VisuelNeutres

 Eric Schnakenbourg (dir.)
Neutres et neutralité dans l’espace atlantique
durant le long XVIIIe siècle (1700-1820)
Une approche globale

 Avec la croissance des échanges internationaux, l’exacerbation des rivalités coloniales et l’amplification des pratiques de guerre, les questions relatives à la neutralité dans l’espace atlantique acquièrent une importance inédite au xviiie siècle. Dès que la guerre éclate, les pavillons neutres cherchent à profiter d’une conjoncture qui est tout à la fois favorable et périlleuse. Qu’ils appartiennent à des puissances établies en Amérique ou dépourvues de colonies, qu’ils proposent une simple couverture sous leurs couleurs, un véritable service de transport, ou que leurs territoires servent à assurer les échanges entre belligérants, les neutres sont des acteurs incontournables des conflits qui touchent l’espace atlantique. L’étude de la neutralité révèle les tensions entre les logiques de guerre et les logiques négociantes qui manifestent, autant l’une que l’autre, l’intensité des relations au sein du monde atlantique. C’est pourquoi la neutralité doit être étudiée comme une réalité transversale inscrite dans un espace marqué par la fluidité des circulations. Elle impose de dépasser les cadres nationaux pour promouvoir une approche ouverte des interconnections afin d’envisager à nouveaux frais les questions relatives à la neutralité et au rôle des neutres au cours du long  XVIIIe siècle. Cette approche, qui participe du décloisonnement spatial et thématique de l’histoire atlantique, permet d’embrasser dans une même perspective aussi bien « les » Amériques, septentrionale, intertropicale et méridionale, que l’Europe. La neutralité atlantique est une arène au sein de laquelle se nouent des relations entre Européens, entre Américains, et entre Européens et Américains. Elle peut être envisagée comme une entrée dans la réflexion sur la formation d’un espace euroaméricain économique, juridique et diplomatique..

Éric Schnakenbourg est professeur d’Histoire moderne à l’université de Nantes et directeur du Centre de Recherche en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA). Il est spécialiste de l’histoire des relations internationales en Europe et dans l’espace atlantique aux XVIIe et XVIIIe siècles.

ISBN : 978-2-37125-014-7
Novembre 2015, 23 x 15 cm, 484 pages, 29,90 € (+ 3,10 € de participation aux frais de port)

 

VisuelCorsairesNicolas Terrien
« Des patriotes sans patrie »
Histoire des corsaires insurgés de l’Amérique espagnole
(1810-1825)

« Il avait été émerveillé en constatant que, parmi tous ceux qui se déclaraient être des insurgés mexicains, carthaginois, margaritains et porteños, à peine se trouvaient quelques Espagnols. La plupart des corsaires étaient français, italiens, nord‑américains et quelques autres anglais ; ces patriotes, sans patrie, n’avaient jamais été au Mexique, à Carthagène, à Margarita, et encore moins à Buenos Aires » (Rapport du consul d’Espagne en Louisiane sur les déclarations d’un ancien prisonnier des corsaires insurgés, 1817).

Question d’histoire atlantique, située dans une période de bouleversements propices à la redéfinition des hiérarchies sociales et des identités individuelles ou collectives, la course insurgée était internationale et composite, liée aux circulations intra‑américaines et transatlantiques d’une multitude d’acteurs de toutes nationalités, aux statuts variés et instables : riches créoles et fonctionnaires espagnols, esclaves soulevés, indiens captifs et marins endettés, aventuriers opportunistes et révolutionnaires dévoués. Les insurgés surent mobiliser dans ce monde souvent interlope les ressources nécessaires pour fomenter la course insurgée, et porter ainsi sur les mers leur lutte contre l’Espagne, de Cadix à Lima, en passant par Buenos Aires et, surtout, la Caraïbe et le golfe du Mexique. L’expédition de lettres de marque devint alors pour l’insurrection un instrument de première importance pour affirmer sa souveraineté puis garantir les indépendances et leurs reconnaissances.

Doctorant en Histoire à l’Université de Nantes (CRHIA), Nicolas Terrien est allocataire de recherche du LabEx EHNE et membre du projet STARACO. Ses recherches portent sur la souveraineté et la construction des nouveaux États indépendants dans la Caraïbe et le golfe du Mexique lors des révolutions atlantiques, au travers plus particulièrement de l’étude des différents acteurs de la course et de la piraterie. Il prépare une thèse, sous la direction de M. Clément Thibaud, intitulée Prédation maritime et révolutions atlantiques : une histoire sociale entre Europe et Amérique (1793-1823).

ISBN : 978-2-37125-011-6
Mai 2015, 23 x 15 cm, 384 pages, 26 € (+ 4 € de participation aux frais de port)