Autoportrait de K. Gibran

Khalil Gibran
Autoportrait

Si la postérité s’est forgé une image un peu éthérée de l’écrivain libanais, il ressort de ces quelques soixante lettres échelonnées sur les trente dernières années de sa vie, une personnalité plus complexe, et plus concrète aussi. On découvre ainsi, comme on avait déjà pu le faire à travers certains de ses textes « politiques » réunis dans Mon Liban, qu’il fut un ardent défenseur de son pays, engagé dans tous les grands mouvements intellectuels syro-libanais aux États-Unis.
Le portrait qui se dessine à travers ce choix de lettres inédites est celui d’un artiste en proie aux affres de la création, selon la formule de Flaubert, tiraillé entre deux langues, l’arabe et l’anglais, deux mondes, l’Orient et l’Occident, deux femmes aussi, Mary et May. Mais on y voit surtout un écrivain habité par son œuvre, traversé par une inspiration quasi-mystique. Loin d’être la figure du sage que pourrait laisser entrevoir la lecture du Prophète, on découvre un homme capable de terribles colères, un amoureux platonique perpétuel, un ami extrêmement fraternel, un homme très tôt rongé par la maladie, une intelligence poétique suraiguë. Gibran, dépositaire d’une tradition séculaire, fut pourtant bien un homme de son temps, et à certains points de vue, un précurseur.

ISBN : 978-2-84418-166-4

Juin 2009, 17 x 12 cm, 160 pages, 14 € (+ 2 Euros de participation aux frais de port)

Une guerre et deux républiques

André Van Ruymbeke,
Une guerre et deux républiques

(mémoires)

André Van Ruymbeke a vingt ans en 1939, quand la guerre interrompt ses études. Il rejoint alors le Maroc, où il a passé son enfance, puis revient en France pour s’engager dans l’armée en déroute. C’est la défaite et l’Occupation. Entré en résistance à Toulouse, il gagne ensuite l’Espagne où il se retrouve interné dans le rude camp de Miranda. Relâché, il s’engage dans l’armée coloniale d’Afrique du Nord  et, avec son unité, il débarque en Provence aux côtés des Américains, prenant une part active à la libération de Toulon et frôlant plusieurs fois la mort.

Après la guerre, il entame une carrière de haut fonctionnaire à laquelle nuiront ses engagements syndicalistes. Le retour du général de Gaulle en 1958 marque pour lui le début d’une nouvelle époque de sa vie, ponctuée de missions en Afrique et en Europe de l’Est, à un moment clé de l’histoire où les enjeux sont aussi importants que la guerre froide, la décolonisation ou encore la construction de l’Europe. Il quittera finalement le service de l’État pour diriger l’Union Laitière Normande, la première entreprise alimentaire de France dans les années 1970.

Son histoire, c’est d’abord celle d’un Français témoin des destinées de son pays et des grands événements qui l’auront marqué depuis 1939 : une guerre, deux républiques… Une traversée du siècle que Bernard Cottret résume très bien dans sa belle préface : « André Van Ruymbeke a mené une vie qui se confond en grande partie avec ce siècle qui n’en finit pas de finir et de nous poursuivre de ses mirages et de ses certitudes. Il en aura été un acteur lucide et courageux, l’un de ces hommes qui permettent de contester la thèse honteuse selon laquelle la France aurait été du côté de la défaite et de l’humiliation. »

Août 2004, 23 x 15 cm, 352 pages, 22 € (+ 3 Euros de participation aux frais de port)