Les Cibles disponibles

Nathalie Burel,
Les Cibles disponibles

roman

Comment l’histoire d’un adultère peut-elle subitement basculer dans le roman noir ? Tel est l’enjeu de ce livre, dans lequel un représentant de commerce démotivé et rongé par la culpabilité  arnaque des truands et laisse sa lâcheté désigner deux femmes comme boucs émissaires. Dans son premier roman, Nathalie Burel se livre à un jeu de massacre avec ses personnages, mené de bout en bout sur un mode polyphonique qui confère au récit le rythme et la profondeur d’une authentique tragédie moderne.

Extrait : « Je ne me sentais pas capable de remonter dans ma voiture pour errer dans des lotissements. J’ai consulté ma feuille de route en écoutant mon répondeur. Tony m’avait laissé deux messages. Le premier, cinq minutes avant l’heure prévue de ma pause, et le deuxième à l’heure de ma reprise. J’ai jeté mon portable par la fenêtre et je me suis dirigé vers l’infinité des allées en gravillons, vers l’univers féérique des zones pavillonnaires. »

L’auteur : Nathalie Burel est née à Rennes en 1976. Aux éditions Les Perséides, elle a publié deux recueils de nouvelles, La Vie ne sera plus pareille (2004) et Je suis un phasme (2005). Les Cibles disponibles est son premier roman.

ISBN : 978-2-915596-22-9

Août 2006, 21 x 13 cm, 160 pages, 15 €

Ci-contre : article de Claude Ollivier paru dans La Gazette de Berlin.

Mrs Lee, d’Achim von Arnim

Achim von Arnim, Mrs Lee,
traduit de l’allemand par Armand Robin

Extrait : « Déjà, au cours de son histoire d’enfant avec Laudon, elle s’était laissée aller à des accès de petit démon : au plus beau des grands sentiments, elle se mettait à persifler le meilleur de leur amitié ; maintenant, ces variations, ces retournements subits se multipliaient, devenaient choquants ; mais elle évoluait en un milieu d’hommes très vulgaires qui s’émerveillaient de ces sautes d’humeur comme d’autant de signes d’un esprit supérieur et ne voyaient que suprême, grâce dans ses pires extravagances. »

Présentation : Basées sur des faits divers authentiques, Mrs Lee et Les Folies de l’invalide — deux nouvelles ici traduites par Armand Robin — s’inscrivent parmi les fictions majeures du romantisme allemand, qui a donné tant de chefs d’œuvre littéraires. La première relate l’enlèvement de Mrs Lee, figure féminine à mi-chemin entre Manon Lescaut et l’Odette de Swann, par deux frères, l’un amoureux et l’autre aimé de la belle. La seconde, dont l’action se déroule à Marseille, saisit la folie amoureuse dans ce qu’elle a de plus grotesque et de plus sublime à la fois..

Préface d’Antoine Menant

L’auteur : Contemporain de Goethe et de Novalis, Achim von Arnim (1781-1831) fut l’un des maîtres de la littérature romantique allemande. Ses contes et romans, comme Isabelle d’Égypte, ont eu une grande influence en Allemagne et à l’étranger, notamment en France, au XXe siècle, sur les surréalistes.

Décembre 2006, 18,5 x 12 cm, 112 pages, 12 €

Histoires nocives, de Joyce Mansour

Joyce Mansour, Histoires nocives

Extrait : « Il plut pendant des mois. Les rivières s’en allaient gorgées de villages et de terre vers la plaine, laissant des mers d’eau douce et des lamentations ponctuées derrière elles par des poteaux télégraphiques. Au début, le maire du village disait : “C’est bon pour les canards”, en se frottant les mains avec jovialité ; ensuite il disait : “Ça s’arrêtera à Pâques.” Après, il ne disait plus rien, tout le monde avait pris l’habitude. Mais Jules César savait que c’était la fin du monde. »

Présentation : Maquillées de terreur et de poésie macabre, les Histoires nocives de Joyce Mansour frappent d’emblée par la radicalité de leur écriture. Dans Jules César, version hallucinée du déluge, les membres d’une famille habitant un chalet de montagne peu à peu gagné par les eaux — deux jumeaux, leurs parents et leur nourrice noire —se laissent aller à leurs instincts, ivres d’ennui et d’amertume, le temps d’une sinistre eucharistie.
Îles flottantes se déroule dans un hôpital genevois, où les malades et le personnel médical se confondent dans l’érotisme obscène d’un jeu de désir morbide. L’humour ravageur de Mansour y transfigure le « désespoir ordinaire » de l’hôpital, rendu plus aigü par la présence de la mort, qui fait revivre ceux qu sont déjà passés de l’autre côté du miroir. Deux récits « acides de vérité ».

Notice biographique par Pierrick Hamelin.

L’auteur : Née à Bowben, en Angleterre, en 1928, Joyce Mansour a vécu la plus grande partie de sa vie à Paris, où elle a longtemps côtoyé les écrivains surréalistes. Elle est l’auteur de nombreux recueils poétiques parmi lesquels Cris, Déchirures ou Les Gisants satisfaits.

Septembre 2005, 18,5 x 12 cm, 136 pages, 14 €

Les Messagers clandestins, de Marcel Béalu

Marcel Béalu
Les Messagers clandestins

Extrait : « La balle ouvre dans la chair un tout petit trou qui se referme aussitôt. Déjà, Mademoiselle X… se repoudre, réajuste le rouge de ses lèvres. Mais ce n’est qu’une comédie, un simulacre, la continuation du rite. En aucun cas la victime ne doit, par le spectacle de son agonie, indisposer le sacrificateur. Je sais qu’elle va s’écrouler derrière la porte et qu’on l’emportera. Je sais qu’on ne m’en dira rien. »

Avec ces dix-huit récits, Marcel Béalu s’affirme comme un maître de l’illusion, construisant un univers — fantomatique théâtre de l’inconscient — où les apparitions prennent corps et où le temps et l’espace n’ont plus la même valeur ni le même pouvoir sur les êtres. À mi-chemin entre la folie et le rêve — qui tourne souvent à cauchemar —, ces histoires à dormir debout délivrent un message inquiétant, depuis les « profondeurs enténébrées » de nos singuliers personnages. À chacun de le découvrir.

Préface de Michèle Touret

L’auteur : Marcel Béalu est né à Selles-sur-Cher en 1908. Poète et libraire à Paris, fondateur de la revue Réalités secrètes, il est aussi l’auteur des Mémoires de l’ombre, du Journal d’un mort ou encore de L’Araignée d’eau.

ISBN : 978-2915596-05-2

Janvier 2005, 18 x 12 cm, 134 pages, 13 €

La Brebis galante, de Benjamin Péret

Benjamin Péret, La Brebis galante

Extrait : « Tes plus chers désirs tomberont sous tes sens : la femme charmante, avec laquelle tu souhaites passer toutes tes futures nuits, sera devant toi comme une grande pêche. Tu la caresseras longtemps jusqu’à ce qu’apparaissent ses seins au galbe parfait : au crépuscule ses hanches commenceront à s’agiter, tu passeras lentement tes doigts sur son ventre rond, sans oublier de plonger le plus petit dans le nombril et les cuisses rondes et fermes attendront les tiennes pour les emprisonner avant que le jour se lève. Alors je ne te donne plus de conseils, tu sauras toi-même faire apparaître les jambes et les pieds. »

La Brebis galante est de ces textes, longtemps restés dans l’ombre, dont la lecture inépuisable mérite qu’on les redécouvre aujourd’hui. Sensuel, débridé, contestataire, ce récit unique en son genre restitue à merveille la magie et la folie furieuse qui caractérisent l’œuvre de Benjamin Péret tout entière. Le texte est ici précédé d’une chronologie signée Pierrick Hamelin qui retrace en parallèle toute l’histoire du mouvement surréaliste.

L’auteur : Benjamin Péret est né à Rezé en 1899. Il a apporté une contribution essentielle à la cause surréaliste et révolutionnaire. Il est l’auteur, entre autres, du Grand Jeu et du Déshonneur des poètes.

Janvier 2005, 18 x 12 cm, 84 pages, 12 €

Sortir de la chambre, de Valérie Sourdieux

Valérie Sourdieux
Sortir de la chambre
roman

Sortir de la chambre est le récit d’une naissance en différé, celle de la narratrice qui, avant même de voir le jour, ressent le désir contrarié de sa mère. Enfant, elle se réfugie derrière la porte de sa chambre pour « se raconter des histoires ». Plus tard, elle poursuit sa quête d’identité en multipliant les rencontres, tout en construisant sa propre histoire. Radiographie de l’échec amoureux et de la transmission des névroses, ce roman est aussi un vibrant hommage à la mère, et à tous ceux qui, de près ou de loin, contribuent à donner la vie.

Extrait : « C’était un matin ordinaire d’un jour nouveau, à ce point inédit que mes mains se tenaient immobiles sur la table, que mes yeux ne pouvaient s’en détacher. Un matin où je me moquais bien de prendre une valise, de descendre dans le garage en sous-sol, de la luminosité blafarde dans la cuisine, de l’apparente tranquillité de l’appartement. J’avais soudain eu envie de pleurer de joie, et quel événement dans ma vie tout à coup… »

L’auteur : Valérie Sourdieux est née à Lyon en 1972. Sortir de la chambre est son premier roman (photo : © Thomas Chamonaz).

Octobre 2004, 18 x 12 cm, 128 pages, 13 €

Promenades philosophiques, de Pierrick Hamelin

Promenades philosophiques, de Pierrick HamelinPierrick Hamelin
Promenades philosophiques

L’étrange narrateur de cette histoire aime à tel point converser avec les philosophes que son créateur l’a doté du pouvoir de se jouer du temps et de l’espace. Il peut ainsi se rendre tour à tour auprès de John Cowper Powys, Jules de Gaultier (le théoricien du bovarysme), Giuseppe Rensi, Arthur Schopenhauer, Giacomo Leopardi, Oscar Wilde, Charles Baudelaire et Søren Kierkegaard, pour s’entretenir avec chacun d’eux de leurs rapports à l’existence et à la vérité : religion, illusion, amour… Dans le jeu de ces conversations imaginaires, la règle fut de respecter à la lettre les écrits des auteurs. Aussi est-ce avant tout sur leurs traces que Pierrick Hamelin invite le lecteur à le suivre. Tous les propos « recueillis » ici recoupent cependant nombre de chemins empruntés dans ses romans. Les Promenades proprement dites sont suivies de notices biographiques des huit écrivains philosophes rencontrés dans ces pages.

L’auteur : Pierrick Hamelin vit et enseigne en Loire-Atlantique. près de Nantes. Il a publié plusieurs essais, comme Kaléidoscope (Éditions du Petit Véhicule. 2001). Il est aussi l’auteur de trois romans où se mêlent habilement poésie, humour et méditation, tous publiés aux éditions Les Perséides : Point de fuite (2000), Une dernière fois la mer (2007) et Manège (2011).

ISBN : 978-2-915596-53-3

Mai 2009, 20 x 13 cm, 156 pages, 15 €