La Vie ne sera plus pareille

Nathalie Burel,
La Vie ne sera plus pareille
(nouvelles)

Extrait : « Si je garde ce petit avocat, je suis bon pour rester en taule encore longtemps. Je revois ces reportages du jeudi, sur fond de pays en voie de développement, des hommes jetés en prison, innocentes, défendus par des idiots du village, des analphabètes aux poches pleines. Je n’aurais jamais cru avoir un destin pareil. Certains soirs de mes vingt ans, quand je m’éternisais chez des filles qui visiblement ne voulaient pas de moi, je me disais la même chose : je n’ai rien fait pour mériter ça. »

Présentation : Pendant les fêtes de Noël, un homme s’interroge sur les motifs qui l’ont poussé à assassiner son beau-frère. Un autre voit sa vie basculer à la suite d’une rencontre arrivée, semble-t-il, par hasard. Un prêtre qui aime trop les garçons, un souffre-douleur… Sur le registre de l’humour ou de la désillusion, ces dix nouvelles nous entraînent dans des histoires à double fond dont tous les personnages sont confrontés à un choix décisif : le meurtre, la fuite, la résignation… Pour eux, désormais, « la vie ne sera plus pareille ».

L’auteur : Nathalie Burel est née à Rennes en 1976. La Vie ne sera plus pareille est son premier recueil de nouvelles.

Novembre 2004, 18 x 12 cm, 112 pages, 12 €

Point de fuite, de Pierrick Hamelin

Pierrick Hamelin, Point de fuite

Extrait : « Il ne pouvait naturellement croire que l’image fût dotée d’une capacité de vie et, par ailleurs, il était tout à fait conscient des effets que le rapport émotionnel à un objet peut susciter sur la perception de la réalité. Cependant, il était bien obligé de se rendre à cette évidence : les yeux le regardaient, la bouche lui souriait. Plus spectaculaire encore, le visage entier, soudain, s’inclina. »

Résumé : Pourquoi Elias a-t-il la si nette impression que l’un des tableaux de son généreux employeur est vivant ? Et comment parvenir à surmonter le désir abyssal qu’il suscite en lui ? Si la réponse ne se trouve assurément pas dans un manuscrit autographe de Benjamin Péret, s’en emparer lui permettra peut être d’acquérir le précieux objet de sa convoitise. Mais rien n’est moins sûr. Roman ludique, roman philosophique, Point de fuite entraîne son lecteur dans un jeu de pistes à travers les rues de Nantes, labyrinthe symbolique où l’art et la vie se confondent. Manipulé par son propre désir — ce désir qui ne prend corps que dans la transgression — le héros y est le jouet de forces qui le dépassent. Il semble que « l’imaginaire ne pourra trouver de fuite qu’en lui-même… »

L’auteur : Pierrick Hamelin est né à Nantes en 1956. Enseignant à Basse-Goulaine, il est l’auteur de plusieurs essais et romans parmi lesquels Une dernière fois la mer (2007) ou Manège (2010), publiés aux éditions Les Perséides.

Août 2005, 18,5 x 12 cm, 192 pages, 18 €

Lilus Kikus, d’Elena Poniatowska

Elena Poniatowska, Lilus Kikus,
traduit de l’espagnol (Mexique) par François Léziart

Extrait : « Lilus n’est pas très patriote et elle le sait. À l’école il y en a qui collent des affichent et d’autres qui les décollent. Faire l’un ou l’autre est aussi méritoire pour elle. Lilus, quant à elle, s’est contentée de demander à un élève du secondaire avec quoi il les collait ses affiches et il lui a répondu : « Avec la langue, morveuse ! » La nuit, Lilus a rêvé, pleine de remords, qu’elle avait une grande langue rose qui lui servait à coller d’énormes affiches. Le lendemain matin elle s’est réveillée la bouche sèche. »

Présentation : Publié au Mexique en 1954 alors qu’elle n’a guère plus de vingt ans, Lilus Kikus est le premier ouvrage de fiction écrit par Elena Poniatowska. Plus qu’un véritable roman, ces historiettes joliment illustrées par les dessins de Leonora Carrington mettent en scène Lilus, une fillette rêveuse et anticonformiste, qui, non sans malice, incarne le passage initiatique de l’enfance à l’adolescence dans le Mexique des années 1950. En partie autobiographique, ce livre est doté de l’écriture à la fois juste et poétique qui caractérise toute l’œuvre de l’auteur.

Traduction et présentation de Françoise Léziart

L’auteur : Elena Poniatowska est née à Paris en 1933 et vit au Mexique depuis 1942. Journaliste et écrivain, elle a reçu de nombreux prix et distinctions littéraires. Elle est aujourd’hui considérée comme l’un des écrivains majeurs du Mexique contemporain.

Mars 2006, 18 x 12 cm, 80 pages, 10 €

Vingt et un, de J.-F. Kierzkowski

Jean-François Kierzkowski,
Vingt et un

Extrait : « Les signes ne trompent pas. Personne ne veut y croire, pourtant ils sont là. D’abord, il y a eu le grand chêne, au fond de la prairie. Vingt et une feuilles sont devenues blanches. Du jour au lendemain. Blanches comme l’ivoire, en plein milieu de la verdure. Je les ai cueillies. Toutes petites. Dans ma paume, on aurait dit des fientes d’oiseaux. Je peux les montrer à qui me le demande : elles sont rangées au-dessus du buffet, dans la bibliothèque, entre deux pages de la Bible. »

Résumé : Depuis la mort de sa femme, Jean vit seul dans sa ferme située entre Nantes et Saint-Nazaire : sa vie est rythmée par la lecture de la rubrique nécrologique du journal et sa visite dominicale au bistrot du village. Jusqu’au jour où des évènements surnaturels se produisent chez lui : tout le porte rapidement à croire que l’Apocalypse est imminente, et qu’elle aura lieu dans son jardin. Pour conjurer l’apparition de la Bête, Jean fait appel à un magnétiseur, qui confirme ses craintes.

L’auteur : Jean-François Kierzkowski est né à Saint-Nazaire en 1975. Il vit à Nantes. Aux éditions Les Perséides, il a publié Grande Faim (2005), et plus récemment Le Bibliomane (2010). Il est aussi l’auteur d’une trilogie pour la jeunesse dont les deux premiers volets, L’Institut Klémentine et Opération Groubachek, ont paru aux Perséides en 2012. Toujours en 2012, il a reçu le prix de la fiction de l’Académie de Loire-Atlantique et de Bretagne pour le scénario d’une bande-dessinée intitulée En route pour le Goncourt (éd. Cornélius).

ISBN : 978-2-915596-32-8

Avril 2007, 21 x 13 cm, 160 pages, 15 €

Grande Faim, de J.-F. Kierzkowski

Jean-François Kierzkowski,
Grande Faim

Grande Faim c’est un carnet, tenu au jour le jour par un narrateur anonyme, qui doit se nourrir de livres pour survivre parmi les fantômes de ses proches. C’est aussi une fable moderne drôle et inventive sur nos comportements boulimiques et les troubles identitaires qu’ils génèrent. Sur la terreur de la page blanche, qui, un jour, devient comestible… Lire Grande Faim c’est faire l’expérience du vertige. Dévorez !

Extrait : « Elle a coupé les arrêtes du livre puis l’a enfourné dans la bouche. J’ai vu l’ouvrage disparaître dans ce trou béant. Juliette a fermé les yeux. Sa gorge s’est déformée. Elle a récité : ‘notre bagne se trouvait à l’extrémité de la forteresse, au bord d’un rempart…’ Toute la nuit : Souvenirs de la maison des Morts. Mot après mot. Elle aurait pu dire le texte à l’envers, prononcer seulement les consonnes, les voyelles, une phrase sur deux… Le livre présent en elle. Elle était le livre. »

L’auteur : Jean-François Kierzkowski est né à Saint-Nazaire en 1975. Il vit à Nantes. Aux éditions Les Perséides, il a, depuis, publié deux autres romans : Vingt et un (2007) et Le Bibliomane (2010). Il est aussi l’auteur d’une trilogie pour la jeunesse dont les deux premiers volets, L’Institut Klémentine et Opération Groubachek, ont paru aux Perséides en 2012. Toujours en 2012, il a reçu le prix de la fiction de l’Académie de Loire-Atlantique et de Bretagne pour le scénario d’une bande-dessinée intitulée En route pour le Goncourt (éd. Cornélius).

ISBN : 978-2-915596-12-0

Novembre 2005, 21 x 13 cm, 128 pages, 15 €

Les Cibles disponibles

Nathalie Burel,
Les Cibles disponibles

roman

Comment l’histoire d’un adultère peut-elle subitement basculer dans le roman noir ? Tel est l’enjeu de ce livre, dans lequel un représentant de commerce démotivé et rongé par la culpabilité  arnaque des truands et laisse sa lâcheté désigner deux femmes comme boucs émissaires. Dans son premier roman, Nathalie Burel se livre à un jeu de massacre avec ses personnages, mené de bout en bout sur un mode polyphonique qui confère au récit le rythme et la profondeur d’une authentique tragédie moderne.

Extrait : « Je ne me sentais pas capable de remonter dans ma voiture pour errer dans des lotissements. J’ai consulté ma feuille de route en écoutant mon répondeur. Tony m’avait laissé deux messages. Le premier, cinq minutes avant l’heure prévue de ma pause, et le deuxième à l’heure de ma reprise. J’ai jeté mon portable par la fenêtre et je me suis dirigé vers l’infinité des allées en gravillons, vers l’univers féérique des zones pavillonnaires. »

L’auteur : Nathalie Burel est née à Rennes en 1976. Aux éditions Les Perséides, elle a publié deux recueils de nouvelles, La Vie ne sera plus pareille (2004) et Je suis un phasme (2005). Les Cibles disponibles est son premier roman.

ISBN : 978-2-915596-22-9

Août 2006, 21 x 13 cm, 160 pages, 15 €

Ci-contre : article de Claude Ollivier paru dans La Gazette de Berlin.

Mrs Lee, d’Achim von Arnim

Achim von Arnim, Mrs Lee,
traduit de l’allemand par Armand Robin

Extrait : « Déjà, au cours de son histoire d’enfant avec Laudon, elle s’était laissée aller à des accès de petit démon : au plus beau des grands sentiments, elle se mettait à persifler le meilleur de leur amitié ; maintenant, ces variations, ces retournements subits se multipliaient, devenaient choquants ; mais elle évoluait en un milieu d’hommes très vulgaires qui s’émerveillaient de ces sautes d’humeur comme d’autant de signes d’un esprit supérieur et ne voyaient que suprême, grâce dans ses pires extravagances. »

Présentation : Basées sur des faits divers authentiques, Mrs Lee et Les Folies de l’invalide — deux nouvelles ici traduites par Armand Robin — s’inscrivent parmi les fictions majeures du romantisme allemand, qui a donné tant de chefs d’œuvre littéraires. La première relate l’enlèvement de Mrs Lee, figure féminine à mi-chemin entre Manon Lescaut et l’Odette de Swann, par deux frères, l’un amoureux et l’autre aimé de la belle. La seconde, dont l’action se déroule à Marseille, saisit la folie amoureuse dans ce qu’elle a de plus grotesque et de plus sublime à la fois..

Préface d’Antoine Menant

L’auteur : Contemporain de Goethe et de Novalis, Achim von Arnim (1781-1831) fut l’un des maîtres de la littérature romantique allemande. Ses contes et romans, comme Isabelle d’Égypte, ont eu une grande influence en Allemagne et à l’étranger, notamment en France, au XXe siècle, sur les surréalistes.

Décembre 2006, 18,5 x 12 cm, 112 pages, 12 €

Histoires nocives, de Joyce Mansour

Joyce Mansour, Histoires nocives

Extrait : « Il plut pendant des mois. Les rivières s’en allaient gorgées de villages et de terre vers la plaine, laissant des mers d’eau douce et des lamentations ponctuées derrière elles par des poteaux télégraphiques. Au début, le maire du village disait : “C’est bon pour les canards”, en se frottant les mains avec jovialité ; ensuite il disait : “Ça s’arrêtera à Pâques.” Après, il ne disait plus rien, tout le monde avait pris l’habitude. Mais Jules César savait que c’était la fin du monde. »

Présentation : Maquillées de terreur et de poésie macabre, les Histoires nocives de Joyce Mansour frappent d’emblée par la radicalité de leur écriture. Dans Jules César, version hallucinée du déluge, les membres d’une famille habitant un chalet de montagne peu à peu gagné par les eaux — deux jumeaux, leurs parents et leur nourrice noire —se laissent aller à leurs instincts, ivres d’ennui et d’amertume, le temps d’une sinistre eucharistie.
Îles flottantes se déroule dans un hôpital genevois, où les malades et le personnel médical se confondent dans l’érotisme obscène d’un jeu de désir morbide. L’humour ravageur de Mansour y transfigure le « désespoir ordinaire » de l’hôpital, rendu plus aigü par la présence de la mort, qui fait revivre ceux qu sont déjà passés de l’autre côté du miroir. Deux récits « acides de vérité ».

Notice biographique par Pierrick Hamelin.

L’auteur : Née à Bowben, en Angleterre, en 1928, Joyce Mansour a vécu la plus grande partie de sa vie à Paris, où elle a longtemps côtoyé les écrivains surréalistes. Elle est l’auteur de nombreux recueils poétiques parmi lesquels Cris, Déchirures ou Les Gisants satisfaits.

Septembre 2005, 18,5 x 12 cm, 136 pages, 14 €

Les Messagers clandestins, de Marcel Béalu

Marcel Béalu
Les Messagers clandestins

Extrait : « La balle ouvre dans la chair un tout petit trou qui se referme aussitôt. Déjà, Mademoiselle X… se repoudre, réajuste le rouge de ses lèvres. Mais ce n’est qu’une comédie, un simulacre, la continuation du rite. En aucun cas la victime ne doit, par le spectacle de son agonie, indisposer le sacrificateur. Je sais qu’elle va s’écrouler derrière la porte et qu’on l’emportera. Je sais qu’on ne m’en dira rien. »

Avec ces dix-huit récits, Marcel Béalu s’affirme comme un maître de l’illusion, construisant un univers — fantomatique théâtre de l’inconscient — où les apparitions prennent corps et où le temps et l’espace n’ont plus la même valeur ni le même pouvoir sur les êtres. À mi-chemin entre la folie et le rêve — qui tourne souvent à cauchemar —, ces histoires à dormir debout délivrent un message inquiétant, depuis les « profondeurs enténébrées » de nos singuliers personnages. À chacun de le découvrir.

Préface de Michèle Touret

L’auteur : Marcel Béalu est né à Selles-sur-Cher en 1908. Poète et libraire à Paris, fondateur de la revue Réalités secrètes, il est aussi l’auteur des Mémoires de l’ombre, du Journal d’un mort ou encore de L’Araignée d’eau.

ISBN : 978-2915596-05-2

Janvier 2005, 18 x 12 cm, 134 pages, 13 €

La Brebis galante, de Benjamin Péret

Benjamin Péret, La Brebis galante

Extrait : « Tes plus chers désirs tomberont sous tes sens : la femme charmante, avec laquelle tu souhaites passer toutes tes futures nuits, sera devant toi comme une grande pêche. Tu la caresseras longtemps jusqu’à ce qu’apparaissent ses seins au galbe parfait : au crépuscule ses hanches commenceront à s’agiter, tu passeras lentement tes doigts sur son ventre rond, sans oublier de plonger le plus petit dans le nombril et les cuisses rondes et fermes attendront les tiennes pour les emprisonner avant que le jour se lève. Alors je ne te donne plus de conseils, tu sauras toi-même faire apparaître les jambes et les pieds. »

La Brebis galante est de ces textes, longtemps restés dans l’ombre, dont la lecture inépuisable mérite qu’on les redécouvre aujourd’hui. Sensuel, débridé, contestataire, ce récit unique en son genre restitue à merveille la magie et la folie furieuse qui caractérisent l’œuvre de Benjamin Péret tout entière. Le texte est ici précédé d’une chronologie signée Pierrick Hamelin qui retrace en parallèle toute l’histoire du mouvement surréaliste.

L’auteur : Benjamin Péret est né à Rezé en 1899. Il a apporté une contribution essentielle à la cause surréaliste et révolutionnaire. Il est l’auteur, entre autres, du Grand Jeu et du Déshonneur des poètes.

Janvier 2005, 18 x 12 cm, 84 pages, 12 €