Pierrick Hamelin,
Une dernière fois la mer

Extrait : « Parfois la nuit, lorsque je ne dors pas et que l’ennui, sans être forcément angoissant, est à son comble, je vais marcher sur la plage, le long de l’eau et sur les rochers, pendant des heures, souvent jusqu’à l’épuisement. Les sensations ne sont jamais exactement identiques, elles dépendent pour beaucoup des improvisations du ciel et de la mer, confondus parfois, par mauvais temps, dans une même coulée d’ombre. J’aime bien lorsque la nuit épaissit de ténèbres toutes les composantes du paysage, comme si tout le réel tout à coup reposait sur de l’irréel, cette impression étant pour moi indissociable d’une autre sensation encore plus agréable : n’être plus qu’un regard, la tension d’un regard, enveloppé de tous les bruits de la mer, cherchant à perdre de vue la certitude d’aucune autre présence. »

Une dernière fois la mer est un roman où l’intrigue importe moins que les personnages ; l’auteur s’insinue dans les réflexions des uns et des autres, et crée une ambiance où l’on sent que tout peut arriver. Un style parfaitement maîtrisé, qui se met au service de situations particulières, parfois extrêmes : quels sentiments cela génère-t-il, d’avoir une arme à feu dans sa poche, alors qu’on est parmi les passants dans la rue ; en quoi peut-on prétendre que détruire des oeuvres d’art, participe à la création artistique elle-même, etc. Les phrases sont sinueuses, précises, et d’une élégance remarquable. On a affaire là à une vraie écriture, qui se fiche des modes et se met au service de l’oeuvre. Ce roman est un très beau texte, qui vous hante longtemps après avoir refermé la dernière page. (Jean-Luc Nativelle)

L’auteur : Pierrick Hamelin est né à Nantes en 1956. Enseignant à Basse-Goulaine, il est l’auteur de plusieurs essais et romans parmi lesquels Point de fuite (2005) ou Manège (2010), publiés aux éditions Les Perséides.

Mai 2007, 21 x 13 cm, 224 pages, 18 €