Les Massacres de la Saint-Barthélemy, récit des événement du 24 août 1572 extrait de l’Histoire de Paris de Jacques-Antoine Dulaure.

Notice introductive : Publiée en 1821 sous le règne de Louis XVIII, l’Histoire physique, civile et morale de Paris fut dès sa parution violemment attaquée par les partisans de l’ordre restauré. On pouvait ainsi lire à l’époque sur une feuille volante : « C’est un scandale sans exemple, une longue et furieuse diatribe contre la religion et la monarchie, un amas de mensonges grossiers et de calomnies impudentes », l’auteur du papier affirmant que son propre Tableau de Paris devait servir de « contre-poison aux mensonges et aux infamies de toutes espèces accumulées dans ce livre », quand la Gazette de France, au mois d’octobre 1821, traitait l’auteur de « prêtre défroqué échappé à la basilique de Clermont ». L’Histoire de Paris de Dulaure s’achève pourtant au tout début de l’ère napoléonienne. Il est vrai que l’auteur, ancien révolutionnaire (il fut membre de la Convention, où il vota la mort du roi, puis du Conseil des Cinq-Cents) et républicain convaincu, se livre dans son ouvrage à une véritable charge contre les institutions de l’Ancien-Régime. Son analyse des événements de la Saint-Barthélemy ne manque toutefois pas de nuances. Si la cour de France est responsable des massacres au premier chef, elle est également instrumentalisée par Rome et par la cour d’Espagne. De même, son choix de recourir aux milices catholiques bourgeoises de Paris pour l’exécution du projet renforce le caractère incontrôlable d’un engrenage qui la dépasse. Malgré les critiques, l’Histoire de Paris connut de nombreuses rééditions tout au long du XIXe siècle. Nous proposons en ouverture la préface de la quatrième édition, qui fait figure d’authentique profession de foi, d’historien autant que d’humaniste, et permet de saisir l’esprit qui préside à l’ensemble de l’ouvrage.

Août 2004, 19,5 x 13 cm, 96 pages, 10 €