VisuelExilsDelphine Diaz, Jeanne Moisand,
Romy Sanchez et Juan Luis Simal (dir.),

Exils entre les deux mondes.
Migrations et espaces politiques atlantiques au XIXe siècle

Le XIXe siècle fut tout à la fois un temps de bouleversements politiques, « le siècle des exilés » et le moment de la « Grande Migration » des Européens vers l’Amérique. Ce livre collectif se donne pour ambition d’explorer ensemble ces trois dimensions de l’histoire euro-américaine du XIXe siècle trop souvent étudiées séparément.
En réunissant les contributions issues d’un colloque tenu à la Casa de Velázquez à Madrid, le présent ouvrage rassemble les travaux récents de chercheurs confirmés et de jeunes universitaires afin de réfléchir à plusieurs enjeux historiographiques. Il s’agit non seulement de donner à l’exil politique la place qu’il mérite au sein de l’histoire politique du XIXe siècle, mais aussi de redéfinir la chronologie d’un monde atlantique qui semble parfois s’arrêter à la fin de l’Âge des Révolutions. Retraçant l’histoire collective de ceux qui ont quitté leur terre pour se réfugier ailleurs, par delà l’océan Atlantique, ce volume entend chercher au-delà des frontières de l’État-nation l’apport des exilés à un siècle de recompositions politiques, économiques et sociales. L’expérience transnationale des exilés et la frontière poreuse entre exil et migration constituent deux nouvelles clés de lecture pour comprendre l’entrée dans la modernité politique euro-américaine.

Contributions de Sylvie Aprile, Edward Blumenthal, Walter Bruyère-Ostells, Delphine Diaz, Alexandre Dupont, Gabriel Entin, Carlos Ferrera Cuesta, Jeanne Moisand, Florencia Peyrou, Juan Pro, Romy Sánchez et Juan Luis Simal.

ISBN : 978-2-37125-010-9
Février 2015, 23 x 15 cm, 300 pages, 25 €

 

Paul Gootenberg

Cocaïne andine. L’invention d’une drogue globale,
traduit de l’anglais (USA) par Thomas Van Ruymbeke,
en coédition avec les Presses Universitaires de Rennes.

Dans cette étude novatrice et solidement documentée qui relate un chapitre aussi méconnu qu’emblématique de l’histoire de la globalisation, Paul Gootenberg entreprend de retracer l’essor irrésistible de l’un des produits d’exportation les plus fascinants – et désormais illégal– de l’Amérique latine : la cocaïne, ainsi que celui de la plante andine dont elle dérive, la coca.
Gootenberg retrace l’histoire de la cocaïne depuis ses origines et le succès foudroyant qu’elle connut au départ comme produit médical révolutionnaire à la fin du XIXe siècle, jusqu’à la répression qui s’est abattue sur elle dans la première moitié du XXe siècle puis sa réapparition spectaculaire comme drogue illicite après la Deuxième Guerre mondiale. Pour retracer les transformations successives de la cocaïne, il faut convoquer une foule d’individus, de produits, de disciplines et de processus divers et variés : Sigmund Freud, le Coca-Cola et Pablo Escobar font des apparitions attendues dans ces pages, incarnations de ces influences « globales » qui ont forgé l’histoire de la cocaïne depuis le commencement. Mais Gootenberg s’écarte également de l’histoire connue et nous éclaire sur le rôle joué par des acteurs andins essentiels mais demeurés jusqu’ici dans l’ombre, tel que le pharmacien péruvien qui a développé les techniques de transformation du produit à l’échelle industrielle, ou les hommes qui ont mis en place les premiers réseaux clandestins, ceux-là même dont allaient s’emparer, bien des années après, les narcotrafiquants colombiens.
Cocaïne andine se révèle, au fil des pages, une lecture indispensable pour comprendre ce qui demeure l’un des problèmes les plus épineux des sociétés américaines de la fin du XXe et du début du XXIe siècle : l’épidémie de cocaïne des années 1980, et, dans son sillage, l’interminable guerre contre la drogue que continuent à mener les États-Unis dans les Andes.

L’auteur : Paul Gootenberg est professeur d’histoire à l’université Stony Brook de New York. Il est l’auteur de quatre autres ouvrages consacrés à l’argent et au guano péruviens, ainsi qu’à la politique économique du Pérou d’après l’indépendance.

ISBN : 978-2-7535-2835-2
Décembre 2013, 24 x 16 cm, 452 pages, 24 €