue par les trop fréquentes attitudes de mépris dont les populations font, aujourd’hui encore, l’objet, et pour la légitimation qu’elle procure à leur posture de créanciers de la République. Un ressentiment diffus l’accompagne, que certaines situations réveillent, et qu’une large part des élites – politiques, intellectuelles et artistiques – entretient : adossé au sentiment de ne pas faire partie, historiquement, géographiquement et culturellement, de la Nation française, il nourrit un rêve indistinct d’émancipation. Face à ce versant, un autre, symétrique. Ces communautés, dans leur complexité, sont fruits de l’aventure coloniale : elles se savent filles de la France, et lui sont attachées à plus d’un titre. Pour les conditions de vie matérielles qu’elle leur procure, certes, en les maintenant à l’abri des exigences de plus en plus impitoyables de l’économie de marché ; mais aussi par une réelle fierté d’appartenir à la République, cette entité mythique, à la fois distante et proche, hautaine et généreuse, qui a finalement su imposer sur place, aux tenants de l’ordre colonial, cette égalité de traitement qui a, certes imparfaitement, pansé maintes blessures. Sur le terrain du droit, de l’histoire et de l’analyse politique et sociale, cet ouvrage montre comment, dans tous ses territoires et départements d’outre-mer, la double aspiration subsiste par rapport à la France : être la fois de plus en plus « dehors » et de plus en plus « dedans ».

Avec les contributions de Joël Boudine, Pierre-Yves Chicot, Justin Daniel, Michel Desse, Renuga Devi Voisset, Solange Drollet, Maude Elfort, Jean-Yves Faberon, Kareen Faberon, Bertrand François-Lubin, Michel Giraud, Michel Herland, Laurent Jalabert, Emmanuel Jos, Michel Louis, Gérard Gabriel Marion, Juile Mérion, Thierry Michalon, André Oraison, Jean-Marc Regnault, Jean-Pierre Sainton, Jean-Michel Salmon, Laurent Sermet, René Squarzoni, Isabelle Vestris, Ulrike Zander.

L’auteur : Thierry Michalon, coordinateur du présent ouvrage, est maître de conférences à l’Université des Antilles et de la Guyane et chercheur au Centre de Recherche sur les Pouvoir Locaux dans la Caraïbe, unité mixte de recherche de l’UAG et du CNRS.

Juillet 2005, 23 x 15 cm, 528 pages, 30 €