Entre assimilation et émancipation : l’outremer français dans l’impasse

Thierry Michalon (dir.),
Entre assimilation et émancipation.
L’outre-mer français dans l’impasse ?

Présentation : Le présent ouvrage rassemble vingt-six textes en provenance de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion, la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. Leurs auteurs ont accepté de mêler leurs voix sur un thème qui leur est apparu commun à l’ensemble de l’outre-mer français : la cohabitation dans les esprits de sentiments dont la conciliation n’est pas aisée. Si la brutalité de la domination coloniale n’est plus qu’un mauvais souvenir, l’humiliation, elle, perdure, entretenue par les trop fréquentes attitudes de mépris dont les populations font, aujourd’hui encore, l’objet, et pour la légitimation qu’elle procure à leur posture de créanciers de la République. Un ressentiment diffus l’accompagne, que certaines situations réveillent, et qu’une large part des élites – politiques, intellectuelles et artistiques – entretient : adossé au sentiment de ne pas faire partie, historiquement, géographiquement et culturellement, de la Nation française, il nourrit un rêve indistinct d’émancipation. Face à ce versant, un autre, symétrique. Ces communautés, dans leur complexité, sont fruits de l’aventure coloniale : elles se savent filles de la France, et lui sont attachées à plus d’un titre. Pour les conditions de vie matérielles qu’elle leur procure, certes, en les maintenant à l’abri des exigences de plus en plus impitoyables de l’économie de marché ; mais aussi par une réelle fierté d’appartenir à la République, cette entité mythique, à la fois distante et proche, hautaine et généreuse, qui a finalement su imposer sur place, aux tenants de l’ordre colonial, cette égalité de traitement qui a, certes imparfaitement, pansé maintes blessures. Sur le terrain du droit, de l’histoire et de l’analyse politique et sociale, cet ouvrage montre comment, dans tous ses territoires et départements d’outre-mer, la double aspiration subsiste par rapport à la France : être la fois de plus en plus « dehors » et de plus en plus « dedans ».

Avec les contributions de Joël Boudine, Pierre-Yves Chicot, Justin Daniel, Michel Desse, Renuga Devi Voisset, Solange Drollet, Maude Elfort, Jean-Yves Faberon, Kareen Faberon, Bertrand François-Lubin, Michel Giraud, Michel Herland, Laurent Jalabert, Emmanuel Jos, Michel Louis, Gérard Gabriel Marion, Juile Mérion, Thierry Michalon, André Oraison, Jean-Marc Regnault, Jean-Pierre Sainton, Jean-Michel Salmon, Laurent Sermet, René Squarzoni, Isabelle Vestris, Ulrike Zander.

L’auteur : Thierry Michalon, coordinateur du présent ouvrage, est maître de conférences à l’Université des Antilles et de la Guyane et chercheur au Centre de Recherche sur les Pouvoir Locaux dans la Caraïbe, unité mixte de recherche de l’UAG et du CNRS.

Juillet 2005, 23 x 15 cm, 528 pages, 30 €

Les Lèvres du Monde : de la Caraïbe à l’archipel malais

Georges Voisset, Les Lèvres du Monde.
Littératures comparées de la Caraïbe à l’Archipel malais

Aucun prix Nobel de littérature sud-est asiatique. Le cas est singulier. Mais existe-t-il vraiment des littératures sud-est asiatiques ? La littérature devrait, en principe, pouvoir fournir des explications. Mais pour cela il faudrait que la discipline, notamment au sein de l’Université française, ne souffre pas du même syndrome que le jury de Stockholm. Ce syndrome est appelé, dans ces pages, lecture occidentée du monde. Il consiste, avant tout, à ne plus savoir lire que dans les langues « europhones », à quelques rares exceptions près (japonais, chinois, arabe). La vocation de la Caraïbe au cœur des mondes atlantiques a fait, de ces lectures, l’un des piliers du renouveau des études comparatistes, notamment dites post-coloniales. Elle peut, en cela, servir de référent aux valeurs proclamées d’un « Tout-Monde ». Mais si « World Fiction » ou « Littérature-monde » défont et refont à toute allure leurs tours du monde, prétendant, à chaque boucle, abolir davantage de barrières, elles n’en entretiennent pas moins soigneusement leur muraille de Chine.

Entre les deux, l(Asie du sud-est littéraire, et la formidable réserve de Divers qu’elle incarne, demeurent à peine audibles dans nos concerts à l’éloge du Divers. Géopolitique, géosymbolique et littérature comparée auront ici beaucoup à faire. Le parti a été adopté, dans ce travail, de considérer que les littératures sud-est asiatiques existent, et qu’en conséquence elles sont, à la fois, incomparables et comparables, relevant, elles aussi, d’un « Tout-Monde » et non de « spécialités orientalistes ». Mais selon quelles mesures, quelles distances et quels extrêmes (Orient, Asie) ? En quel sens les aborder ?

Cet ouvrage se propose, dans un premier temps, de tenter de répondre à ces questions. Dans un second temps sont regroupées quelques excursions, parfaitement pionnières, qui explorent ces relations de distance et d’extrême. Elles concernent un monde particulièrement bien occulté dans nos échanges littéraires (peut-être parce que trop rétif à leurs ordonnancements), celui de l’Archipel malais. Ces pages seront aussi l’occasion de relire — et relier — la pensée de quelques figures marquantes de nos littératures comme celle de Voltaire ou de Segalen, parmi beaucoup d’autres.

L’auteur : Georges Voisset est professeur de littérature générale et comparée à l’Université des Antilles et de la Guyane. Il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages et de nombreux articles sur les littératures de l’archipel malais et de la Caraïbe. Aux éditions Les Perséides, il a, depuis, publié Pantouns malais (2009), Malaisie. Le pays d’Entre-mondes (2010) et Contes sauvages (2012).

Mai 2008, 23 x 15 cm, 480 pages, 28 €

Kingdom and Colony

Nicholas P. Canny, Kingdom and Colony. La colonisation de l’Irlande par l’Angleterre 1560-1800, traduit de l’anglais (Irlande) par Thomas Van Ruymbeke.

Présentation : Entre le XVIe siècle et la fin du XVIIIe siècle, l’Angleterre a mis en place en Irlande un processus de colonisation systématique comparable à celui qui s’est opéré à la même époque en Amérique du Nord. À bien des égards, le sort réservé aux habitants de souche gaëlique de cette Terra Florida, considérés comme des « barbares », n’était pas très différent de celui des Amérindiens, même si l’expérience historique irlandaise reste, dans une certaine mesure, unique. C’est tout le mérite du livre de Nicholas Canny, l’un des meilleurs spécialistes de la question, de décrire dans toute sa complexité ce qui fut à la fois une entreprise de conquête, un phénomène migratoire et une tentative d’assimilation politique et culturelle. Pour ce faire, l’auteur s’est appuyé sur les nombreuses sources littéraires et documentaires et s’est intéressé aux facteurs socio-économiques autant que politiques. Plus qu’une histoire de la colonisation de l’Irlande par l’Angleterre, cet ouvrage est donc aussi une étude en profondeur de la société coloniale irlandaise : discrimination religieuse, confiscation des terres, exploitation des ressources naturelles du pays, mais aussi cohabitation et souvent coopération entre colons anglais et natifs du pays. Une politique qui a connu un durcissement après le soulèvement de 1641, réprimé dans le sang par les armées de Cromwell, et qu a longtemps fait de l’Irlande une « colonie », titre plus approprié en réalité que celui de « royaume » qu’on voulait bien lui donner.

L’auteur : Après avoir été longtemps professeur d’histoire à l’université de Galway, en Irlande, Nicholas P. Canny est aujourd’hui président de l’Académie royale irlandaise. Il a reçu de nombreuses distinctions pour ses travaux sur l’histoire coloniale de l’Irlande, notamment son ouvrage Making the Ireland British, 1580-1650.

Juin 2011, 21 x 14 cm, 160 pages, 17 €

L’imaginaire poétique et social dans le champ littéraire martiniquais

Liliane Fardin, L’Imaginaire poétique et social
dans le champ littéraire martiniquais.

Présentation : Les rapports entre littérature et réalité ont toujours été complexes. Chaque écrivain est confronté à un choix entre réalisme historique et purisme esthétique. La question se trouve renforcée chez les romanciers et poètes antillais du fait d’un passé collectif riche et tourmenté. Si certains décident de faire de leur livre un lieu de mémoire, alors que d’autres privilégient le récit de la vie contemporaine aux Antilles, tous répondent à la visée esthétique exigée par leur art en façonnant un langage poétique et un univers littéraire pleins d’humour et d’ironie, de fantaisie et d’onirisme.

Le rôle du lecteur est alors d’interpréter ces récits, pour réfléchir sur lui-même et sur le monde, ainsi que de s’interroger sur les rapports entre réel et imaginaire. C’est ce à quoi nous invite l’auteur, en relisant des textes martiniquais de genres divers (poésie, théâtre, roman et conte), et des écrivains tels qu’Aimé Césaire (l’inventeur de la négritude) ou Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt 1992 pour Texaco). Elle analyse ces tableaux de la vie martiniquaise sur trois plans : celui de la fiction et du mythe, avec le carnaval, par exemple ; celui des réalités socio-économiques, notamment l’héritage du colonialisme et de l’esclavage ; enfin, celui du « réalisme imaginaire ». Ce livre passionnera autant les amateurs de littérature caribéenne que ceux qui cherchent à mieux connaître l’histoire et la culture antillaises contemporaines.

L’auteur : Liliane Fardin est agrégée de lettres classiques et maître de conférences à l’université des Antilles et de la Guyane, en Martinique.

ISBN : 978-2-915596-65-6

Septembre 2010, 21 x 14 cm, 112 pages, 15 €

12 poètes antillais contemporains

Liliane Fardin
12 poètes antillais contemporains

Présentation : Si le roman antillais a aujourd’hui acquis ses lettres de noblesse (prix Renaudot pour Glissant, Goncourt pour Chamoiseau), les poètes français de la Caraïbe se retrouvent moins souvent sous les feux de l’actualité littéraire. Méconnus, parfois oubliés, ils ont pourtant su inventer, au fil des ans, un langage poétique subtil et inspiré, nourri d’une histoire à la fois riche et tourmentée. L’objectif de cette étude est de « donner la parole » à douze d’entre eux, d’Étienne Léro à Henri Corbin, de Georges Desportes à Édouard Glissant, sans oublier l’incontournable et emblématique figure d’Aimé Césaire. Pour ce faire, Liliane Fardin a rassemblé de nombreux poèmes en français ou créole — dont beaucoup sont encore, à ce jour, inédits —, entretiens-avec Georges Desportes ou Aimé Césaire, notes biographiques et commentaires d’œuvres répartis selon trois principales catégories : prénégritude et négritude, poésie individuelle ou poésie du Tout-Monde, et insularité, à travers l’hommage à la Guadeloupe. Ce livre intéressera tout autant les amateurs de poésie que ceux qui cherchent à mieux comprendre la culture et la pensée antillaises contemporaines.

L’auteur : Liliane Fardin est agrégée de lettres classiques et maître de conférences à l’université des Antilles et de la Guyane, en Martinique.

ISBN : 978-2-915596-41-0

Juin 2008, 21 x 14 cm, 160 pages, 16 €

Etienne de Polverel, libérateur des esclaves de Saint-Domingue

François Blancpain, Étienne de Polverel (1738-1795),
libérateur des esclaves de Saint-Domingue

Présentation : Ce livre raconte la première mondiale de l’abolition de l’esclavage à Saint-Domingue (future Haïti) en 1793. Les révolutions sont favorables aux réformes, ne serait-ce que par le traumatisme qu’elles provoquent qui amoindrit considérablement la force des tenants du statu quo. Ceci se démontre pour la grande réforme que fut l’abolition de l’esclavage. La Convention l’a faite en 1794, après que les deux commissaires de la République, Polverel et Sonthonax, l’eurent proclamée à Saint Domingue l’année précédente. Puis Bonaparte rétablit l’esclavage en 1802 et c’est finalement la révolution de 1848 qui, sous l’impulsion de Victor Schoelcher, le fit disparaître. L’essai de 1793-1794 reste ignoré du public. Ce livre tente de le rapporter, vu par l’action de l’un de ses deux auteurs, Etienne de Polverel, injustement méconnu.

Prix Fetkann 2010, catégorie « recherche ».

L’auteur : François Blancpain, ancien élève de l’Ecole Nationale de la France d’outre mer et du CPA, a produit plusieurs ouvrages qui couvrent l’ensemble de l’histoire de Saint Domingue, des origines au milieu du XXe siècle. Il a notamment traité des relations d’Haïti avec la France, avec les Etats Unis et avec la République dominicaine. Le présent ouvrage porte sur le changement fondamental qui a fait passer une colonie peuplée d’esclaves en un état indépendant peuplé de citoyens.

Mars 2010, 21 x 14 cm, 224 pages, 19,90 €

La Guerre d’indépendance cubaine, une révolution que le monde a oubliée

Ada Ferrer, La Guerre d’indépendance cubaine. Insurrection et émancipation à Cuba 1868-1898, traduit de l’anglais (US) par Thomas Van Ruymbeke.

Au dix-neuvième siècle, des dizaines de milliers d’individus ont mené, sur l’île de Cuba, une révolution contre un empire vieux de plus de quatre cents ans. Ce soulèvement ne s’est pas produit à l’Âge de la Révolution, durant lequel la plupart des colonies ibériques de l’hémisphère occidental ont acquis leur souveraineté politique ; il a eu lieu un peu plus tard, dans la dernière partie du dix-neuvième siècle. Ainsi, au moment où l’Europe se ruait vers de nouvelles colonies, en Afrique et en Asie, la révolution cubaine remettait en cause la domination de la plus ancienne puissance coloniale européenne. Ce faisant, elle remettait également en cause l’un des principaux courants idéologiques du dix-neuvième siècle. En effet, à une époque de racisme triomphant, où les scientifiques soupesaient les crânes et où des foules blanches lynchaient les Noirs dans le sud des États-Unis, les chefs des rebelles cubains ont osé dénier toute existence à la race, et c’est une puissante armée de libération multiraciale qui a mené ce combat pendant plus de trente ans, à l’image de l’un de ses chefs emblématiques, Antonio Maceo.

Ce livre retrace l’histoire de cette révolution, depuis son éclosion jusqu’à son échec final : il montre comment elle se fit jour au sein d’une société coloniale esclavagiste, comment elle subvertit, et réinventa en même temps dans ses rangs, les modes de pensée de cette société, et comment elle aboutit, finalement, à un échec de l’émancipation, puisqu’elle fit passer Cuba du joug direct d’un empire — l’Espagne — à la domination indirecte d’un autre : les États-Unis.

L’auteur : Ada Ferrer enseigne l’histoire de l’Amérique latine et de la Caraïbe à l’Université de New York. Insurgent Cuba. Race, Nation and Revolution, 1868-1898 a paru aux University of North Carolina Press en 1999.

ISBN : 978-2-915596-60-1

Avril 2010, 23 x 15 cm, 320 pages, 26 €

L’Abbé Grégoire et la Révolution française

Alyssa Goldstein Sepinwall, L’Abbé Grégoire et la Révolution française. Les origines de l’universalisme moderne, traduit de l’anglais (USA) par Marie Fabre et Ludivine Verbeke.

L’abbé Grégoire a été un personnage phare de la première partie du XIXe siècle, après avoir été l’un des protagonistes majeurs de la Révolution française. Si les études qui lui sont consacrées sont nombreuses, la « grande biographie » manquait encore, tant la complexité de l’homme et les multiples combats qu’il a menés avaient jusqu’à aujourd’hui découragé les historiens. C’est désormais chose faite.

Grégoire fut un acteur des grands bouleversements de son temps : député aux États généraux puis à l’Assemblée constituante, il y joua un rôle de premier plan, tant pour le ralliement du bas clergé au tiers état que pour la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen; membre dirigeant des deux sociétés des Amis des Noirs, il fut sans cesse au devant du combat contre la traite négrière, l’esclavage et le « préjugé de couleur » ; évêque constitutionnel, il fonda l’Église anglicane, indépendante de Rome ; député à la Convention nationale et cofondateur de la République, il fut envoyé en mission dans les départements au plus fort de la guerre de défense révolutionnaire de 1793; sénateur sous Napoléon, il s’opposa à l’Empire ; sous la Restauration, enfin, il incarna l’héritage révolutionnaire et républicain.

Le livre d’Alyssa Sepinwall, enfin traduit en français, vient apporter un éclairage nouveau et nécessaire sur celui qui fut choisi par le président de la République, aux côtés de Condorcet et de Monge, pour entrer au Panthéon en 1989. Les considérations et les controverses qui avaient accompagné cette ultime consécration républicaine de Grégoire trouvent en ce livre non un écho, mais une magistrale mise en perspective historique, alors que sa pensée reste d’une actualité parfois confondante.

Traduit de l’anglais par Marie Fabre et Ludivine Verbeke

Préface de Marcel Dorigny

L’auteur : Alyssa Goldstein Sepinwall est professeur au département d’Histoire de l’Université d’État de San Marcos (USA). The Abbé Grégoire and the French Revolution a paru aux University of California Press en 2005.

Juillet 2008, 23 x 15 cm, 352 pages, 26 €

Les Vengeurs du Nouveau Monde : l’histoire de la Révolution haïtienne

Laurent Dubois, Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la Révolution haïtienne, traduit de l’anglais (USA) par Thomas Van Ruymbeke.

Présentation : Ce livre raconte les événements qui ont marqué la plus grande — et l’une des plus sanglantes — révolte d’esclaves de l’histoire de l’humanité. Une révolte si importante qu’elle allait entraîner, en France, l’abolition de l’esclavage par la Convention nationale en 1794 et aboutir, dix ans plus tard, à la création de la première république noire du monde : la république d’Haïti. Cet ouvrage clair et dense retrace les étapes qui ont jalonné cette révolution sans précédent, qui constitue un moment essentiel de l’histoire politique moderne.

« À l’heure où l’histoire coloniale peine à se dégager des surenchères manipulatrices et de manipulations hasardeuses, il est bon de renouer avec la stricte rigueur de l’historien. Laurent Dubois affronte aujourd’hui l’un des événements-clés de l’histoire antillaise, la révolution haïtienne, référence obligée, qu’on la célèbre ou qu’on la vilipende. Le récit qu’il en propose est aussi complet qu’informé, d’autant plus intelligible que le premier quart de l’essai présente Saint-Domingue avant l’embrasement de l’été 1791 […]. Tenue pour la « Perle des Antilles », cette « île à sucre » est plus que florissante à l’heure où émerge l’affirmation politique des droits de l’homme, mais son exceptionnelle réussite repose sur un implacable régime ségrégationniste au fondement raciste […]. Dubois ne masque rien, sans égarer jamais. Sorti vainqueur, par une formidable habileté politique, des tensions qui l’opposent à Dieudonné, à Sonthonax et Rigaud, Toussaint Louverture croit un temps pouvoir assurer la liberté selon ses vues. De son propre aveu, dictateur et prophète, il échoue cependant, mais l’irrémédiable est là : la première république noire du monde. Rendant avec brio l’émergence de la conscience des Noirs comme les inflexions successives du processus révolutionnaire dans l’île, Dubois établit clairement que c’est là sans doute, dans le bruit et la fureur, que les idéaux démocratiques ont été le plus radicalement défendus. Une leçon à retenir. » (Philippe-Jean Catinchi, Le Monde des Livres)

Préface de Jean Casimir

L’auteur : Laurent Dubois est maître de conférences au département d’Histoire de l’Université d’État du Michigan (États-Unis). Avengers of the New World. The Story of the Haitian Revolution a paru aux Harvard University Press en 2004.

ISBN : 978-2-915596-13-7
Novembre 2005, 23 x 15 cm, 448 pages, 28 € (+ 2 € de participation aux frais de port)

La Guerre de Sept ans : le premier conflit mondial de l’histoire

Jonathan R. Dull, La Guerre de Sept ans. Histoire navale, politique et diplomatique, traduit de l’anglais (US) par Thomas Van Ruymbeke.

La guerre de Sept Ans est le premier conflit mondial de l’histoire de l’humanité. Elle consiste principalement en deux affrontements majeurs qui se sont déroulés, l’un en Amérique du Nord, l’autre en Europe. Le premier commença en Pennsylvanie en 1754 et s’acheva avec la fin. du Canada français en 1760 ; le second débuta en Bohème en 1756 et ne prit fin qu’à l’automne 1762. La guerre de Sept Ans a touché cinq continents, de l’Inde à la Caraïbe, impliqué toutes les grandes puissances de ce temps (France, Grande-Bretagne, Prusse, Autriche, Russie, Espagne, pour ne citer que les principaux belligérants) et redessiné la carte géopolitique du monde. Pour la première fois, un historien réussit le tour de force de retracer la chronologie des faits en embrassant l’ensemble des fronts d’une guerre dont les conséquences furent dramatiques pour la France, qui y perdit ses colonies nord-américaines. Il s’agit cependant tout autant d’une histoire navale que d’une histoire politique, puisque le fil conducteur de cette histoire est le rôle de la marine française dans une guerre dont l’issue s’est jouée avant tout sur les mers. S’il montre les difficultés rencontrées par Louis XV et ses différents ministres (Machault, Choiseul…) tout au long du conflit, Jonathan Dull explique aussi comment la France réussit à préserver l’avenir de sa flotte, qui serait de nouveau opérationnelle quinze ans plus tard lors de la guerre d’indépendance américaine.

Le texte est assorti de nombreuses annexes tirées des archives de la marine française. Premier ouvrage global publié en France sur un conflit dont l’importance est encore mal connue, La Guerre de Sept Ans de Dull présente un intérêt de tout premier plan au regard de l’histoire navale et diplomatique de la France.

Préface d’Edmond Dziembowski

L’auteur : Jonathan R. Dull est l’éditeur scientifique des Papers of Benjamin Franklin. The French Navy and the Seven Years’ War a paru aux Nebraska University Press en 2005.

ISBN : 978-2915596366

Janvier 2009, 23 x 15 cm, 536 pages, 35 €