Frédéric Paulin, La Grande Déglingue.
De l’usage judicieux d’un patriotisme aveugle et économiquement rentable

Extrait : « Ce genre d’alerte glaçait l’échine de tous les bipèdes qui se trouvaient sur le front. Tous avaient entendu parler de l’attaque d’Ypres au mois d’avril précédent. Les fridolins avaient utilisé des vagues dérivantes de chlore. Le gaz moutarde avait attaqué les éponges de 20 000 gonzes et en avait rectifié fissa 5 000. Sans parler des pauvres bestioles qui avaient trinqué : les taupes, lapins et rongeurs de toutes sortes qui se planquaient au fond de la terre pour échapper à la bêtise humaine avaient été enfumés et étaient sortis crever à l’extérieur. Après le bombardement, les brancardiers qui avaient chômé sur le champ de bataille, tant les rescapés étaient rares, avaient été stupéfaits par le nombre de cadavres de bêtes qu’ils y avaient trouvé. Un massacre impeccablement mené, d’autant plus qu’on racontait encore l’histoire des survivants qui en avaient tant bavé des ronds de chapeau que certains s’étaient fait sauter le caisson pour ne plus endurer des souffrances par trop inhumaines. »

L’auteur : Frédéric Paulin vit à Rennes. Après avoir dirigé, entre autres activités, la rédaction d’un magazine satirique, il est aujourd’hui l’auteur de nombreux romans remarqués, policiers et historiques, parus chez différents éditeurs.

Février 2009, 21 x 13 cm, 324 pages, 19,90 €