Jacques Péron, Fin de voyage

Qu’il surgisse dans l’Utah ou aux confins du Finistère, le fantastique de Fin de voyage, tantôt macabre et tantôt familier, détourne la réalité de ses chemins habituels pour lui faire emprunter des voies d’entre deux mondes. Revêtant tour à tour le masque de l’animal et celui de l’humain, les traits d’un enfant asocial ou ceux d’une vieille acariâtre, ses personnages fantômatiques sont souvent des exilés, des êtres en perdition qui atteignent le bout de leur voyage dans le réel. Avec ce recueil de nouvelles Jacques Péron signe une œuvre riche de poésie, d’humour et de mystère.

Extrait : « J’ai pris le large pendant quelques jours avant de me remettre à mes travaux de recherche. Seul dans ma maison silencieuse, je noircis moi aussi les pages d’un grand cahier. J’évite de regarder dans la direction de Bénodet ; il est quatre heures, l’heure fatidique, et je ne sais que trop comment s’éteignent les réverbères de la corniche, un jaune puis un blanc, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout plonge dans le noir. Je sais aussi qu’à mi-chemin entre l’anse du Trez et la pointe Saint-Gilles il n’y a plus aucune lumière : c’est la nuit, nous le savons tous, qui finit toujours par l’emporter. »

Préface de Michel Menu.

L’auteur : Auteur d’une thèse sur Les Images maritimes de Pindare (Klincksieck, 1974), Jacques Péron a été professeur de lettres classiques à l’université de Toulouse, puis de Rennes 2.  Il a écrit un nombre impressionnant de nouvelles, genre où il excelle. Fin de voyage rassemble les plus remarquables d’entre elles.

ISBN : 978-2-915596-23-6

Mai 2006, 21 x 13 cm, 256 pages, 18 €