Les Pays chimériques

François Asselinier
Les Pays chimériques
roman

« Où il sera question, entre autres, de l’infibulation des femmes et de ses conséquences pratiques, de la vie du poète Charles Baudelaire et de son incompréhension par les baudelairiens, de Mouamar Kadhafi et de ses rapports avec Walt Whitman, de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis et des premiers réfugiés du Darfour, de la Charia — la loi islamique — et des Fleurs du mal, d’Edgar Poe et des Tigréennes, du Congo belge et de Savorgnan de Brazza, de la victoire anglo-égyptienne d’Omdurman sur les armées du Madhi et de son calife en 1898, de la reine Victoria, de la syphilis, d’un voyage sur le Paquebot-des-mers-du-Sud, et, plus globalement, de mémoires oubliées et d’enfances mutilées, ou d’enfances oubliées et de mémoires mutilées. Où l’auteur tentera, chemin faisant, de répondre au moins partiellement à la question suivante : quel prix doit-on payer pour appartenir, appartenir enfin ? »


L’auteur :
François Asselinier est médecin à Rennes. Fin connaisseur de la biographie et de l’œuvre de Charles Baudelaire, il a réédité il y a quelques années Les Fleurs du Mal et Le Spleen de Paris (Le Grand Alque, 2000). Ce n’est donc pas un hasard si le poète joue un rôle majeur dans ce beau roman polyphonique.

Ci-contre : François Asselinier en dédicace à Bécherel à la librairie Les Perséides.

ISBN : 978-2-915596-40-3

Mai 2008, 21 x 13 cm, 192 pages, 18 €

La Grande Déglingue, de Frédéric Paulin

Frédéric Paulin, La Grande Déglingue.
De l’usage judicieux d’un patriotisme aveugle et économiquement rentable

Extrait : « Ce genre d’alerte glaçait l’échine de tous les bipèdes qui se trouvaient sur le front. Tous avaient entendu parler de l’attaque d’Ypres au mois d’avril précédent. Les fridolins avaient utilisé des vagues dérivantes de chlore. Le gaz moutarde avait attaqué les éponges de 20 000 gonzes et en avait rectifié fissa 5 000. Sans parler des pauvres bestioles qui avaient trinqué : les taupes, lapins et rongeurs de toutes sortes qui se planquaient au fond de la terre pour échapper à la bêtise humaine avaient été enfumés et étaient sortis crever à l’extérieur. Après le bombardement, les brancardiers qui avaient chômé sur le champ de bataille, tant les rescapés étaient rares, avaient été stupéfaits par le nombre de cadavres de bêtes qu’ils y avaient trouvé. Un massacre impeccablement mené, d’autant plus qu’on racontait encore l’histoire des survivants qui en avaient tant bavé des ronds de chapeau que certains s’étaient fait sauter le caisson pour ne plus endurer des souffrances par trop inhumaines. »

L’auteur : Frédéric Paulin vit à Rennes. Après avoir dirigé, entre autres activités, la rédaction d’un magazine satirique, il est aujourd’hui l’auteur de nombreux romans remarqués, policiers et historiques, parus chez différents éditeurs.

Février 2009, 21 x 13 cm, 324 pages, 19,90 €

L’Obscurité, de Cyrille Guilbert

Cyrille Guilbert
L’Obscurité
roman

Laure Marsant vit seule et recluse dans le village de son enfance. Autour d’elle, les rumeurs de guerre enflent et s’exacerbent. Elle sait mieux que personne de quoi il retourne, que la guerre n’est plus un événement mais un état, et qu’elle est devenue, de fait, inéluctable. Mais quelle est la nature réelle du mal ? Les hommes ne font-ils pas erreur en le nommant, croyant l’enfermer dans une catégorie quand il s’agit en vérité de leur propre substance ? Face à ce constat, celle qui pourrait être la sacrifiée ou la sainte oppose un refus sans gloire, avant de s’enfoncer peu à peu dans un crescendo de violence et cède à ses pulsions les plus noires. Un premier roman magistral, qui repose sur une écriture envoûtante.

Extrait : « Je déclarai plus brutalement que cette guerre au contraire passerait sur nous comme un rouleau-compresseur et que chaque famille en serait meurtrie. La guerre devenait un avenir inévitable pour nous qui avions perdu toute notion de l’amour ou de la simple fraternité, nous y référant pour nous en moquer comme de vieux costumes mités, des habits portés dans l’enfance et qui paraissaient aujourd’hui le comble du grotesque. La guerre arrivait et nous ne pouvions plus rien y faire. »

L’auteur : Cyrille Guilbert est né à Boulogne-sur-Mer en 1973. Il vit près de Lille. L’Obscurité est son premier roman. Depuis, il a publié un second roman, La Sorcière de Templeuve (Les Perséides, 2012).

ISBN : 978-2-915596-34-2

Octobre 2007, 21 x 13 cm, 256 pages, 18 €

Un sourire solaire, d’André Daviaud

André Daviaud, Un sourire solaire

Résumé : Un sourire solaire retrace le parcours d’un homme ayant vécu une aventure poétique profondément ancrée dans le milieu du vingtième siècle. Si la trame du récit s’inspire fortement de la vie du poète René Guy Cadou (qui n’est jamais nommé), il ne s’agit pourtant pas d’une biographie mais d’un roman à part entière. En se servant des libertés et des nombreux recours de la fiction, c’est toute une époque que fait revivre dans ces pages André Daviaud : l’effervescence d’une jeunesse autour de la figure emblématique de Max Jacob et la naissance, dans le vin et la joie, de l’école de Rochefort; certains épisodes tragiques de la guerre, comme l’affaire des cinquante otages qui abrège la destinée du jeune Guy Mocquet, les bombardements de Nantes par les Américains, l’ascension brisée de Bernard de Lattre de Tassigny, mort en Indochine. Destins croisés, entrecroisés, emportés dans le tourbillon de l’Histoire. Et combien paradoxal celui de cet homme au sourire solaire, pour qui la poésie est tout, qui croise un jour la route des sacrifiés chantant dans le camion qui les mène à la mort, de cette voix « qui frappe comme vous à la porte de son destin et chante sous les balles ». Vivre, c’est pour lui, comme pour tout un chacun, évoluer « dans le voisinage de la tristesse et du bonheur au quotidien », selon les jolis mots d’Hélène Cadou, qui a signé la préface de ce livre.

André Daviaud me semble s’affirmer comme un poète de l’alliance. Il y a des poètes du refus et des poètes de l’accord. L’accord n’est pas communion mais abord ouvert et compréhensif d’une réalité fraternelle. Au-delà de toutes limites, de toutes frontières, le poète André Daviaud pose la réalité d’un monde qu répond à notre attente par une approche sensible et juste. Dans la lignée de René-Guy Cadou s’éveille à notre porte le voisinage d’un univers de la tristesse et du bonheur au quotidien. (Hélène Cadou, Louisfert, été 2008)

L’auteur : André Daviaud est né à La Rochelle le 30 mars 1953. Auteur d’un premier roman remarqué (La Terre à personne, L’Escarbille, 2005), puis de Mane Vechen (Les Perséides, 2011), il est enseignant à Sainte-Anne d’Auray. Il a aussi publié plusieurs recueils de poèmes.

Décembre 2008, 21 x 13 cm, 202 pages, 17 €

Vingt et un, de J.-F. Kierzkowski

Jean-François Kierzkowski,
Vingt et un

Extrait : « Les signes ne trompent pas. Personne ne veut y croire, pourtant ils sont là. D’abord, il y a eu le grand chêne, au fond de la prairie. Vingt et une feuilles sont devenues blanches. Du jour au lendemain. Blanches comme l’ivoire, en plein milieu de la verdure. Je les ai cueillies. Toutes petites. Dans ma paume, on aurait dit des fientes d’oiseaux. Je peux les montrer à qui me le demande : elles sont rangées au-dessus du buffet, dans la bibliothèque, entre deux pages de la Bible. »

Résumé : Depuis la mort de sa femme, Jean vit seul dans sa ferme située entre Nantes et Saint-Nazaire : sa vie est rythmée par la lecture de la rubrique nécrologique du journal et sa visite dominicale au bistrot du village. Jusqu’au jour où des évènements surnaturels se produisent chez lui : tout le porte rapidement à croire que l’Apocalypse est imminente, et qu’elle aura lieu dans son jardin. Pour conjurer l’apparition de la Bête, Jean fait appel à un magnétiseur, qui confirme ses craintes.

L’auteur : Jean-François Kierzkowski est né à Saint-Nazaire en 1975. Il vit à Nantes. Aux éditions Les Perséides, il a publié Grande Faim (2005), et plus récemment Le Bibliomane (2010). Il est aussi l’auteur d’une trilogie pour la jeunesse dont les deux premiers volets, L’Institut Klémentine et Opération Groubachek, ont paru aux Perséides en 2012. Toujours en 2012, il a reçu le prix de la fiction de l’Académie de Loire-Atlantique et de Bretagne pour le scénario d’une bande-dessinée intitulée En route pour le Goncourt (éd. Cornélius).

ISBN : 978-2-915596-32-8

Avril 2007, 21 x 13 cm, 160 pages, 15 €

Grande Faim, de J.-F. Kierzkowski

Jean-François Kierzkowski,
Grande Faim

Grande Faim c’est un carnet, tenu au jour le jour par un narrateur anonyme, qui doit se nourrir de livres pour survivre parmi les fantômes de ses proches. C’est aussi une fable moderne drôle et inventive sur nos comportements boulimiques et les troubles identitaires qu’ils génèrent. Sur la terreur de la page blanche, qui, un jour, devient comestible… Lire Grande Faim c’est faire l’expérience du vertige. Dévorez !

Extrait : « Elle a coupé les arrêtes du livre puis l’a enfourné dans la bouche. J’ai vu l’ouvrage disparaître dans ce trou béant. Juliette a fermé les yeux. Sa gorge s’est déformée. Elle a récité : ‘notre bagne se trouvait à l’extrémité de la forteresse, au bord d’un rempart…’ Toute la nuit : Souvenirs de la maison des Morts. Mot après mot. Elle aurait pu dire le texte à l’envers, prononcer seulement les consonnes, les voyelles, une phrase sur deux… Le livre présent en elle. Elle était le livre. »

L’auteur : Jean-François Kierzkowski est né à Saint-Nazaire en 1975. Il vit à Nantes. Aux éditions Les Perséides, il a, depuis, publié deux autres romans : Vingt et un (2007) et Le Bibliomane (2010). Il est aussi l’auteur d’une trilogie pour la jeunesse dont les deux premiers volets, L’Institut Klémentine et Opération Groubachek, ont paru aux Perséides en 2012. Toujours en 2012, il a reçu le prix de la fiction de l’Académie de Loire-Atlantique et de Bretagne pour le scénario d’une bande-dessinée intitulée En route pour le Goncourt (éd. Cornélius).

ISBN : 978-2-915596-12-0

Novembre 2005, 21 x 13 cm, 128 pages, 15 €

Les Cibles disponibles

Nathalie Burel,
Les Cibles disponibles

roman

Comment l’histoire d’un adultère peut-elle subitement basculer dans le roman noir ? Tel est l’enjeu de ce livre, dans lequel un représentant de commerce démotivé et rongé par la culpabilité  arnaque des truands et laisse sa lâcheté désigner deux femmes comme boucs émissaires. Dans son premier roman, Nathalie Burel se livre à un jeu de massacre avec ses personnages, mené de bout en bout sur un mode polyphonique qui confère au récit le rythme et la profondeur d’une authentique tragédie moderne.

Extrait : « Je ne me sentais pas capable de remonter dans ma voiture pour errer dans des lotissements. J’ai consulté ma feuille de route en écoutant mon répondeur. Tony m’avait laissé deux messages. Le premier, cinq minutes avant l’heure prévue de ma pause, et le deuxième à l’heure de ma reprise. J’ai jeté mon portable par la fenêtre et je me suis dirigé vers l’infinité des allées en gravillons, vers l’univers féérique des zones pavillonnaires. »

L’auteur : Nathalie Burel est née à Rennes en 1976. Aux éditions Les Perséides, elle a publié deux recueils de nouvelles, La Vie ne sera plus pareille (2004) et Je suis un phasme (2005). Les Cibles disponibles est son premier roman.

ISBN : 978-2-915596-22-9

Août 2006, 21 x 13 cm, 160 pages, 15 €

Ci-contre : article de Claude Ollivier paru dans La Gazette de Berlin.