Le Monde des Livres

On trouvera ci-dessous un article d’Antoine de Baecque sur le livre de Philippe Girard, Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon, paru dans le supplément livres du journal Le Monde, le 7 juin 2013 :

Haiti

A lire également, ci-dessous, l’article de Sébastien Jahan sur Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la Révolution haïtienne, de Laurent Dubois, paru dans L’Humanité en 2006 :

Vengeurs

Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon : Toussaint Louverture et la guerre d’indépendance haïtienne

Philippe R. Girard,
Ces esclaves qui ont vaincu Napoléon. Toussaint Louverture et la guerre d’indépendance haïtienne  (1801-1804)

Cet ouvrage nous plonge au cœur du drame fondateur qui s’est noué sur la scène coloniale caribéenne au moment même où la France accomplissait sa propre révolution. Un drame en trois actes. Un : soulèvement des esclaves de Saint-Domingue — surnommée la « perle des Antilles » et la plus riche des colonies françaises — en 1791, suivi trois ans après de l’abolition de l’esclavage par la nouvelle Assemblée nationale française. Deux : envoi sur l’île par Napoléon Bonaparte d’un corps expéditionnaire dirigé par le général Leclerc, beau-frère de l’empereur, en vue de renverser le chef des rebelles, Toussaint Louverture, et de rétablir l’esclavage. Trois : victoire des insurgés et création, en 1804, de la première république noire de l’histoire : Haïti. C’est cette expédition coloniale désastreuse, qui fit des milliers de morts des deux côtés et restera comme l’une des plus cuisantes défaites de l’empire français, tenu en échec par d’anciens esclaves, que raconte l’historien Philippe Girard dans ces pages. Pour comprendre les enjeux et le déroulement de l’opération, il a mené des recherches de part et d’autre de l’Atlantique et puisé aux sources les plus variées, qu’elles soient militaires, diplomatiques ou commerciales. À travers le prisme de l’expédition Leclerc, qui en fut le paroxysme, c’est toute la Révolution haïtienne, cet événement majeur de l’histoire atlantique, qu’il fait revivre.

http://lesperseides.fr/le-monde-des-livres/

L’auteur : Né en Guadeloupe, ancien étudiant à Sciences Po Paris puis à l’université de l’Ohio, Philippe Girard est aujourd’hui enseignant à la McNeese State University, en Louisiane. Spécialiste de l’histoire haïtienne, il est l’auteur de plusieurs monographies sur ce sujet parues outre-atlantique, telles que Haïti : the Tumultuous History (2010).

Janvier 2013, 23 x 15 cm, 480 pages, 29.90 €

L’Amiral d’Estaing : de la guerre de Sept ans à la guerre d’indépendance américaine

François Blancpain,
L’Amiral d’Estaing, serviteur et victime de l’Etat  (1729-1794)

L’amiral d’Estaing est un parangon des excès. Excès de bravoure et de dévouement pendant les batailles qu’il a livrées sur terre et sur mer. Excès d’autorité dans ses relations avec ses subordonnés et ses administrés. Excès de générosité, même envers ses ennemis. Et les aléas de l’histoire lui ont procuré des excès d’honneur, suivis de la mort la plus humiliante sous la Terreur révolutionnaire. De la guerre de Sept Ans à la guerre d’indépendance américaine, en passant par la colonie française de Saint-Domingue, l’histoire de sa vie est plus passionnante encore qu’un récit débordant d’imagination. Un cinéaste en ferait, selon ses talents, un prodigieux film d’aventures ou un détestable mélodrame. Plus simplement, l’auteur a cherché à nous en donner une relation la plus franche possible.

L’auteur : François Blancpain, ancien élève de l’Ecole Nationale de la France d’outre mer et du CPA, a produit plusieurs ouvrages qui couvrent l’ensemble de l’histoire de Saint Domingue, des origines au milieu du XXe siècle. Il a notamment traité des relations d’Haïti avec la France, avec les Etats Unis et avec la République dominicaine. Le présent ouvrage porte sur le changement fondamental qui a fait passer une colonie peuplée d’esclaves en un état indépendant peuplé de citoyens.

Août 2012, 21 x 14 cm, 160 pages, 18 €

Les Bretons de Saint-Domingue

Solène Brisseau, Les Bretons de Saint-Domingue, sous l’administration française et la Révolution haïtienne.

Présentation : Le Siècle des Lumières est à peine entamé que Saint-Domingue est déjà la plus riche et la plus rentable des possessions du royaume. Si les engagés de la misère sont indésirables, ceux dont la spécialité est utile continuent d’arriver individuellement ou par petits groupes au milieu du flot d’esclaves arrachés au Vieux Continent pour les besoins de l’économie de plantation. C’est depuis cette époque, et jusqu’aux soubresauts de la révolution haïtienne, que s’inscrivent les recherches de Solène Brisseau.
Parmi les deux cent mille migrants de cette période, les Bretons ne sont pas aussi nombreux que les Aquitains et autres Gascons ou Basques, et il est n’est pas aisé de suivre leur trajectoire, débrouiller l’écheveau des réseaux, des alliances. C’est à cette tâche que s’est attelée Solène Brisseau, en s’efforçant de pister, à travers les archives, la grande entreprise d’une soixantaine de Bretons, pour moitié noble, en y incluant les enfants nés dans la colonie et quatre métropolitains n’ayant jamais tenté le périple qui se sont contentés de percevoir les fruits de leurs placements.
L’aventure de ces Bretons s’inscrit dans l’Atlantic History qui se développe aujourd’hui autour de la vaste mer intérieure qui relie trois continents, dont l’Afrique, moteur du capitalisme planteur, fournissant et renouvelant sans cesse la main d’œuvre servile. Lorsque la Révolution noire brise ces vils liens, la terreur change de camp. C’est la conclusion d’une époque, le début d’une autre, marquée par l’essaimage à l’étranger ou le retour en France des survivants ou de leurs enfants.

Préface de Philippe Hrodej

Cartes, annexes, bibliographie, index

L’auteur : Diplômée de l’université Rennes 2, Solène Brisseau poursuit des recherches sur la colonisation bretonne de Saint-Domingue et s’intéresse tout particulièrement aux monographies familiales.

ISBN : 978-2-915596-85-4

Août 2012, 22 x 15 cm, 320 pages, 25 €

Le Triangle atlantique français

Christopher L. Miller, Le Triangle atlantique français. Littérature et culture de la traite négrière, traduit de l’anglais (USA) par Thomas Van Ruymbeke.

Entre la fin du XVIIe et le XIXe siècle, la France a déporté à elle seule plus d’un million d’Africains de l’autre côté de l’Atlantique, dans les îles à sucre de la Caraïbe, notamment à Saint-Domingue, considérée avant la révolution haïtienne comme la plus riche colonie sur terre. Elle l’a fait longtemps de manière légale et codifiée, puis clandestinement durant la période de la traite « interlope », dans la première moitié du XIXe siècle. Mise en lumière par les historiens, l’économie atlantique triangulaire qui reliait la France à l’Afrique et à la Caraïbe, alimentée par la traite négrière, est désormais bien connue du public. En revanche, l’impact culturel de la traite sur la vie intellectuelle française, et la culture même de la traite, le sont beaucoup moins. C’est tout l’enjeu de cet ouvrage, véritable somme dans laquelle Christopher Miller, dans une vaste enquête qui mène le lecteur tout autour de l’Atlantique, passe au crible de l’analyse non seulement le « système » triangulaire, mais aussi les grands textes littéraires sur la traite, de Voltaire à Césaire, Condé et Glissant, en passant par le théâtre d’Olympe de Gouges et la littérature maritime de Corbière ou Mérimée. Il nous dévoile les ambiguïtés de l’abolitionnisme et s’intéresse aux multiples ramifications culturelles de la traite — historiques, littéraires et cinématographiques — depuis le siècle des Lumières à nos jours, en métropole et dans les anciennes colonies françaises, y compris en Afrique.

[…] « Entre la fin du XVIIe et le XIXe siècle, la France a déporté à elle seule plus d’un million d’Africains de l’autre côté de l’Atlantique, dans les îles à sucre de la Caraïbe. » La première phrase du livre donne le ton. Nous sommes ici bien loin de tous ces ouvrages qui, dans le domaine des études multiculturelles, célèbrent le métissage, le mouvement et la rencontre des cultures. « Dans le contexte de la traite négrière, la rencontre était synonyme de guerre et de capture ; le mouvement, celui d’une marche forcée les fers aux pieds et d’un voyage sans retour ; le métissage était le fruit du viol. » Bien que la traite négrière française commence en 1633, 80 % des voyages négriers eurent lieu au XVIIIe siècle, celui que l’on appelle encore « le siècle des Lumières ».
Miller analyse la logique du commerce triangulaire, que les vents eux-mêmes semblaient favoriser. Il s’agissait de déporter des Africains, pour cultiver les Amériques et enrichir l’Europe. Selon Du Bois, l’un des intellectuels à l’origine du mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis, il fallait tuer cinq individus pour en capturer un vivant. Par ailleurs, le taux de mortalité pendant la traversée se situait entre 10 % et 20 %. En d’autres termes, si l’on considère tous les navires français, anglais, espagnols, portugais, etc., qui ont contribué à la traite, ce sont 1,5 million d’hommes et de femmes environ qui ont trouvé la mort pendant la traversée. Leurs corps sans sépulture furent jetés dans les gouffres amers. Les vaisseaux qui filaient sur les eaux portaient des noms emblématiques : Notre-Dame-de-la-Pitié, Marie-Joseph, ou encore Le Voltaire et Le Contrat social !
Voltaire, Rousseau, et leurs ambiguïtés, Olympe de Gouges, qui prit la défense des femmes et des esclaves, Edouard Corbière, et ses matelots homoérotiques, Aimé Césaire, qui semble parcourir le triangle atlantique à l’envers, dans le Cahier d’un retour au pays natal (Présence africaine), telles sont quelques-unes des figures qui apparaissent au cours de ce voyage littéraire, douloureux et grandiose à la fois. (Louis-Georges Tin, Le Monde des Livres)

Voir aussi l’article très fouillé de Syliane Larcher paru dans la revue La Vie des Idées : http://www.laviedesidees.fr/La-culture-francaise-de-la-traite.html

L’auteur : Christopher L. Miller est professeur de littérature française à l’université de Yale, où il enseigne aussi la culture afro-américaine.

ISBN : 978-2-915596-58-8

Décembre 2011, 23 x 15 cm, 544 pages, 29,90 €

La Modernité et son autre : la rencontre avec l’indien

Robert Sayre, La Modernité et son autre. Récits de la rencontre avec l’Indien en Amérique du Nord à la fin du dix-huitième siècle.

Présentation : Deux formes de civilisation se sont affrontées dans l’Amérique du Nord du siècle: celle de la modernité capitaliste naissante des colonisateurs, d’une part, et celle, « pré-moderne », des Amérindiens d’autre part… Tel est le sujet de ce livre, qui fait entrer en jeu l’histoire, l’économie et la sociologie, mais aussi l’ethno-histoire et l’anthropologie. On comprendra en lisant ces pages pourquoi et comment, à cette époque, le rapport de forces bascula de façon décisive en faveur des colons envahisseurs, et que cette mutation est intimement liée à la genèse de la modernité, en cela que le développement de la société marchande, enracinée à ses débuts dans l’agriculture, dépendait directement de l’expropriation des terres indiennes. Cet ouvrage se veut avant tout centré sur l’étude de textes relevant de genres divers, en particulier le récit de voyage en territoire indien, qui fait, à l’époque, figure de best-seller avant la lettre. Ceux qui sont analysés ici permettent d’appréhender les différents modes de représentation adoptés par les voyageurs anglo-américains, comme le botaniste quaker William Bartram, ou français, comme le baron de Lahontan ou le père jésuite Charlevoix. Partis explorer les environs des Grands Lacs ou la Floride, ils sont allés, chacun à leur façon, à la rencontre de l' »autre ». Cet ouvrage s’accompagne d’illustrations et, en annexe, d’une chronologie des événements historiques, des voyages et des publications.

Cartes et illustrations à l’intérieur.

L’auteur : Robert Sayre est originaire des États-Unis. Il a été étudiant à l’Université de Columbia et enseignant à Harvard avant de s’installer en France. Aujourd’hui professeur d’études anglo-américaines à l’Université Paris Est Marne-la-Vallée, il est l’auteur de plusieurs livres, dont Révolte et Mélancolie : le romantisme à contre-courant de la modernité, Pavot, 1992 (publié en collaboration avec M. Löwy).

ISBN : 978-2-915596-37-3

Octobre 2008, 23 x 15 cm, 256 pages, 20 €

Cosmopolitismes, patriotismes, Europe et Amériques

 Marc Belissa et Bernard Cottret (dir.), Cosmopolitismes, patriotismes en Europe et aux Amériques, 1773-1802.

Présentation : Peut-on aimer sa patrie sans oublier les devoirs d’humanité qui unissent tous les hommes ? Naguère encore, les historiens opposaient volontiers un cosmopolitisme des élites à un patriotisme « bourgeois » et « national ». Des travaux plus récents ont remis en cause cette dichotomie étroitement déterministe. Alphonse Aulard, au début du siècle dernier, avait déjà insisté sur l’inadéquation des catégories du « nationalisme » et de « l’internationalisme » de son temps pour comprendre la manière dont les hommes des Lumières et les « patriotes » révolutionnaires avaient analysé les relations entre les peuples. Les événements politiques actuels, la globalisation de l’économie, la construction européenne ont relancé l’intérêt des chercheurs pour les droits de l’humanité et la souveraineté des nations. Le « patriotisme exclusif » et le « cosmopolitisme de système », comme le déclarait l’abbé Grégoire en 1792, sont les deux faces d’un même oubli. Les révolutionnaires américains, bataves, belges, liégeois, genevois, français, haïtiens, les patriotes européens partisans de la Révolution française, ont tous réfléchi à des degrés divers aux implications pratiques de cette dialectique entre l’universel et le singulier. C’est ce que cet ouvrage se propose de démontrer à travers un certain nombre d’études et d’exemples connus et moins connus — la Révolution genevoise ou l’insurrection de Tupac Amaru II au Pérou — qui éclaireront tous ceux qui s’intéressent au phénomène révolutionnaire à l’œuvre en Europe et aux Amériques à la fin du XVIIIe siècle. L’ouvrage est suivi d’une chronologie qui sera très utile aux étudiants..

Contributions de Marc Belissa, Anne-Marie Brenot, Bernard Cottret, Monique Cottret, Annie Duprat, Edmond Dziembowski, Jean-Pierre Gross, Jean-Yves Guiomar, Georges Lomné, Renaud Morieux, Bertrand Van Ruymbeke.

Les auteurs : Marc Belissa est maître de conférences à l’université Paris X Nanterre. Il a participé à de nombreux ouvrages collectifs et a publié notamment Fraternité Universelle et Intérêt National, 1713-1795. Les cosmopolitiques du droit des gens (Kimé, 1998), ainsi qu’une édition des Principes des négociations (1757) de Gabriel Bonnot de Mably aux mêmes éditions en 2001.
Bernard Cottret est professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin, membre senior de l’Institut Universitaire de France. Il est l’auteur, entre autres, de La Révolution américaine (Tempus, 2004), de nombreuses biographies (Calvin, etc.) et, avec Monique Cottret, de Jean-Jacques Rousseau en son temps (Perrin, 2005).

ISBN : 978-2-915596-10-6

Mai 2005, 23 x 15 cm, 224 pages, 18 €

Les Deux Princes de Calabar

Randy J. Sparks, Les Deux Princes de Calabar. Une odyssée transatlantique à la fin du XVIIIe siècle, traduit de l’anglais (USA).

Présentation : Ce récit historique, basé sur une authentique correspondance, raconte une histoire vraie. Celle de deux princes vivant de la traite des esclaves dans le Vieux Calabar, l’actuel Nigeria. Capturés par des négriers anglais en 1767, ils sont ensuite eux-mêmes déportés comme esclaves dans le Nouveau Monde, d’abord en Dominique, puis, trompés par un capitaine de navire, en Virginie. De retour à Bristol après une nouvelle évasion, Ancona Robin John et Little Ephraïm se convertissent au méthodisme et, avec l’aide des milieux abolitionnistes anglais, pour qui leur cas devient un symbole, réussissent à recouvrer officiellement leur liberté. Ils rentrent alors en Afrique, où ils renouent avec leur ancienne activité de marchands d’esclaves.

L’ouvrage que nous offre ici Randy Sparks est singulier à plus d’un titre, et même exceptionnel. Il nous plonge au cœur du monde atlantique de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il s’agit bien d’une odyssée. Mais à la différence des périples mythiques d’un Ulysse, celle dont il est question ici conforte les travaux désormais nombreux des historiens tout en éclairant et en ‘dépaysant’ l’honnête homme peu au fait des acquis de la recherche […]. Remercions Randy Sparks d’avoir su, avec le talent d’un conteur et la force de l’historien, nous aider à mieux comprendre ce passé. (Olivier Pétré-Grenouilleau)

Préface d’Olivier Pétré-Grenouilleau

L’auteur : Randy Sparks est Associate Professor au département d’Histoire de l’Université d’État de Tulane (États-Unis) et directeur du Deep South Humanities Center. The Two Princes of Calabar a paru aux Harvard University Press en 2005.

Septembre 2007, 21 x 14 cm, 160 pages, 16 €

 

Sociétés, colonisations et esclavages dans le monde atlantique

Cécile Vidal & François-Joseph Ruggiu (dir.), Sociétés, colonisations et esclavages dans le monde atlantique. Une historiographie des sociétés américaines des XVIe-XIXe siècles.

Présentation : Depuis quelques années se fait jour dans la société française un ensemble d’interrogations sur les réalités historiques de la colonisation. Un certain nombre de controverses ont animé le paysage scientifique mais aussi médiatique, notamment sur les phénomènes de la traite et de l’esclavage qui ont dramatiquement relié l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Le débat public s’est pourtant peu intéressé aux premiers temps de la colonisation européenne, du XVe au XVIIe siècle. Or il est essentiel de se demander comment les différentes populations qui se sont retrouvées, de gré ou de force, dans l’espace américain ont pu vivre ensemble et construire des sociétés et des cultures originales. L’objet de cet ouvrage est de faire le point sur ces questions très débattues en présentant les différents courants d’interprétation en présence, en esquissant les évolutions futures et en fournissant les pistes de lecture nécessaires à une meilleure compréhension des sociétés américaines de la période moderne. Une de ses originalités est de prendre en compte l’ensemble de l’espace américain — du Canada à la Terre de Feu en passant par la Nouvelle-France, les Treize colonies nord-américaines, l’aire caraïbe, le Mexique ou encore le Brésil… Ce livre est donc un point de départ indispensable pour qui souhaite commencer à travailler sur les sociétés nouvelles nées aux Amériques de la rencontre entre Amérindiens, Européens et Africains dans le contexte de la colonisation et de l’esclavage. Il adopte une approche globale des principaux problèmes qui se posaient à elles : l’esclavage bien sûr, mais aussi les relations euro-amérindiennes ou encore le rôle des villes dans les sociétés américaines.

Contributions de Thomas Calvo, Christophe Giudicelli, Gilles Havard, Dominique Rogers, François-Joseph Ruggiu, Bertrand Van Ruymbeke, Cécile Vidal, Laurent Vidal.

L’auteur : Cécile Vidal est maître de conférences à I’EHESS. Ses travaux portent sur l’histoire atlantique et l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord. François-Joseph Ruggiu est professeur d’histoire moderne à l’Université de Paris-Sorbonne. Il travaille sur les élites dans les mondes atlantiques britanniques et français au XVIIIe siècle.

Mai 2009, 23 x 15 cm, 352 pages, 26 €

Les Îles à sucre, de la colonisation à la mondialisation

Jean Crusol, Les Îles à sucre.
De la colonisation à la mondialisation

Présentation : La plupart des sociétés insulaires de la Caraïbe, ainsi que quelques îles de l’Océan Indien — Réunion et Maurice —, du Pacifique — Hawaï et Fidji — et de l’Océan Atlantique — les îles du Cap Vert, Bioko (Fernando Poo), Sao Tome et Principe — ont une même origine historique : la colonisation et l’économie sucrière insulaire. Pourtant, si ce sont toutes d’anciennes « îles à sucre », elles sont aujourd’hui très différentes les unes des autres. Au plan politique, certaines sont indépendantes, d’autres ont institutionnellement été intégrées à un grand pays occidental, d’autres ont un statut d’autonomie. Au plan économique, certaines ont des indicateurs parmi les plus élevés du monde, d’autres se situent au niveau intermédiaire, d’autres encore sont parmi les pays les plus pauvres de la planète. Comment ces sociétés en sont-elles arrivées là ? Pourquoi ont-elles évolué vers des statuts politiques différents ? Pourquoi leurs niveaux de développement économique et social divergent-ils si fortement aujourd’hui ? Et face au contexte actuel de la globalisation, quelles perspectives leur sont réservées ? Telles sont les principales questions auxquelles tente de répondre cet ouvrage. Pour ce faire, l’auteur étudie la formation historique d’un certain nombre de ces sociétés insulaires. Dans la Caraïbe, l’ensemble des îles de l’archipel, de Cuba à Trinidad, y compris les Guyanes ; dans l’Océan Indien, La Réunion et l’Ile Maurice, et dans le Pacifique, les îles Hawaï. Il décrit les principaux changements et ruptures qui ont marqué leur histoire : la colonisation, la fondation du modèle de l’économie sucrière esclavagiste insulaire, les abolitions, les modifications sociales, et économiques post-abolitionnistes, les ajustements face à la première phase de la mondialisation et les conséquences de l’effondrement du commerce mondial dans la première moitié du XXe siècle, la mise en place des statuts politiques actuels, le déclin du modèle de l’économie sucrière insulaire, les processus de modernisation économique et sociale, et enfin, les principaux enjeux auxquels ces îles sont confrontées aujourd’hui.

Prix Fetkann 2008, catégorie « recherche ».

L’auteur : Jean Crusol est docteur en sciences économiques et professeur à l’Université des Antilles et de la Guyane. Ancien député européen et vice-président du Conseil régional de la Martinique, il est l’un des spécialistes de tout premier plan des économies insulaires.

Octobre 2007, 23 x 15 cm, 544 pages, 35 €